Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

480 juvéniles de lamproie fluviatile vont être utilisés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis relâchés sur leur lieu de capture. Ils sont capturés par pêche à l’électricité, anesthésiés, puis un fragment de nageoire de 0,5 cm² au maximum est prélevé pour identification génétique, sur des individus d’au moins 110 mm. Le porteur décrit une espèce classée vulnérable et présente l’étude comme nécessaire à la connaissance de sa répartition et à sa gestion. Il indique que l’analyse génétique de la nageoire est la seule méthode pour distinguer cette espèce de la lamproie de Planer, l’ADN environnemental n’ayant pas été concluant.

NTS-FR-474778v1
Types de recherche
· Conservation des espèces ·
Mots-clés
Lamproie, Rivière, Pêche électrique, Analyses génétiques
Autres poissons : 480

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Sur le territoire étudié, les trois espèces de lamproies sont présentes : la lamproie de Planer, la lamproie marine et la lamproie fluviatile, les deux dernières étant migratrices anadromes. L’objectif du projet est d’identifier à l’espèce les juvéniles capturés au cours d’inventaires afin de cartographier la répartition de la lamproie fluviatile. Actuellement, il n’existe aucune connaissance sur la répartition et la densité de cette espèce. Classée vulnérable sur la liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine (UICN, 2019), la gestion et la protection de cette espèce nécessitent d’acquérir ces données. Les inventaires annuels par pêche électrique mettent également en exergue la présence synchrone de juvéniles du genre Lampetra qui peuvent être soit des juvéniles de lamproie fluviatile, soit des juvéniles de lamproie de Planer. Lors de ces inventaires, le genre Petromyzon peut être distingué du genre Lampetra à l’aide de critères visuels. Ces critères ne permettent cependant pas de distinguer entre eux les juvéniles de lamproie fluviatile des juvéniles de lamproie de Planer. L’objectif est de distinguer les espèces afin de connaître la présence et la répartition de la lamproie fluviatile grâce à l’analyse génétique d’échantillons de nageoires prélevés lors des inventaires.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Actuellement, très peu de données existent sur la répartition de cette espèce. Les données des échantillonnages par pêche des années précédentes montrent des individus identifiés seulement au genre (Lampetra/Petromyzon) voire à la famille (Petromyzontidae) du fait de la difficulté de détermination sur le terrain. La connaissance de la répartition de la lamproie fluviatile est essentielle pour répondre aux besoins de connaissance et de gestion/protection de cette espèce. Les données acquises répondraient ainsi aux objectifs du plan de gestion des poissons migrateurs et permettraient d’améliorer la gestion de cette espèce : mesures de protection des secteurs où elle est présente, prise en compte de sa présence lors de travaux (aménagements routiers au niveau des cours d’eau par exemple). Les résultats obtenus (cartographie de la répartition) seront portés à connaissance de l’ensemble des acteurs susceptibles d’intervenir dans le domaine : administrations, maîtres d’ouvrages, bureaux d’études, etc. A terme, la réalisation d’une base de données est prévue afin de compiler l’ensemble des observations.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Le projet nécessite la capture de lamproies par la technique de la pêche à l’électricité et le prélèvement d’échantillons de tissus (sur la nageoire) d’un maximum de 0,5 cm² sur des individus mesurant au minimum 110 mm. Toutes les opérations sont réalisées par une équipe formée et expérimentée. Le temps total de l’opération depuis la capture jusqu’au relâcher est estimé entre 20 et 60 minutes. La durée de la procédure anesthésie, biométrie, prélèvement et réveil est d’environ 10 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La capture est réalisée par la technique de la pêche à l’électricité par des opérateurs formés et aguerris (formation pêche à l’électricité, habilitation électrique). Les effets sur les individus sont de très courte durée puisqu’ils sont immédiatement retirés du champ d’action après immobilisation à l’aide d’épuisettes puis transférés dans un seau. Les réglages de l’appareil de pêche sont maîtrisés par les opérateurs afin de minimiser les effets indésirables rares (blessures internes ou externes). Les prélèvements de tissus sur les individus concernés seront de 0,5 cm2 au maximum, ce qui est requis afin que l’analyse ADN puisse être effectuée. Afin que ce prélèvement n’impacte pas la capacité de nage et d’enfouissement des lamproies qui vivent enfouies dans le substrat durant la phase juvénile, nous nous fixons le seuil plancher de 110 mm concernant les individus sur lesquels prélever un échantillon de tissu.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les juvéniles de lamproies qui feront l’objet de prélèvements d’échantillons de nageoires seront capturés dans le milieu naturel et relâchés dans leur milieu d’origine après prélèvements des échantillons.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le projet visant l’étude de la répartition de la lamproie fluviatile, il est nécessaire d’appliquer la procédure aux juvéniles de lamproies vivant in situ. Par ailleurs, l’analyse génétique (marqueurs mitochondrial et nucléaire) de tissus de nageoire est la seule méthode existante actuellement pour différencier les deux espèces, les critères visuels ne le permettant pas. La méthode de l’ADN environnemental (recherche de l’ADN d’une espèce dans les prélèvements d’eau) n’est pas applicable non plus puisque les derniers essais effectués sur ces espèces n’ont pas été concluants.

2. Réduction

3R / Réduction :

L’objectif est d’établir une carte de répartition de la lamproie fluviatile. Pour cela, les stations de captures choisies prennent en compte l’aire de répartition théorique de la Lamproie fluviatile ainsi que les données antérieures de captures. Les prélèvements seront limités aux individus d’une taille minimale de 110 mm, ce qui a pour effet également de réduire le nombre d’individus possibles à prélever. Enfin, un maximum de 6 individus par lieu de capture a été fixé afin de répartir les prélèvements sur l’ensemble des stations où seront capturés des juvéniles de Lampetra tout en réduisant le nombre de prélèvements. Le nombre maximum de prélèvements est fixé à 480 sur les deux années du projet. Selon les données de capture des années antérieures, le nombre de juvéniles du genre Lampetra était en moyenne de 4 sur un des réseaux de stations de captures et de 3.2 sur le second. Ceci représente 66 % du nombre maximal que nous nous fixons cette année ; par conséquent, il est possible que nous n’en prélevions pas davantage. La probabilité de capturer les juvéniles de lamproie fluviatile tout au long des cours d’eau étudiés est forte, ce qui permet de réduire les prélèvements par point de capture sans obérer l’objectif du projet. En effet, toutes les stations à échantillonner ont fait l’objet d’au moins 1 capture de lamproie au cours des échantillonnages d’anguille lors de chaque année d’étude du reseau anguille (2013, 2016, 2019), et sur la moitié d’entres elles, réparties sur l’axe Loire, entre 4 et 59 lamproies ont été capturées, ce qui suffit à confirmer l’espèce. C’est la répartition sur l’axe Loire et sur l’axe Vienne , c’est-à-dire la colonisation la plus amont de la lamproie fluviatile qui est importante. L’objectif du projet est de dresser la carte de répartition de l’espèce et non d’obtenir des données quantitatives.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Lors de la capture, les individus sont immédiatement retirés du champ d’action après immobilisation à l’aide d’épuisettes puis transférés dans un seau. Les réglages de l’appareil de pêche sont maîtrisés par les opérateurs (formation pêche à l’électricité, habilitation électrique). Les lamproies sont ensuite anesthésiées à un stade entrainant une perte de réactivité et de sensations (tissus anesthésiés), une perte d’équilibre et de tonus et de réflexe. Il correspond au stade utilisé pour la chirurgie. Pour réaliser le prélèvement de tissus, la lamproie est placée dans le creux de la main désinfectée et humidifiée de l’opérateur. Les juvéniles anesthésiés sont facilement manipulables sans risque de blessure d’autant que le prélèvement est très rapide. La main est refermée délicatement autour de l’individu pour d’une part couvrir l’œil (si la lamproie est en cours de métamorphose) et ainsi limiter le stress, et d’autre part maintenir l’individu. Pour éviter un risque d’infection des lamproies (et toute contamination génétique des prélèvements), le matériel (ciseaux de dissection et pince) est désinfecté en trois étapes avant chaque prélèvement : un rinçage à la Javel, un rinçage à l’alcool à 90 °C et enfin un rinçage à l’eau déminéralisée. Chaque individu prélevé est ensuite déposé dans un bac de réveil avec de l’eau de rivière jusqu’à ce qu’il retrouve ses capacités de nage et tonus musculaire. Les individus sont relâchés sur leur lieu de capture.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’objectif est de connaître la répartition de la lamproie fluviatile en distinguant les juvéniles de lamproie fluviatile des juvéniles de lamproie de Planer ainsi que de lamproies marines. Il est donc indispensable de réaliser l’étude sur les juvéniles de lamproies.