
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 04/11/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-079326)
288 souris immunodéficientes vont être utilisées, toutes tuées à l’issue pour prélèvement des poumons, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent dans la trachée de la bléomycine puis des cellules bronchiques issues de patients, suivies de quatre à cinq injections et, pour certaines, de deux gavages par jour pendant treize à dix-sept jours. Le porteur indique que les instillations provoquent une gêne respiratoire, que la maladie induite peut aggraver la difficulté respiratoire en fin de protocole et que le gavage peut entraîner une inflammation de l’œsophage voire des saignements. Il conclut que l’étude ne peut se faire qu’in vivo car les réactions dépendent de l' »organisme entier » intact, l’usage clinique de l’anticorps étant renvoyé à un horizon de trois à cinq ans.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet est une étude pharmacologique visant à tester un anticorps thérapeutique dirigé contre une protéine humaine exprimée dans les poumons et pour le traitement de la fibrose pulmonaire dans un modèle de souris humanisées. La fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) chez l’homme est caractérisée par une perte irréversible et progressive de la capacité pulmonaire due à un remodelage de l’arbre pulmonaire avec développement de tissus cicatriciels. Le pronostic de cette maladie est extrêmement limité avec une survie médiane de 2-3 ans. En dehors de la transplantation pulmonaire, aucune option thérapeutique convaincante n’est actuellement disponible. Seules certaines molécules permettent de ralentir la progression de la maladie. Le développement de médicaments pour cette maladie mortelle est donc essentiel. Dans cette maladie, la prolifération aberrante des certaines cellules appelées cellules basales bronchiques contribue au mécanisme pathologique central de la FPI. Ces cellules basales bronchiques humaines (cellules basales des voies aériennes ou cellules ABC) sont des cellules de l’arbre bronchique qui peuvent proliférer in vitro après avoir été prélevées par frottis. Des travaux préliminaires ont démontré qu’un modèle de souris humanisées de FPI peut être établi par administration de ces cellules ABC issues de patients atteints de FPI dans les poumons des souris. En revanche, l’administration de cellules ABC provenant de volontaires sains n’entraîne pas de maladie. À l’aide de ce modèle de souris humanisées de FPI, nous souhaitons tester l’efficacité d’un anticorps thérapeutique qui s’est déjà montré efficace pour le traitement d’autres pathologie du foie et des reins.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettrait développer une stratégie thérapeutique pour les patients qui souffrent de fibrose pulmonaire idiopathique. Cet anticorps est déjà en développement clinique pour le traitement de maladies du foie et des reins. Les résultats positifs de ce projet permettraient utilisation de cet anticorps chez les patients atteints de FPI à moyen terme (3 à 5 ans).
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront le premier jour une instillation dans la trachée de bléomycine pour induire la maladie pulmonaire, et le 4ème jour de cellules bronchiques issus de patients. Cet acte est réalisé sous anesthésie générale gazeuse et dure environ 1 minute. Les animaux recevront ensuite 4 ou 5 injections sur une période de 13 à 17 jours. Ces injections sont faites sur animaux vigiles et prennent moins d’une minute à être réalisées. Certains animaux recevront un gavage oral 2 fois par jour pendant 13 à 17 jours. Le gavage oral est également réalisé en moins d’une minute et est réalisé sur animaux vigiles.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les instillations dans la trachée vont engendrer une gêne respiratoire qui peut perdurer quelques heures (
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure afin de procéder au prélèvement des poumons.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les processus réactionnels étudiés dans ce projet dépendent de l’organisme entier intact. Il s’agit d’une analyse structurelle et fonctionnelle de l’architecture pulmonaire, qui ne peut être étudiée dans son intégralité dans des cultures cellulaires. Il n’est donc pas possible de remplacer l’étude sur les animaux pour ce projet.
2. Réduction
Afin de réduire au maximum le nombre d’animaux inclus dans cette étude, nous n’utiliserons que des groupes pertinents nous permettant de conclure quant à l’efficacité de notre approche. Le nombre d’animaux inclus par groupe sera suffisant pour arriver à une conclusion claire. La taille des effectifs a été déterminée à priori en se basant sur les résultats d’une expérience menée par des collaborateurs et en utilisant une approche statistique préalable. Les données obtenues grâce aux animaux de ce projet seront analysées avec des tests statistiques classiques paramétriques et/ou non paramétriques.
3. Raffinement
Afin de raffiner au mieux notre méthodologie, le protocole expérimental est planifié en amont, l’environnement des animaux est enrichi avec des tubes de coton pour la nidification et des briques de tremble à ronger, et des points limites précoces ont été établis afin d’interrompre de manière précoce les procédures permettant de soustraire les animaux à la souffrance si besoin. Une méthode anesthésique (isoflurane) est appliquée lors des procédures le nécessitant. Les animaux sont observés quotidiennement, et une observation scorée est réalisée 2 fois par semaine.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle de fibrose pulmonaire induite chez la souris est un des modèles les plus utilisé pour étudier cette maladie. Les souris utilisées sont immunodéficientes et ne rejettent pas les cellules humaines greffées. Ce modèle nous permet ainsi d’étudier le comportement de cellules pulmonaires (cellules basales des bronches ou cellules ABC) issues de patients atteints de maladie pulmonaire et de tester des approches thérapeutiques dans un contexte humain. Les animaux d’un âge adulte de 10-15 semaines seront utilisé, cette pathologie étant une maladie apparaissant à l’âge adulte, surtout chez les personnes de + de 50 ans.