
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/01/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-446964)
240 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Issues d’une lignée qui répond à 100 % par une crise convulsive, elles reçoivent une injection d’un médicament anti-épileptique puis une stimulation sonore pouvant déclencher une crise potentiellement mortelle. Le porteur indique que ce modèle sert à mesurer si trois molécules réduisent le risque de mort subite lié à l’épilepsie, et que les souris sont ensuite tuées car le médicament reçu interférerait avec toute autre étude. Le stress provoqué par la stimulation sonore est reconnu, que l’animal réponde ou non par une crise.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le risque de mort subite chez les patients épileptiques (SUDEP pour SUdden Death in Epileptic Patients ou mort subite chez les patients épileptiques) est trois fois plus élevé que chez les personnes saines. Le meilleur modèle de SUDEP actuel chez la souris correspond à une crise épileptique induite par un stimulus sonore et possiblement suivi du décès. L’objectif du projet vise à évaluer si trois molécules connues pour leurs effets anti-épileptiques et couramment employées chez des patients présentant des épilepsies à fort risque de décès, ont aussi des effets bénéfiques pour directement réduire les risques de décès.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Une validation d’un bénéfice de ces molécules pour réduire la mortalité devrait permettre d’obtenir une extension de l’AMM (autorisation de mise sur le marché) de ces médicaments pour d’autres formes d’épilepsies à fort risque de décès.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une injection d’un médicament anti-épileptique pratiquées aux 240 souris du projet. Une stimulation auditive d’une durée maximale de 60 sec pratiquées aux 240 souris du projet.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Un stress induit par la stimulation sonore pour les animaux, qu’ils répondent à la stimulation sonore par une crise ou qu’ils ne répondent pas.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mise à mort puisqu’ils ne peuvent pas être réutilisés pour une autre étude, puisqu’ils ont reçu une injection d’un médicament pouvant interférer avec une quelconque étude.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet vise à évaluer la capacité de certaines médications avec AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) ou de certaines molécules innovantes en développement, à bloquer ou réduire les risques de décès lors d’une crise d’épilepsie humaine. Les procédures de validation d’une efficacité attendue sont légalement très contraintes et elles reposent sur la capacité objective à supprimer ou réduire le risque de décès mesurée sur un animal vivant modélisant une situation homologue chez l’Humain.
2. Réduction
Ce projet sera réalisé sur une lignée qui présente 100 % de souris répondeuses au test de la crise audiogène létale. Cette situation permet de minimiser le nombre (n=20) de sujets expérimentés par groupe. Il n’est pas envisageable de descendre en dessous de 20 sujets par groupe car les scores analysés statistiquement sont des moyennes et des pourcentages ; ce dernier représentant le facteur limitant. Enfin, un effet dose à 3 points (puisque 3 doses par AED) correspond au nombre minimal possible de doses, sachant que les laboratoires ont une bonne connaissance des doses à envisager pour évaluer un effet anti-épileptique mais pas pour évaluer un effet ant-létal.
3. Raffinement
Notre protocole suit des procédures standardisées soucieuses de minimiser le stress et toute souffrance des animaux avec une détermination précise des points limites. Sur le plan de l’élevage et du maintien des souris à l’animalerie, ceci se traduit par une visite quotidienne pour contrôler le bien-être des animaux, l’enrichissement des cages autant que faire se peut, le respect des normes liées aux surfaces/volumes des cages pour éviter la surpopulation ainsi que celles liées aux plages acceptables pour la température et l’hygrométrie. Sur le plan du test lui-même, ceci se traduit par une durée limitée de stimulation auditive (max 60 sec), une utilisation d’une arène circulaire pour éviter des cognements dans les angles. Il faut aussi mentionner que la convulsion en elle-même ne dure pas plus de 8 sec dans 99 % des cas.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les travaux sur l’évitement des décès dans l’épilepsie ne peuvent pas, par essence, s’affranchir de l’expérimentation animale qui nécessitent d’expérimenter l’animal et d’observer possiblement son décès. L’AGS est un modèle de choix pour l’étude de la SUDEP car aucun facteur systémique (chimique ou électrique) n’est pas l’origine de la crise létale, pouvant être co-responsable du décès de l’animal. L’AGS n’est pas létale chez le rat, rendant impossible l’emploi de ce modèle. Enfin il n’est pas envisageable d’instrumenter (ECG, EEG, respiration) sur des animaux plus petits que l’espèce souris. Ces approches ne sont pas envisagées dans ce projet mais elles ne seront dans des projets ultérieurs visant à comprendre comment les AED pourraient réduire les décès dans les modèles expérimentaux. Les animaux seront testés à 30-40 jours d’âge, au moment où ils devraient être sevrés.