
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-01-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-228161)
104 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Rendues obèses par une alimentation grasse, elles reçoivent un gavage quotidien puis le composé anti-obésité par gavage, et passent 72 heures en cages métaboliques en hébergement individuel. Le porteur reconnaît que l’isolement « peut induire une nuisance » chez ces animaux sociables, mais le juge « incontournable » et lié à la « nécessité » de mesurer les dépenses énergétiques. Il conclut que l’utilisation d’animaux devient « indispensable » faute de méthode de substitution, l’étude étant menée pour un client industriel.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le présent projet vise à tester l’efficacité d’une série de composés développés en tant que traitements anti-obésité sur le métabolisme énergétique chez la souris rendue obèse par une alimentation enrichie en graisse.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Si la présente étude permet de mettre en évidence une efficacité des composés en développement sur les dépenses énergétiques, ces deniers seront employés ultérieurement dans le cadre d’études cliniques et pourraient, à terme, obtenir une autorisation de mise sur le marché.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux recevront des administrations quotidiennes de véhicule par gavage pendant 7 jours avant traitement pour les habituer à la procédure d’administration. Le traitement en lui-même est aigu et donc limité à une seule administration, également par gavage. Le poids corporel des animaux sera mesuré 7 fois au cours de l’étude. Les animaux seront hébergés dans des cages équipées d’un système de mesure par calorimétrie indirecte pendant 72h (24h d’habituation suivies de 48h de mesure).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’hébergement individuel peut induire une nuisance chez les souris qui sont des animaux sociables, mais il s’avère incontournable de par la nécessité de mesurer les dépenses énergétiques, l’activité locomotrice et la prise alimentaire individuels lors du passage dans les cages métaboliques. Si les animaux n’étaient isolés que pendant les mesures en cages métaboliques, cet isolement soudain pourraient induire un stress sur les animaux et perturber la validité des mesures. C’est pourquoi nous préférons isoler les animaux dès réception, et les laisser s’habituer à cet état pendant ls 14 jours que précèdent la mesure en cages métaboliques. Il est à noter que pour ces dernières, les méthodes d’enregistrement employées sont totalement non-invasives. Les traitements par voie orale et les mesures de poids corporel à l’état vigile peuvent être source de stress ou de nuisances.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés à l’issue de la procédure. En effet, l’étude implique des analyses biochimiques et histologiques sur les organes prélevés (tissus adipeux, foie) qui doivent ainsi être collectés à l’issue de la procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les composés testés par le client ont tout d’abord été développés sur la base d’une approche computationelle des données existantes sur les cibles d’intérêt (ici la thermogenèse adptative). Ces approches ont permis de développer des composés ciblant théoriquement la thermogéenèse adaptative. Dans un second temps, des données préliminaires ont été acquises par le client par le biais d’approches sur cultures cellulaires d’adipoytes et sur explants tissulaires. Ces travaux ont permis de mettre en évidence un impact des composés tests sur la thérmogénèse adaptative, notament par une forte activations du gène UCP-1. A ce stade de développement, l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques devient indispensable car il n’existe aucune méthode de substitution n’utilisant pas l’animal de laboratoire et permettant l’étude de l’impact global d’un composé sur les dépenses énergétiques, le poids corporel, la prise alimentaire et les autres paramètres altérés dans le cadre des troubles métaboliques.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés a été rationalisé à partir de l’expérience acquise par notre laboratoire sur l’analyse des paramètres d’intérêt. Ainsi, le nombre d’animaux par groupe a été adapté en fonction des paramètres d’intérêt de façon à être en mesure de mettre en évidence une différence statistiquement significative sur les paramètres étudiés. Le fait de travailler avec des animaux préconditionnés par le fournisseur permet de limiter la variabilité du phénotype obtenu, les animaux livrés ayant tous répondus au régime (pas d’animaux résistants). Ceci permet de limiter les effectifs de chaque groupe (pas d’animaux résistants).
3. Raffinement
Le modèle animal qui sera utilisé est un modèle parfaitement caractérisé dans la littérature et couramment utilisé dans les études précliniques cherchant à mettre en évidence les effets bénéfiques de composés sur la prise alimentaire, le poids corporel et les troubles métaboliques. Le protocole a été planifié de façon à limiter au maximum tout stress et tout inconfort pour les animaux. Les animaux seront hébergés en cages individuelles du fait de la nécessité de mesurer précisement l’impact du composé sur la prise alimentaire individuelle des animaux. Néanmoins, les animaux conserveront des contacts visuels avec leurs congénères et un enrichissement des cages sera assuré par l’ajout de dômes en carton et de matériel de nidification spécifiques pour rongeurs. Les expérimentateurs en charge de la manipulation des animaux et des administrations orales sont rodés à ce type de pratique. Enfin, un suivi journalier des animaux à l’aide d’une grille de score permettra une action rapide en cas d’atteinte des points limites établis.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle de souris rendues obèse par une alimentation enrichie en graisse est un modèle parfaitement caractérisé dans la littérature et couramment employé dans les études précliniques de composés visant les troubles métaboliques. Ce modèle à pour avantage majeur de présenter une étiologie de la pathologie similaire à celle responsable de l’obésité chez l’humain.