
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-01-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-359973)
945 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent un gavage quotidien pendant un mois, un rasage et des injections de cellules tumorales, avec un suivi de la croissance des tumeurs, avant la mise à mort par dislocation cervicale. Le porteur indique que les lignées transgéniques développent dès trois semaines une tumeur de l’œil qui métastase à la peau, aux poumons et aux ganglions, avec une baisse de l’acuité visuelle. Il présente l’amélioration de la prise en charge des patients comme un bénéfice conditionnel.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le mélanome cutané est un cancer de la peau à haute capacité métastatique responsable de nombreux décès chaque année. Ces dernières années, les nouvelles immunothérapies restaurant les fonctions protectrices du système immunitaire ont permis d’améliorer le pronostic vital des patients. Néanmoins 60% d’entre eux résistent à ces nouveaux traitements, d’où la nécessité d’identifier de nouveaux marqueurs pronostiques ou de résistance à l’immunothérapie. Du fait de ses propriétés pro-tumorales, notre protéine d’intérêt a émergé comme une nouvelle cible thérapeutique potentielle. Nous nous intéréssons plus particulièrement à son rôle délétère sur le système immunitaire. Sachant qu’elle est principalement exprimée par des cellules immunitaires associées à un mauvais pronostic, nous émettons donc l’hypothèse qu’elle favorise leurs fonctions pro-tumorales. Nous souhaiterions déterminer le rôle spécifique de chacune des cellules exprimant l’enzyme dans le développement du mélanome.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Nous déterminerons comment notre enzyme affecte la fonction des cellules immunitaires dans le contexte du mélanome. Ce projet permettra de mieux comprendre le mécanisme d’action de l’enzyme afin, à terme, de mieux la cibler. En combinaison avec les immunothérapies actuelles, la prise en charge des patients atteints de mélanome métastatique sera donc améliorée.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Gavage quotidien sur souris vigiles (5 minute/gavage/souris) pendant 1 mois soit 30 gavages/souris au total. Rasage sur souris vigiles (5 minutes/souris). Une injection sous cutanée d’1M de cellules tumorales sur souris vigiles (5 minutes/injection/souris). Une injection par voie intra-veineuse d’1M de cellules tumorales sur souris vigiles (6 minutes/injection/souris). Evaluation de la croissance tumorale 3 fois par semaine par mesure de la taille des tumeurs à l’aide d’un pied à coulisse sur souris vigiles.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les lignées transgéniques présentent un phénotype dommageable : elles développent une tumeur primaire au niveau de l’oeil dès l’âge de trois semaines qui métastase rapidement au niveau de la peau, puis des poumons et des ganglions. Les principales nuisances attendues sont un trouble du comportement et une diminution de l’acuité visuelle de ces souris due au développpement de la tumeur primaire. Les souris transplantées peuvent présenter une tumeur ulcérée ainsi qu’un trouble du comportement. La transplantation intra-veineuse de cellules tumorales peut exceptionnellement induire une perte de poids.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort par dislocation cervicale pour analyse de la composition immunitaire des différents organes prélevés (tumeur primaire, métastases, ganglions drainants et non drainants, rate, péritoine).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des expériences préliminaires ont été réalisées in vitro pour étudier les conséquences sur les fonctions de différentes cellules immunitaires. Des expériences de stimulation in vitro ont également été réalisées pour déterminer quelles sont les cellules qui expriment l’enzyme. Cependant, le recours à un modèle animal est indispensable car la complexité de la réponse immunitaire in vivo dans la tumeur et les organes lymphoïdes secondaires des vertébrés ne peut être reproduite par des méthodes alternatives in vitro ou ex vivo.
2. Réduction
Un nombre minimum d’animaux sera inclus dans chaque groupe mais toutefois suffisant pour assurer la reproductibilité de l’expérience et appliquer des tests statistiques entre les différentes conditions. Ainsi, les expériences reposant sur le modèle de souris transgénique de mélanome spontané nécessitent 40 souris par groupe. Le modèle de transplantation de cellules tumorales présente l’avantage d’être fortement reproductible d’une souris à l’autre. Ainsi, les expériences de transplantation de mélanome nécessiteront des groupes de seulement 10 souris.
3. Raffinement
Nous avons défini des points limites adaptés aux différents modèles utilisés et au delà desquels les animaux seront mis à mort. Ainsi, l’état général des animaux sera suivi lors des changes par le personnel qualifié de l’animalerie (apparence physique, changement de comportement). Tout état anormal sera communiqué aux responsables de projet et les mesures pour remédier à la souffrance seront mis en oeuvre (euthanasie). De plus, les souris RET seront diagnostiquées une fois par semaine par les responsables de projet pour suivre l’évolution du mélanome. La tumeur sous-cutanée des souris transplantées sera mesurée trois fois par semaine afin de surveiller l’aspect et la croissance tumorale. Les animaux injectés par des cellules B16 en IV seront pesés à J0, J7 et J12. Nous nous efforçons à chaque instant de raffiner nos procédures afin de garantir le bien-être des animaux grâce à une surveillance attentive et des soins adaptés.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris Mus musculus a été choisie car c’est un excellent modèle pour étudier la réponse immunitaire anti-tumorale, de nombreuses voies étant conservées entre la souris et l’homme. De plus, les souris transgéniques développant une tumeur spontanée permettent de comparer la réponse immune à différents stades du développement du mélanome (à un stade précoce ou tardif de la maladie). Ce modèle est relevant cliniquement par rapport à la pathologie humaine et permettra d’étudier les cellules immunes au sein d’une tumeur qui vient de se développer, ce qui est éthiquement impossible à partir de mélanome primitif chez l’homme. Enfin la disponibilité de modèles transgéniques permet d’étudier finement le rôle de l’enzyme dans le contexte tumoral. Le modèle de transplantation des cellules de mélanome, largement utilisé, présente l’avantage d’être reproductible d’une souris à l’autre et ne requiert pas un grand nombre de souris par groupe. Les données obtenues dans ces trois modèles seront complémentaires. Tous les animaux seront utilisés à l’âge adulte (>6 semaines) car il est nécessaire que le système immunitaire soit mature pour étudier le développement tumoral.