
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-01-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-424631)
4270 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dont 4200 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chaque animal reçoit une injection de pristane, une irradiation puis une injection d’hybridomes qui provoque une accumulation de liquide et un gonflement de l’abdomen, la mise à mort se faisant par prélèvement d’un volume de fluides ne permettant pas la survie. Le porteur relie explicitement le nombre d’animaux aux « prévisions de vente » de tests de diagnostic. Il qualifie cette production in vivo d’anticorps d' »indispensable » à la santé publique tout en indiquant que les nouveaux kits passent à une production in vitro.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La fabrication de test de diagnostics de maladies infectieuses (telles que, le sida, les hépatites, la toxoplasmose ou les méningites bactériennes) nécessite un approvisionnement en Anticorps monoclonaux. Le principe de détection de ces kits repose sur la réaction spécifique d’antigènes viraux ou bactériens avec ces anticorps monoclonaux. Même si pour les nouveaux tests commercialisés, les Anticorps sont fabriqués « in vitro », il reste un certain nombre de produit fabriqué à base d’anticorps fabriqué « in vivo ». En effet, le passage à une production « in-vitro » progresse mais il est toujours nécessaire de produire des anticorps en process « in-vivo » car nous sommes dépendants de certaines conditions : – Pour certains produits trop anciens, le passage de leurs anticorps en In-vitro est compromise par le manque de matière première biologique permettant de valider ces kits ; Si on change le type de production de l’anticorps, l’enregistrement devient alors irréalisable et par conséquent, le risque est de ne plus fournir un certain nombre de référence-produit destiné au diagnostic de maladies infectieuses (impossibilité pour le médecin d’avoir un diagnostic-patient dû à une rupture produit). C’est le cas par exemple de la trousse de détection du prion bovin pour laquelle il n’existe plus assez d’échantillons positifs pour pouvoir la revalider ce qui entrainerait un arrêt de cette trousse clé pour la détection de la maladie de la vache folle (BSE). – Difficultés d’enregistrement auprès des instances de certains pays (comme avec la Chine où les délais d’enregistrement sont de 18 à 24 mois minimum, sans pour autant être sûr d’un résultat positif). La quantité d’animaux utilisée dépend donc directement du besoin lié aux prévisions de vente des produits de diagnostic nécessaire pour le maintien de la santé publique et animale. Cependant, une politique de réduction de stock de ce type d’anticorps permet de diminuer le nombre d’animaux de façon significative. Ce projet suit les recommandations de raffinement issue de CNREEA et parues le 28 juin2017 sur la production d’anticorps par liquide d’ascite chez la souris
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus sont la production de réactifs de diagnostic in vitro. Ces réactifs permettent de dépister des maladies infectieuses telles que, le sida, les hépatites, la toxoplasmose ou les méningites bactériennes. Ces pathologies mondiales touchent pour le sida 38.4 millions de personnes (avec 1.5 million de contaminations par an), pour les hépatites 325 millions de personnes (dont 1.3 million de décès par an et 1.7 million de nouvelles contaminations), pour la toxoplasmose 2 millions de cas en Europe. Pour l’animal, les bénéfices attendus sont une acquisition de connaissances sur l’espèce utilisée (la souris) par le développement d’outils de raffinement de plus en plus adaptés. Le CNREEA note qu’il n’est pas souhaitable que la production d’anticorps in vivo indispensable à la santé publique soit délocalisée dans des pays tiers où la règlementation en matière de protection animale est peu développée.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque animal subira une injection intra-péritonéale d’agent activateur de la réponse immunitaire (sous traitement analgésique), suivi 15 jours plus tard d’une irradiation à une dose modérée, suivi 7 à 15 jours plus tard d’une injection intra-péritonéale d’hybridomes entrainant la production d’anticorps en 2-4 semaines.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Après les étapes de pristanisation et d’irradiation, l’animal peut être amorphe associé ou non à du poil hérissé pendant 24h maximum, puis récupère complètement. La multiplication des hybridomes dans le péritoine de la souris induit une production d’ascite qui engendre un gonflement de l’abdomen de l’animal qui induit des modifications du comportement et de l’aspect de l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Sacrifice des animaux pour réaliser des prélèvements de fluides corporels à un volume ne permettant pas la survie de l’animal.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans les nouveaux produits et les nouvelles versions de produit, les anticorps utilisés sont fabriqués avec des anticorps produits uniquement avec un process « in-vitro ». A titre d’exemple : (1) Kit HIV (Version 1) : 4 anticorps in-vivo // Kit HIV (Version 2) : 4 anticorps in-vitro (2) Kit Hépatite : internalisation de la production d’un anticorps qui se fera in-vitro (actuellement production in-vivo) + passage de la production in-vivo vers une production in-vitro pour 2 anticorps dans le même kit (3) KIT HIV (autre format) en cours de développement : 2 anticorps produits in-vitro La mise au point des conditions de production in vitro est longue (plusieurs mois) et les rendements sont souvent inférieurs à ceux in vivo. Les développements nécessaires pour chaque production les rendent moins efficaces en termes de mise au point et ils ne sont guère compatibles avec certaines applications comme les screening de molécules. L’utilisation d’animaux est rendue nécessaire en cas d’urgence sanitaire où la production in vitro ne peut être imposée. L’approche alternative doit être mis en œuvre en effet dès lors que la production in vitro a d’ores et déjà donné des résultats satisfaisants pour un antigène considéré dans les critères de performances définis dans la formulation du produit final, sachant qu’il peut y avoir des échecs de la production in vitro en termes de quantité ou qualité. Les anticorps monoclonaux utilisés dans les tests de diagnostics provenant de ce projet ont été développées in vivo. La qualité et les quantités annuelles requises d’anticorps purifiés sont atteintes via des cycles de production in vivo, mais tous les anticorps en développement se font en technique in vitro.
2. Réduction
L’aspect réduction du nombre d’animaux est traité via une politique de réduction des stocks d’anticorps. Une baisse significative du nombre de souris peut être notée en 5 ans passant d’une demande de 7800 souris / an (soit 23400 animaux faite en 2018, sur 3 ans) à 4270 souris / an pour les années suivantes (soit un total de 4270 animaux pour la durée de ce projet). La baisse du nombre d’animaux est donc de 47%. Il est à noter que pour les nouveaux kits/produits commercialisés depuis la précédente demande d’autorisation, les anticorps sont produits in vitro.
3. Raffinement
Le raffinement sera obtenu par application dans le plus grand respect de la recommandation (issue de CNREEA et parue le 28 juin 2017) sur la production d’anticorps par liquide d’ascite chez la souris, associé à la mise au point de procédures rigoureuses à chaque étape du projet, à leur réalisation par du personnel formé et habilité (pour l’irradiation), à la surveillance quotidienne de l’état de santé des animaux, à une évaluation pré-transport des animaux, à un hébergement avec enrichissement adapté à l’espèce et à son état physiologique et à un protocole analgésique à chaque étape le permettant.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris possède une durée de vie courte, ce qui permet d’avoir des études de courtes durées et l’élaboration d’hypothèses sur des modèles plus complexes dont l’Homme. Le modèle souris est utilisé du fait de l’origine des hybridomes (murine). La souche de souris BALB/c est appropriée car elle se révèle excellente pour la production ultérieure in vivo d’anticorps à partir de ces hybridomes. Les animaux utilisés sont âgés au minimum de 8 semaines (souris adultes). A ce stade, les souris sont assez matures et robustes pour supporter l’injection des hybridomes sans mortalité en cours d’expérimentation.