
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/02/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-745514)
740 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Ils subissent plusieurs modèles de douleur provoquée, incision de la patte, ligature du nerf sciatique, douleur cancéreuse et pose d’une pompe, avec des atteintes déclarées allant de la paralysie à une perte de poids de plus de 15 %. Le porteur teste des nanoparticules censées prolonger l’action d’analgésiques naturels, une validation renvoyée à un stade préclinique. Il affirme qu’il n’existe « pas de méthode alternative » et que le recours à l’animal est un « impératif » avant la clinique.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les opioïdes sont des médicaments importants dans le traitement de la douleur chez l’être humain. Les agents comme la morphine sont les plus utilisés en clinique humaine. Malheureusement, cette catégorie de produits est également associée à des effets indésirables, que l’on ne peut pas éviter si on doit traiter la douleur. L’une des pistes pour éviter ces effets indésirables est d’utiliser des opioïdes existant naturellement dans le corps humain, tels que les enképhalines. La Leu-enképhaline est un candidat intéressant, mais sa durée d’action est très courte, rendant impossible son utilisation en simple injection. Un moyen potentiel pour en conserver les propriétés tout en allongeant sa durée d’action est de pouvoir la diriger directement dans les lieux de la douleur. Ceci a été réalisé dans un laboratoire qui a pu, dans une précédente expérience de synthétiser des nanoparticules de Leu-enképhaline, ce qui a permet de les orienter directement dans les lieux de la douleur et pourrait permettre de prolonger leur durée d’action jusqu’à obtenir un effet cliniquement utilisable, sans agir sur le système nerveux central donc sans les effets indésirables les plus néfastes des opioïdes. Notre équipe a démontré chez le rat que l’opiorphine (un médicament qui bloque la dégradation des enképhalines) agit également contre la douleur sur plusieurs modèles de douleur reproduisant les différents types de douleur chez l’homme. L’objectif de ce travail sera : 1) Évaluer les propriétés antidouleurs des nanoparticules de leu-enképhaline et de l’opiorphine ou leur combinaison dans différents modèles de douleur. En effet, il existe différents types de douleur (mécanique, inflammatoire, neuropathique, cancéreuse) qui ne présentent pas les mêmes caractéristiques et qui réagissent spécifiquement aux différentes familles de médicaments contre la douleur. 2) Réaliser des études à l’échelon cellulaire pour comprendre le mécanisme d’action impliqué dans leur efficacité contre la douleur. La compréhension de ces mécanismes pourrait permettre de mieux anticiper ses modalités d’utilisation chez l’homme et d’appréhender d’éventuels effets indésirables. 3)Déterminer la voie d’administration la plus pertinente. 4) Évaluer les effets indésirables potentiels de ces molécules.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet s’inscrit donc dans la recherche de nouvelles formes thérapeutiques. En effet, le développement de stratégies ciblées dans le domaine de la douleur est devenu une option incontournable pour faire avancer la recherche médicale et améliorer les traitements des patients. L’objectif de ce projet est d’évaluer l’efficacité antinociceptive de ces nanoparticules dans différents modèles expérimentaux de la douleur. Le résultat attendu sera donc la validation in vivo de l’efficacité de ces nanoparticules dans le traitement de la douleur.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
5 interventions: Une incision plantaire qui dure 5 minutes. Une ligature du nerf sciatique (L5-L6) qui dure 30 minutes par rat .Une douleur carcinologique qui dure 30 minutes par rat. La pose d’une pompe osmotique qui dure 1 heure par rat. Douleur inflammatoire à la carragénine qui dure 5 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Désunion de la cicatrice, hémorragie ou infection du site opératoire suite à l’implantation des pompes. Perte de poids supérieure à 15 %. Paralysie. Apparition d’une tumeur extériorisée à la peau. Agitation excessive. Position anormale (dos vouté, couché sur le Côté). Vocalisation ou réduction de la mobilité.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort pour prélever les tissus qui seront analysé par la suite
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’est pas possible de remplacer l’expérimentation animale dans ce type d’étude. Il n’y a pas de méthodes alternatives possibles. Le recours à l’animal est donc nécessaire et constitue un impératif avant toutes entrée en phase clinique. Les analyses in vitro ou in silico ne suffisent pas en ce qui concerne l’étude de la douleur. Le modèle d’injection intraplantaire de carragénine dans la patte postérieure du rat et le modèle d’incision plantaire de Brennan et le modèle de la ligature sciatique sont des modèles validés pour étudier l’inflammation et la douleur chez les rats L’effet antinociceptif des molécules étudiés doit être validé par une expérimentation animale in vivo qui ne peut être remplacée par d’autre études.
2. Réduction
La réduction du nombre d’animaux nécessaires fera intervenir une analyse statistique optimale après un calcul de puissance. Nous avons estimé le nombre d’animaux nécessaire de 740 au maximum.
3. Raffinement
Nous avons aussi attaché une grande importance au raffinement : les expériences sur la douleur nécessitent que les animaux ne subissent pas un stress supplémentaire, aussi les conditions d’hébergement seront adaptées au mieux et la durée des expériences réduite au strict nécessaire. La surveillance sera rapprochée et des points limites spécifiques sont prévus.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le rat Sprague-Dawley est l’espèce de référence pour l’étude de la douleur et la plupart des études l’utilisent car il est calme, facile à manipuler et s’acclimate progressivement à l’expérimentateur. Ceci permet donc de diminuer le stress induit par la présence de l’examinateur et ne perturbe pas la réponse aux tests comportementaux. Rats âgés de 5 semaines environ, poids 250g, considérés comme adultes.