Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

100 chiens vont être utilisés pour entretenir une lignée reproduisant la maladie de Sanfilippo (mucopolysaccharidose de type IIIB), 25 d’entre eux étant tués, 60 réutilisés dans d’autres protocoles et 15 adoptés à la retraite. L’élevage repose sur des prises de sang, des frottis vaginaux, des inséminations artificielles et des prélèvements de semence, et le porteur indique que les chiots homozygotes développent une atteinte neurologique avec troubles locomoteurs dès douze à quinze mois. Le but déclaré n’est pas thérapeutique en soi mais de faire naître des chiens atteints pour un futur projet de thérapie génique, objet d’une autre demande. Sur le remplacement, le porteur qualifie le recours à un modèle gros animal d' »indispensable » et affirme qu’aucune méthode alternative ne permet aujourd’hui de tester une thérapie génique in vivo.

NTS-FR-319607v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles nerveux ·
Mots-clés
Chiens, Elevage, Mucopolysaccharidose de type IIIB
Chiens : 100

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objecif principal de ce projet est de maintenir une lignée de chiens atteints de mucopolysaccharidose de type IIIB afin de générer des animaux nécessaires à l’évaluation d’un projet thérapeutique par thérapie génique qui fera l’objet d’une autre demande de projet.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le syndrome de Sanfilippo, ou MPS IIIB, est la conséquence d’une accumulation de molécules de sulfate d’héparane, partiellement dégradées, dans les tissus de l’organisme. Ceci est le fait d’une mutation génétique qui affecte l’activité d’une enzyme nécessaire pour la dégradation du sulfate d’héparane. Ces molécules mal dégradées, qui ne peuvent pas être éliminées, entravent le développement normal du cerveau puis détruisent les cellules du cerveau. Les premiers symptômes de la maladie associent un retard du développement cognitif associé à une hyperactivité, un comportement autistique et des troubles du sommeil. Chez l’Homme, ils apparaissent habituellement avant l’âge de 3 ans. Par la suite, l’atteinte neurologique entraîne une déficience intellectuelle et une réduction des capacités motrices qui aboutissent à la perte d’autonomie vers l’âge de 10 ans et un décès survenant le plus souvent entre 10 et 20 ans. Actuellement, cette pathologie est incurable, le traitement n’est que symptomatique. L’évaluation d’approches thérapeutiques reste donc essentielle pour évoluer vers la mise en place d’un réel traitement curatif pour ces patients. La thérapie génique est une des approches prometteuses qui permettrait de traiter la cause moléculaire de la maladie. Pour évaluer de telles approches thérapeutiques, avoir un modèle animal pertinent est nécessaire pour pouvoir réaliser des études précliniques nécessaires (preuves de concept de l’efficacité des produits thérapeutiques, études de dose…). Le présent projet vise à obtenir des animaux atteint de la maladie puis d’évaluer l’efficacité d’un traitement de thérapie génique. C’est une étape essentielle dans le développement préclinique qui permettra à terme de proposer un traitement curatif aux patients atteints. Elle permettra ainsi de générer toutes les données précliniques telles que les données de biodistribution du vecteur dans le cerveau et les organes périphériques des animaux injectés, l’étude histologique globale (expression du transgène, neurotoxicité avec marquages NeuN, astrogliose et microgliose, infiltration lymphoplasmocytaire), mais aussi la tolérance globale de l’approche avec le suivi IRM, les données hématologiques et le neurofilament Light Chain comme biomarqueur. Le but global de l’étude est de soutenir la demande d’un essai clinique de phase I/II chez des patients souffrant de la maladie de San Filippo.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Pour la mise en place de la colonie, les animaux seront soumis aux interventions suivantes: – Prise de sang pour dosage hormones sexuelles afin de déterminer avec précision l’insémination : au maximum 8 par cycle la prise de sang prend 5 min maximum Frottis vaginaux pour détermination du cycle sexuel : au maximum 8 frottis par cycle. Le prélèvement prend 5 min IA : 2 IA intra vaginal par cycle : l’intervention prend 10 min Prélèvements pour conservation de semences en congelé : prélèvement d’éventuels futurs mâles et l’intervention prend environ 30 min Injections possibles pour aider à la mise bas : 1 à 2 injections qui prennent quelques secondes Prélèvements buccaux et /ou poils sur les chiots pour déterminer statut génétiques : 1 fois à la naissance et prend 1 min

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les actes nécessaires au développement et maintien de lignée sont peu ou non invasifs. Les effets indésirables possibles sont ceux liés à la reproduction: – un risque de complication lors des gestations, mises bas et lactations – hématome lors de prise de sang nécessaire pour un suivi vétérinaire – risque de morsures entre reproducteurs – cannibalisme des chiots par la mère Pour les animaux malades MPS III B (-/-) : – une atteinte neurologique pouvant générer des anomalies locomotrices avec un début vers 12-15 mois Les animaux hétérozygotes MPS IIIB (-/+) ne présentent pas de phénotype dommageable

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les reproducteurs seront adoptés lors de leur retraite. Les animaux réutilisés : – les hétérozygotes MPS III b générés deviendront reproducteurs pour la continuité de la lignée. – Les animaux homozygotes MPS IIIB malades obtenus seront intégrés dans des études d’évaluation de produits thérapeutiques. Les animaux HO MPS I obtenus en début de lignée seront euthanasiés. Les animaux sains WT seront soit inclus en tant que témoin sain dans les projets de recherche pré-clinique ou euthanasiés lors du génotypage suivant les besoins.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Toutes les études in vitro possibles ont été́ effectuées en amont de ce projet, en particulier la démonstration de la fonctionnalité́ des AAV. Nous arrivons ici aux dernières étapes précliniques nécessaire pour une demande d’essai clinique de phase I/II pour lesquelles l’utilisation d’un modèle gros animal, permettant la mise en place d’approche chirurgicale similaire à celle effectuée sur les patients dans l’essai clinique est indispensable et nécessite donc l’utilisation de cette lignée de chiens MPS3B. Il n’existe pas aujourd’hui de méthode alternative pour tester l’effet d’un traitement de thérapie génique in vivo. Nous savons que l’efficacité du transfert de gène dans une lignée cellulaire in vitro n’est pas comparable à ce qui peut se passer in vivo dans un organisme entier. L’animal est le seul organisme vivant permettant d’étudier l’impact d’un transfert de gène dans différents types cellulaires (différents organes) et sur son phénotype, en lien avec le mode d’administration utilisé et la dose administrée. L’utilisation d’un modèle animal est donc essentiel pour l’évaluation préclinique de produits thérapeutiques pour le traitement de la Mucopolysaccharidose de type IIIB

2. Réduction

3R / Réduction :

100 animaux au total maximum, comprenant les animaux hétérozygotes servant de reproducteurs et les animaux homozygotes MPS3B qui seront inclus dans les études thérapeutiques ultérieures. De plus, autant que faire se peut, nous privilégierons l’utilisation de paillettes de semences congelées pour les inséminations, afin de diminuer le nombre d’animaux reproducteurs nécessaires.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les procédures utilisées sont adaptées pour éviter tout inconfort de l’animal, les procédures sont réalisées par du personnel formé et expérimenté. Les animaux sont hébergés en groupe et recevront un enrichissement adapté. Les animaux auront un suivi quotidien par les techniciens animaliers. Une observation journalière sera faite tout au long du projet. A la moindre anomalie un avis vétérinaire sera demandé et un traitement mis en place si nécessaire. Egalement pour suivre efficacement l’état de santé des animaux et pour pouvoir rapidement mettre en place une action une liste de points limites a été établie. Elle permet de définir une conduite à tenir afin d’arrêter, minimiser ou diminuer toute souffrance à l’aide de mesures telles que l’euthanasie ou par un traitement adapté. Cf. Grille en annexe de la saisine.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle de chien choisi (MPS3B) porte la même mutation génétique que l’Homme, mutation génétique provoquant la maladie de San Fillipo. Des plans de reproduction seront établis au fur et à mesure des naissances afin d’obtenir des animaux MPS IIIB. Les mâles et femelles hétérozygotes porteurs (-/+) MPSIIIB et sains (WT) seront inclus en tant que reproducteurs. Les animaux pourront rentrer en reproduction entre 18 et 24 mois, et plus exactement lors des secondes chaleurs des chiennes. Les mâles seront également matures sexuellement à cet âge-là et pourront intégrer les cycles de reproduction pour inséminer les femelles à partir de ce moment.