
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-03-15 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-495795)
864 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent une chirurgie intracérébrale sous anesthésie pour injecter une toxine détruisant les neurones à dopamine et reproduire la maladie de Parkinson, plusieurs séries de tests moteurs dont le détail n’est pas précisé, une mesure de conduction nerveuse sous quatre heures d’anesthésie, puis la mise à mort pour prélever le cerveau. Le porteur reconnaît un ralentissement de la locomotion et des difficultés de motricité fine liés à la dégénérescence induite. Il admet que des cultures cellulaires suffisent pour certaines questions mais affirme que seule l’étude de l' »animal entier » permet d’évaluer l’effet de la L-DOPA sur la motricité.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La maladie de Parkinson se caractérise par une destruction progressive des neurones produisant de la dopamine (neurotransmetteur essentiel) dans la substance noire du cerveau, intervenant dans le contrôle de la motricité et des mouvements volontaires. L’absence de dopamine va provoquer l’apparition de symptômes moteurs comme les tremblements de repos, la rigidité musculaire et le ralentissement des mouvements. Pour l’heure, le seul traitement efficace est la prise quotidienne du précurseur de la dopamine, la L-DOPA. En effet, les neurones de la substance noire produisent la dopamine à partir de la L-DOPA ; le conversion de la L-DOPA en dopamine nécessite l’activation d’un enzyme appelé AADC. Dans ce projet des souris génétiquement modifiées qui ont ou non l’enzyme AADC actif seront soumises ou non à l’administration intracérébrale d’une toxine qui provoque la dégénérescence des neurones de la substance noire. La motricité des souris sera évaluée ; la conduction nerveuse et différents paramètres cellulaires et moléculaires seront aussi étudiés au niveau du cerveau. A travers ces expériences, l’objectif du projet est donc d’identifier quels sont les effets propres de la L-DOPA (situation où l’AADC n’est pas actif) chez les animaux normaux et dans la situation pathologique mimant la maladie de Parkinson.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet va permettre d’étudier les propriétés de neurotransmission de la L-DOPA. Ainsi, les résultats permettront d’étayer les connaissances fondamentales sur l’importance de la L-DOPA seule dans le fonctionnement de structures cérébrales interconnectées spécifiques impliquées dans la planification et l’exécution des mouvements. Le projet apportera des connaissances également sur la contribution de la L-DOPA en condition pathologique dans un modèle animal de maladie de Parkinson. A long terme, les résultats de cette étude devraient contribuer à redéfinir et améliorer les traitements symptomatiques de la maladie de Parkinson
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
En fonction des animaux, l’étude dure 10, 16 ou 22 semaines. Le nombre d’intervention listé est donné pour la durée de l’étude. 1) En fonction de la durée de l’étude, les animaux vigiles subiront 2, 3 ou 4 séries de 5 tests comportementaux permettant d’évaluer la motricité. Une série de 5 tests comportementaux se réalise sur 2 semaines ; chaque test comportemental est séparé du suivant par 2 jours. Chaque test comportemental dure au maximum 1h. 2) En fonction de la durée de l’étude, les animaux vigiles seront pesés 11, 17 ou 23 fois ; chaque pesée dure au maximum 1 minute. La pesée permet de suivre l’état de l’animal et prévoir la quantité d’antalgique et d’anesthésique à injecter. 3) En fonction des paramètres étudiés, les animaux vigiles subiront 1 ou 2 injections d’antalgiques et/ou d’anesthésiques. Chaque pesée dure au maximum 1 minute. 4) Les animaux seront tous anesthésiés deux fois. Les animaux anesthésiés subiront 1 chirurgie intracérébrale (anesthésie gazeuse) d’une durée d’1h30 nécessaire à l’inactivation de la L-DOPA et à l’induction de la dégénérescence des neurones de la substance noire. Certains animaux subiront une seconde anesthésie gazeuse d’une durée de 4h pendant laquelle la conduction nerveuse intracérébrale est mesurée. Tous les animaux seront anesthésiés avec une dose létale d’anesthésie fixe double dose et d’antagique à la fin du projet.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La chirurgie peut induire une légère perte de poids transitoire et un stress notamment au réveil. L’induction de la dégénérescence neuronale permettant de modéliser la maladie de Parkinson va induire un léger ralentissement de la courbe de croissance des animaux ainsi qu’un ralentissement global de l’activité locomotrice et des difficultés dans la motricité fine.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux de la procédure seront mis à mort en fin de procédure, afin de prélever les cerveaux pour les étudier.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Certaines recherches sur la maladie de Parkinson peuvent être effectuées à l’aide de modélisation basée sur des cultures cellulaires (in vitro) dans le cadre d’études sur les causes de la mort neuronale observée dans la maladie de Parkinson. En revanche, cette approche n’est pas adaptée lorsque l’on s’intéresse aux modifications comportementales qui nécessitent l’intégrité des réseaux neuronaux. Seules des études sur animal entier permettent d’étudier l’effet de la L-DOPA sur la motricité
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisé a été calculé avec un test statistique approprié afin d’obtenir des résultats fiables malgré la variabilité interindividuelle. Les résultats seront analysés avec des tests statistiques.
3. Raffinement
Les expérimentations sont réfléchies de façon à minimiser au maximum l’inconfort, la douleur, la détresse ou l’angoisse des animaux au cours des différentes procédures de ce projet (actes réalisés par du personnel expérimenté, médicamentation définie avec le vétérinaire référent et les tests comportementaux basés sur le comportement spontané des animaux, ne nécessitant pas d’intervention directe de l’expérimentateur). Lors de la chirurgie nous aurons recours à l’anesthésie générale (gazeuse, facilement modulable et permettant un réveil rapide) avec un contrôle des paramètres vitaux (température, fréquence respiratoire, fréquence cardiaque), additionnée d’une anesthésie locale en présence d’antalgique. Le traitement antalgique sera poursuivi au lendemain de la chirurgie voire 48h post-opératoire si l’état de l’animal le nécessite. Des points limites gradés, précis et adaptés ont été définis de façon à obtenir un arbre décisionnel en fonction des observations faites et à agir rapidement pour interrompre la souffrance. Les animaux sont hébergés quatre par cage, avec eau et nourriture ad libitum. L’hébergement en animalerie est réalisé en portoir ventilé, dans des pièces à température et hygrométrie régulées et contrôlées selon les normes en vigueur. Un enrichissement adapté à l’espèce est disposé dans les cages d’hébergement. Les animaux sont manipulés a minima de façon hebdomadaire. Une phase d’habituation aux expérimentateurs est prévue en amont de l’étude. Le binôme d’expérimentateurs reste le même tout au long de l’étude.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Ce projet nécessite l’utilisation de souris pour plusieurs raisons : la similitude des réseaux neuronaux entre ce modèle et l’humain ainsi que des altérations motrices similaires mais aussi, le modèle est largement décrit dans la littérature, les tests de motricité sont maitrisés chez la souris, et la modification génétique d’intérêt pour cette étude est réalisée sur des souris. Les animaux utilisés seront des animaux mâles et femelles adultes (8 semaines au début des tests comportementaux réalisés avant la chirurgie) de façon à se rapprocher du stade de développement de la maladie de Parkinson.