
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-132300)
6 macaques à longue queue vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque animal subit une chirurgie d’injection de vecteurs dans le cerveau d’environ trois heures, puis six prélèvements de sang, six ponctions de liquide céphalorachidien et trois IRM sous anesthésie, pour tester une thérapie génique de la maladie de Parkinson déjà évaluée chez la souris. Le porteur indique que les ponctions peuvent provoquer fuites de liquide, maux de tête, vomissements et hématomes, et que le modèle ne produit pas de symptômes parkinsoniens visibles. Il présente le recours au primate comme une étape réglementaire exigée avant l’essai clinique, et euthanasie les six animaux pour les analyses histologiques.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative conduisant à une atteinte majeure de la qualité de vie chez les patients, consécutive à une perte des neurones dopaminergiques d’une partie du cerveau. De nos jours, les patients parkinsoniens sont majoritairement sous traitements médicamenteux de L-Dopa, efficaces pour une durée dépendante de chaque patient, mais qui ne permet qu’un effet transitoire et évoluant ensuite vers une paralysie progressive et une perte importante de qualité de vie. L’enjeu majeur est donc de trouver un traitement pour ces patients permettant de ralentir voire de corriger les symptômes de la pathologie. Grace à la thérapie génique, nous injectons dans le cerveau un vecteur-médicament qui va entrainer la surexpression de l’enzyme impliquée dans la transformation du cholestérol dans le cerveau, pour tenter de corriger la perte neuronale responsable des symptômes parkinsoniens. Nous avons déjà démontré l’efficacité de notre approche thérapeutique dans 3 modèles murins de la maladie de parkinson Les objectifs du projet sont d’évaluer la faisabilité, l’efficacité et la tolérance d’une administration intracérébrale de ce vecteur-médicament chez le primate non humain (PNH) pour permettre ensuite de réaliser ce traitement chez l’Homme. Le bien-être animal sera surveillé tout au long du projet avec la mise en place de critères précis d’interruption.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le bénéfice du projet est de proposer un essai clinique pour un nouveau traitement de thérapie génique (nouveau médicament-vecteur d’intérêt) pour des patients atteints de maladie de Parkinson
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– Une procédure chirurgicale sous anesthésie générale et analgésie : injection intracérébrale de vecteurs (durée environ 3h) – 6 prélèvements sanguins, 6 prélèvements de Liquide céphalo rachidien (LCR) (sang + LCR maximum 30min), sous anesthésie générale et analgésie. – 3 examens par Imagerie par résonance magnétique (IRM) (environ 2h), sous anesthésie générale Dans ce projet, une même anesthésie générale permet la réalisation de plusieurs gestes (prise de sang + prélèvements de Liquide céphalo rachidien et/ou IRM selon les temps d’intérêt de l’étude). Enfin l’euthanasie en fin de protocole est réalisé par une méthode réglementaire
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Une chirurgie sous anesthésie générale avec un risque anesthésique et infectieux Plusieurs prélèvements de sang et de LCR avec un risque de fuite de LCR (maux de tête, vomissements, signes neurologiques ) et la formation possibles d’hématomes Le modèle de parkinson, n’a pas de symptômes physiques attendus suite à l’administration intracérébrale de ces vecteurs d’intérêts. Le stress lié à l’anesthésie en cage de l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin du projet, l’ensemble des animaux sera euthanasié pour permettre les études histologiques et de biodistribution afin d’évaluer l’efficacité thérapeutique et la tolérance de l’approche.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Toutes les études in vitro (en dehors de l’animal) possibles pour valider la cible thérapeutique ont été effectuées avant ce projet afin de valider l’utilisation de ce médicament-vecteur comme nouvelle cible thérapeutique dans la maladie de Parkinson. Ensuite la stratégie thérapeutique et la fonctionnalité de nos vecteurs ont été réalisées chez la souris en amont de ce projet. L’objectif de ce projet ne permet pas d’envisager de méthode évitant ou remplaçant l’utilisation des animaux. En effet, le développement de cette approche thérapeutique chez l’Homme nécessite une étude de son efficacité et de sa toxicité, sur un modèle animal de plus grosse taille, le plus pertinent pour reproduire le modèle de la maladie de Parkinson est le PNH. Ces étapes sont réglementaires et requises par l’Agence nationale de la sécurité des médicaments (ANSM) pour toute demande d’autorisation d’étude clinique (chez l’Homme).
2. Réduction
Il y a 6 animaux au total sur ce projet, ce qui correspondant au minimum requis pour la validation de l’efficacité de l’approche thérapeutique. L’étude statistique concernera principalement l’étude histologique et sera réalisée par un anatomopathologiste certifié.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés en groupe. Un programme d’enrichissement est mis en place pour complexifier l’environnement et permettre l’expression de comportement propres à l’espèces (ex : fourragement). Les animaux auront un suivi quotidien par les techniciens du projet, un suivi de poids à chaque anesthésie, l’utilisation d’un analgésique pour les ponctions lombaires et la chirurgie d’injection virale, pour éviter tout inconfort. Une observation journalière sera faite tout au long du projet poru le suivi des points limites ainsi que le respect des mesures de raffinement. A la moindre anomalie détectée, un avis vétérinaire sera demandé et un traitement mis en place si nécessaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Dans les maladies que nous ciblons, il existe un modèle murin de la maladie, utilisé dans une première étape, déjà réalisée et ayant permis de confirmer la preuve de concept de la thérapie. Cependant pour une étude de toxicologie règlementaire, une deuxième espèce animale de grande taille est requise. Les organes du primate en particulier le cerveau, se rapprochent le plus du cerveau Humain en termes de structure anatomique et connectivité fonctionnelle. L’administration du vecteur dans un cerveau proche du cerveau humain permet de définir au mieux les paramètres du protocole clinique (chez l’homme). L’injection de vecteurs adéno-associé chez le primate est le seul moyen d’évaluer au mieux la faisabilité, l’efficacité et la tolérance d’une telle approche thérapeutique réalisée préalablement chez les rongeurs. Les animaux utilisés sont des macaques adultes (1-15 ans) (2 à 10 Kg) ayant un cerveau complètement développé́ compte tenu des patients ciblés par notre approche