
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-653750)
99 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils reçoivent six injections sous la peau et dans le derme de composés myorelaxants candidats, puis sont mis à mort pour l’analyse histologique des sites d’injection. Le porteur qualifie ces injections de « brèves, indolores et peu stressantes » alors qu’il déclare par ailleurs une douleur liée à l’injection et une gêne en cas d’inflammation. Il justifie l’usage du rat par la continuité avec ses études de toxicité antérieures et écarte les modèles cellulaires, jugés inadaptés à son développement.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour objectif de déterminer la bonne tolérance de nos composés après injections sous-cutanées ou intradermiques. Dans cette étude, le produit sera injecté localement aux rats, sous la peau (injection sous-cutanée) et dans les couches supérieures du derme (injection intradermique). L’observation est brève, indolore, et peu stressante pour les animaux. Nos produits seront comparés au traitement actuel de référence.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les troubles du mouvement sont des maladies neuromusculaires, qui handicapent durablement les patients et ont donc un impact sociétal important. La dystonie, par exemple, est un trouble qui se caractérise par des contractions musculaires involontaires, pouvant entrainer des mouvements répétitifs ou des postures figées. La spasticité musculaire, quant à elle, est considérée comme une sur-contraction inhabituelle et involontaire du ou des muscles. Ce trouble du système nerveux central résulte en une crispation et une rigidité accrue du muscle touché. Le traitement de ces maladies implique généralement la prescription de traitements administrés oralement : le baclofène, les benzodiazépines, le dantrolène… Ces traitements systémiques comportent cependant tous des effets secondaires conséquents. Alternativement, l’injection intramusculaire de certains produits directement dans le muscle affecté peut soulager ces malades : le phénol ou la toxine botulique. Cette approche présente des avantages devant celles présentées précédemment, notamment concernant les effets secondaires. Cette approche doit encore être optimisée : les patients et soignants attendent des myorelaxants offrant encore moins d’effets secondaires, capables d’être efficaces rapidement après l’injection, et dont les effets seraient durables. L’objectif de notre projet global est de mettre en évidence les effets bénéfiques de l’utilisation locale de différents produits myorelaxants novateurs à effet rapide et durable, sur la contraction musculaire pour les patients souffrant de troubles du mouvement comme la dystonie et la spasticité. Au cours d’une étude princeps, nous avons pu identifier au moins 5 produits présentant une activité myorelaxante d’intérêt ; ensuite, grâce aux différents projets déposés, nous avons avancé notre premier Lead (molécule la plus active et la plus intéréssante) quasiment au terme de son développement préclinique. Chacun des produits identifiés au cours de l’étude princeps semble avoir des caractéristiques pharmacologiques différentes :
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à : – Injection s.c. / i.d. = 6 injections, durée 1 min / animal. – Pesée des animaux = maximum 5 pesée / animal => 30 secondes / pesée => 2.5 minutes / animal. – Observation des réactions = 1 fois / jour => 30 sec / animal.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Ces molécules ont déjà été injectées en intramusculaire, sans avoir provoqué le moindre signe clinique (macroscopique ou en analyse histopathologique). Nous n’attendons ainsi pas de signe clinique particulier après injection des molécules ; toutefois, afin de se prémunir de tout imprévu, nous suivrons avec attention tout signe, et avons mis en œuvre les mesures décrites dans le tableau fourni en annexe. De plus, dans cadre de nos procédures, les nuisances attendues sont : le stress des animaux dû à la contention pour l’injection ; une douleur liée à l’injection sous-cutanée ou intradermique ; une gêne si inflammation des tissus.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux des différentes procédures seront euthanasiés car les sites d’injections seront prélevés pour des analyses histopathologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le remplacement ne peut pas être assuré dans cette étape du programme de travail, car la pertinence des modèles cellulaires de coculture est aujourd’hui encore débattue, et de tels modèles ne prennent de toute façon pas en compte le paramètre de diffusion (qui est essentiel lorsqu’on s’intéresse au profil pharmacodynamique des composés). Des modèles in vitro d’irritation locales existent bien mais ne sont pas adaptés dans notre developpement, en effet, la production d’anticorps anti-drug necessite et impliquent le système immunitaire de complet de l’hôte, ainsi aucun modèle in vitro ne peut remplacer ce système.
2. Réduction
Pour la réduction, les études précédemment réalisées nous ont donné un certain recul sur la taille des groupes nécessaire pour obtenir des résultats statistiquement significatifs (test de Kruskal Wallis). Nous utiliserons donc le nombre minimal d’animaux par groupe permettant d’arriver à une conclusion. Soit 3 animaux / doses / type d’injection. De plus, les 2 flancs des animaux étant utilisés , ceci nous permet de réduire le nombre d’animaux en maximisant le nombre de site/composé (n=6/dose)
3. Raffinement
Concernant le raffinement, les animaux seront hébergés en groupe de 2 avec enrichissement du milieu, et surveillés quotidiennement permettant un suivi clinique de chaque animal. Ainsi, des points limites sont mis en place durant tout ce projet permettant de définir des critères d’arrêt si nécessaire. Les injections intradermiques et sous cutanée dans la peau du flanc, sont réalisés sous contention par un expérimentateur entraîné, et les observations sont brèves, indolores et peu stressantes pour les animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nos études précédentes (preuve de l’efficacité de nos molécules et étude de toxicité GLP) ont été réalisées chez le rat. Ainsi, par continuité avec ces études, notamment sur les analyses histologiques, il nous semble important de continuer sur ce modèle. Rats femelles Sprague Dawley femelles âgées de 6 semaines en début d’expérimentation (200g) et 10-12 semaines maximum en fin d’expérimentation (300g). Des animaux juvéniles seront choisis par continuité avec nos études précédentes fonctionnel et notre étude GLP de toxicité