
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-746623)
102 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Des souriceaux mâles reçoivent à deux jours de vie une injection de streptozotocine qui détruit une partie de leur pancréas, puis un régime gras et des prélèvements sanguins répétés, avant d’être tués pour prélever le foie, les mères et souriceaux femelles étant également tués. Le porteur teste un composé contre la stéatose hépatique dans un modèle qu’il indique avoir validé « avec le client ». Il affirme qu’aucune méthode sans animaux ne permet d’étudier l’efficacité réelle d’un composé sur cette maladie.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La stéatose est l’accumulation de graisses à l’intérieur de cellules qui, normalement, n’en contiennent pas ou peu. Le foie, qui comporte très peu de graisses lorsqu’il est sain, peut être le siège de cette concentration. On parle alors de stéatose hépatique. Ainsi, un foie qui contient trop de graisses (triglycérides) est un foie stéatosique. La stéatose hépatique est fréquemment associée à l’obésité mais certains sujets non obèses peuvent présenter cette pathologie. Au début, l’accumulation de triglycérides dans les cellules du foie est responsable d’une stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD – non alcoholic fatty liver disease). Dans cette forme simple, le foie est très riche en graisses et des mesures hygiéno-diététiques permettent la guérison. Le foie retrouve alors son aspect normal. Si la surcharge en triglycérides se poursuit, le foie devient le siège d’une inflammation appelée hépatite. C’est la stéato-hépatite non alcoolique (NASH – Non Alcoolic Steato Hepatitis). L’inflammation ne disparait pas, elle va au contraire s’aggraver avec le temps. Il est possible qu’elle évolue vers la fibrose hépatique. Après plusieurs années, elle peut devenir une cirrhose, avec un risque élevé de cancer hépatique. Malheureusement, il n’existe actuellement aucun traitement médicamenteux approuvé et montrant une efficacité certaine pour la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD – Non Alcoholic Fatty Liver Disease) ou la stéatohépatite non alcoolique (NASH – Non Alcoolic Steato Hepatitis). Le présent projet vise à tester l’efficacité d’un composé en développement visant à traité la stéatose hépatique dans un cadre préclinique. L’objectif est donc d’obtenir une preuve de concept de l’efficacité avant de pousser plus en avant le développement du composé, notamment vers les stades cliniques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Si la présente étude permet de mettre en évidence une efficacité des composés en développement sur la stéatose hépatique, ces deniers seront employés ultérieurement dans le cadre d’études cliniques et pourraient, à terme, obtenir une autorisation de mise sur le marché. Ils constitueraient ainsi les tout premiers traitements autorisés pour la prise en charge de la stéatose hépatique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris gestantes seront mise à mort après sevrage des souriceaux. Aucune autre intervention n’est prévue. Les souriceaux recevront une administration de streptozotocine (un agent induisant une destruction partielle du pancréas) à deux jours postnatal (durée de la procédure : 2 minutes envron). Après sevrage, les femelles seront euthanasiées. En effet, il est bien connu que les souris femelles présentent un niveau de résistance élevé au développement de la stéatose comparativement aux souris mâles. Les mâles seront soumis à une alimentation classique (8-10 animaux) ou une alimentation enrichie en graisse (HFD 60% de l’énergie apportée par les lipides; 24-30 animaux) pendant 64 jours (D0-D63). Des prélèvements sanguins seront pratiqués via la veine caudale à D28, D35 et D49 Ces prélèvements ont rapides (durée < 5 minutes). A D63 les mâles seront euthanasiés et un prélèvement sanguin terminal et des prélèvements d'organes seront pratiqués.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le modèle employé est un modèle de stéatose hépatique. Le développement de la stéatose est limité dans ce modèle et ne pousse pas jusqu’à la fibrose et aux carcinomes hépatique. Le stade de stéatose (dit « NASH ») ne s’accompagne pas d’effet secondaires ni d’effets néfaste. C’est d’ailleurs une des raisons qui expliquent qu’en clinique humaine la stéatose est très mal diagnostiquée avant le stade de développement de cancers du foie. Les administrations de streptozotocine (un agent induisant une destruction partielle du pancréas) et les pélèvements sanguins sont susceptibles d’induire un stress et une légère douleur.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés à l’issue de la procédure. En effet, l’étude implique des anayses biochimiques et histologiques sur les foies (y compris femelles reproductrices et souriceaux femelles) qui doivent ainsi être collectés à l’issue de la procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation d’animaux à des fins scientifiques se justifie ici car il n’existe aucune méthode de substitution n’utilisant pas l’animal de laboratoire et permettant l’étude de l’efficacité réelle d’un composé sur la stéatose hépatique. Nous avons choisi un modèle utilisant l’espèce souris qui est parfaitement caractérisé dans la littérature scientifique.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés a été rationalisé à partir de l’expérience acquise par notre laboratoire sur l’analyse des paramètres d’intérêt. Ainsi, le nombre d’animaux par groupe a été adapté en fonction des paramètres d’intérêt de façon à être en mesure de mettre en évidence une différence statistiquement significative sur les paramètres étudiés.
3. Raffinement
Le modèle animal qui sera utilisé est un modèle parfaitement caractérisé dans la littérature et couramment utilisé dans les études précliniques cherchant à mettre en évidence les effets bénéfiques de composés sur la prise alimentaire, le poids corporel et la stéatose hépatique. Le protocole a été planifié de façon à limiter au maximum tout stress et tout inconfort pour les animaux. Les femelles gestantes seront hébergées individuellement, et ce jusqu’au sevrage des souriceaux. Un enrichissement sera apporté sous forme d’igloo et de matériel de nidification. Après sevrage, les mâles issus des portées seront hébergés en cages collectives (4 souris/cage) et un enrichissement du milieu sera assuré par l’ajout d’igloos et de briquettes de bois spécifiques pour rongeurs. Enfin, un suivi journalier des animaux à l’aide d’une grille de score permettra une action rapide en cas d’atteinte des points limites établis, notamment l’emploi d’analgésie pour soulager la douleur le cas échéant.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle de souris C57BL/6 est un des modèles de souris les plus classiquement utilisés et les mieux documenté dans le cadre d’études précliniques menées dans le contexte des troubles métaboliques et de la stéatose hépatique. C’est également ce modèle qui est classiquement utilisé pour l’obtention du modèle STAM. Le choix du modèle a été validé avec le client par le chef de projet. Les animaux mâles seront utilisés entre leur naissance et 12 semaines d’âge. Il est nécessaire de partir de souriceaux puisque le modèle STAM demande une administration de streptozotocine (un agent induisant une destruction partielle du pancréas) deux jours après la naissance. Ce modèle se développe ensuite grâce à la mise sous alimentation enrichie en graisse à partir du sevrage (ici à 4 semaines) et jusqu’à la fin de l’étude.