Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

30 puffins des Baléares vont être capturés en mer, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis relâchés dans leur milieu. Chaque oiseau subit une capture d’environ cinq minutes puis une contention d’une dizaine de minutes, le temps d’une prise de sang, d’un prélèvement de plumes et de la pose d’un GPS. Le porteur décrit un stress lié à la capture et à la manipulation et affirme, sur la base de travaux antérieurs, que ces dommages n’affecteront pas la survie des oiseaux. Il justifie le recours à l’espèce, en danger critique d’extinction, par son statut de bioindicateur non remplaçable selon lui par des cultures in vitro.

NTS-FR-133003v1
Types de recherche
· Conservation des espèces ·
Mots-clés
Puffin des Baléares, Ecologie alimentaire, Ecotoxicologie, Conservation
Autres oiseaux : 30

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le Puffin des Baléares (Puffinus mauretanicus), espèce d’oiseau nicheuse endémique des Baléares, est considéré comme l’oiseau marin le plus menacé d’Europe. L’effectif mondial de l’espèce est restreint et en déclin. Son statut de conservation est jugé en « danger critique d’extinction » en Europe depuis 2004 et l’espèce est protégée en France. La France a une responsabilité majeure dans la conservation de cette espèce en période inter nuptiale (présence dans les eaux territoriales françaises atlantiques), et dans une moindre mesure en période de reproduction (présence en Mer Méditerranée). Suite à une action conjointe de l’Office Français de la Biodiversité et de la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement Bretagne, l’espèce a été inscrite au sein de la liste des espèces pouvant bénéficier d’un Plan National d’Action. L’élaboration de ce Plan National d’Action a été lancée en décembre 2018 et finalisé en septembre 2020. Ce Plan National d’Action vise en premier lieu la réduction des pressions qui s’exercent sur l’espèce (interactions avec la pêche professionnelle, avec les Energies Marines Renouvelables et activités nautiques, exposition à la contamination environnementale), mais aussi l’amélioration des connaissances relative à l’écologie de l’espèce et l’utilisation spatio-temporelle des eaux territoriales françaises en période internuptiale, afin d’améliorer son état de conservation. Dans ce contexte, le projet proposé vise à 1) améliorer les connaissances de l’écologie de cette espèce lorsqu’elle est présente dans les eaux territoriales françaises, et plus spécifiquement dans les eaux côtières du secteur Mor Braz, 2) évaluer son exposition locale aux perturbations anthropiques lorsqu’elle est dans ce secteur (contamination chimique, interaction avec les pêcheries). Il se matérialisera par un programme de prélèvement de tissus pour analyses isotopiques et de contaminants, sur des oiseaux capturés dans les eaux territoriales françaises. Il viendra pour cela s’adosser à une autre action de ce Plan National d’Action afin de mutualiser les manipulations de terrain, puisqu’une autre action du Plan National d’Action impliquera la capture et l’équipement d’individus par des GPS, pour du suivi télémétrique. Les prélèvements de tissus seront réalisés sur ces mêmes oiseaux capturés en mer pour ce suivi par télémétrie (suivis des déplacements par GPS).

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Des analyses isotopiques du carbone et de l’azote dans le sang permettront d’une part d’accéder à des informations fines relatives au régime alimentaire du Puffin des Baléares sur ses quartiers français de présence inter-nuptiale, et d’autre part d’évaluer l’importance des rejets de pêche dans leur alimentation. Des analyses de contaminants (polluants organiques persistants, éléments traces métalliques, microplastiques) seront réalisées de façon à disposer d’un état initial de cette éventuelle contamination des oiseaux en vue d’un suivi à plus long terme. Ces analyses renseigneront également sur l’état de la contamination de ces oiseaux afin de mieux comprendre le risque toxicologique auquel ils font face. Le bénéfice de cette connaissance est l’amélioration de la protection de l’espèce et sa conservation.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Chaque puffin subit 1 capture (environ 5 min) et 1 contention (environ 10 min). Pendant la contention de l’animal vigile, l’animal subit 1 prise de sang (moins de 1 min), les prélèvements de plumes (moins de 1 min) et la pose d’un GPS (environ 5 min).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les principaux risques encourus par les oiseaux lors de la manipulation seront dûs au stress engendré par la capture et la manutention, c’est donc sur ces deux points que toute l’attention sera portée pour assurer le bien-être des animaux (expérience des manipulateurs (expert de la méthode de capture), rapidité d’exécution des manipulations, mesures de raffinement pour diminuer le stress). Les dommages subis n’impacteront pas la survie des oiseaux manipulés.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Relachés dans leur milieu naturel, car espèce en danger critique d’extinction.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les oiseaux marins sont des espèces sauvages, qui intègrent des contaminants présents dans le milieu, et y sont potentiellement sensibles. Ils ne peuvent être remplacés par des cultures in vitro ou des individus captifs. Ils sont des bioindicateurs de la contamination des milieux.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le choix des 30 individus a été déterminé à partir des différents projets de recherche sur la contamination et l’écologie des oiseaux marins (expérience de suivi de la contamination chez les oiseaux marins en arctique, antarctique, en France métropolitaine et ultramarine), et correspond au minimum accepté pour maintenir une robustesse statistique, et garantir la prise en compte de variabilités inter-individuelles dans le milieu naturel. En effet, les prélèvements effectués sur le terrain peuvent montrer de fortes variations entre individus, car les conditions environnementales ne sont pas contrôlées. Ce choix est réalisé à la lumière du projet autorisé « Surveillance de la contamination des oiseaux marins (exposition et effets) au titre de la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin », où 15 individus/site/espèce étaient prévus (poussins, donc pas d’effet du sexe). Sur cette demande, les oiseaux seront des adultes ; 30 individus permettront de quantifier la variabilité interindividuelle, due au sexe, à l’âge, aux traits d’histoire de vie de l’animal. L’ensemble des échantillons (sang, plumes, GPS) seront collecté sur les mêmes oiseaux afin de limiter le nombre d’oiseaux capturés, tout en permettant de croiser les informations obtenues et améliorer la puissance des analyses statistiques.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

L’intervention sera rapide (moins de 1 min pour la prise de sang, moins de 10 min pour l’ensemble des manipulations incluant prélèvement des plumes et pose de GPS hors procédure). Elle sera coordonnée avec des opérations de baguage (une seule manipulation d’oiseau pour un maximum d’informations) – Les facteurs météos seront pris en compte (pas d’intervention si les risques pour les oiseaux sont élevés) – Diminution du stress des individus manipulés par apposition d’un tissu opaque sur les yeux – Les plumes de couverture (dos et ventre) seront prélevées sans les couper pour assurer une repousse rapide. – Les plumes de vol (primaires) ne peuvent etre arrachées pour ne pas handicaper l’oiseau et un petit échantillon sera donc coupé, considéré comme négligeable au regard de la surface alaire de l’oiseau – Une grande attention sera portée à la réalisation de la prise de sang (pas de création d’hématome ou de saignement, utilisation de poudre coagulante en cas de saignement, utilisation de matériel stérile à usage unique, prélèvement d’un volume sanguin négligeable au vu de la masse corporelle de l’oiseau) – Suite au prélèvement sanguin, une pression sera exercée sur la zone piquée pour faciliter la coagulation. L’oiseau sera observé pour détecter un éventuel comportement alarmant.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le Puffin des Baléares espèce d’oiseau nicheuse endémique des Baléares, est considéré comme l’oiseau marin le plus menacé d’Europe. L’effectif mondial de l’espèce est restreint et en déclin. Son statut de conservation est jugé en « danger critique d’extinction » en Europe depuis 2004 et l’espèce est protégée en France. La France a une responsabilité majeure dans la conservation de cette espèce en période inter nuptiale (présence dans les eaux territoriales françaises atlantiques), et dans une moindre mesure en période de reproduction (présence en Mer Méditerranée). Les oiseaux capturés seront des adultes (le Mor Braz est un lieu utilisé par les oiseaux lors de la période internuptiale).