Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

50 chiens porteurs de tumeurs naturelles vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, une partie tuée à l’issue pour autopsie, dix réutilisés dans d’autres procédures et dix proposés à l’adoption. Ils reçoivent pendant environ six semaines des traitements hebdomadaires, jusqu’à sept prises de sang par jour, des biopsies répétées et une résection chirurgicale de la tumeur en fin d’étude. Le porteur reconnaît un risque de syndrome de libération de cytokines, avec fièvre, déshydratation et perte d’appétit. Il indique que ces chiens, issus d’éleveurs et fournisseurs agréés, sont transférés vers l’établissement pour être traités, et présente l’espèce cible comme « requise » pour démontrer l’efficacité d’un médicament vétérinaire.

NTS-FR-622254v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Oncologie, Immunothérapie, Espèce canine
Chiens : 50

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le cancer est un problème de santé mondial important qui possède un taux d’incidence et de mortalité en constante augmentation, aussi bien chez l’Homme que chez les animaux. Le nombre de traitements vétérinaires indiqués contre le cancer canin est très limité. Actuellement la première approche qui peut permettre de réduire la masse tumorale est la chirurgie. Mais elle peut se révéler inutilisable en fonction de la localisation de la tumeur, voire insuffisante en cas de présence de métastases. La chimiothérapie et la radiothérapie sont aussi des solutions utilisées en deuxième intention pour traiter le cancer. Mais ces solutions possèdent, elles aussi, leurs limites. En effet, ces méthodes sont, elles aussi, parfois inefficaces car certaines tumeurs sont dites chimiorésistantes ou radiorésistantes. De plus, ces types de traitements ont des effets secondaires importants. Ils nécessitent également un matériel adapté ainsi qu’une gestion spécifique des effluents et déchets radioactifs et chimiques générés (risque de pollution pour l’environnement). Il est donc important de développer une nouvelle option thérapeutique qui pourra traiter un plus grand nombre de tumeurs avec un mode d’administration et une logistique des déchets plus simple.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra l’évaluation précoce de l’efficacité et de l’innocuité de nouveaux traitements médicaux à visée anti-tumoral chez le chien. En fonction des résultats obtenus, ce projet pourrait conduire au développement d’un traitement antitumoral chez le chien. Cette nouvelle thérapie permettra à la fois de lutter contre le développement des tumeurs et de réduire les risques de développement de métastases. En raison de l’activité immunomodulatrice de ces traitements, un panel de tumeurs canines sont ciblées : ostéosarcome, sarcome des tissus mous, glioblastome, tumeurs mammaires…

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront traités régulièrement (environ une fois par semaine) avec un traitement par voie orale, par intraveineuse (IV), intratumorale ou sous-cutanée pendant environ 6 semaines. Les prélèvements prévus dans la procédure sont les suivants : – Prises de sang : jusqu’à 7 fois par jour, 10 fois par semaine pendant 6 semaines consécutives. Le volume prélevé ne pourra en aucun cas dépasser 7.5% du volume total circulant d’un animal sur 24h ou 15% sur 28 jours. Si le volume total prélevé sur 24 heures atteint 7.5%, la prochaine prise de sang ne pourra pas être réalisée dans les 7 jours suivants (pour laisser un temps de récupération). – Prélèvements d’urine par cystocentèse, ou sondage urinaire, jusqu’à une fois toutes les deux semaines. – Biopsies (punch : 2 à 4 mm de diamètre) de la tumeur, jusqu’à 3 fois sur la durée de l’étude. Pendant le temps des prélèvements, les animaux pourront recevoir des analgésiques ou pourront être anesthésiés ou tranquillisés pour une courte durée, afin de réduire la douleur, l’angoisse ou la souffrance de l’animal. La décision de l’analgésie, de l’anesthésie ou de la sédation dépendra de plusieurs facteurs comme : les prélèvements à réaliser, du comportement des chiens, de la facilité de manipulation. – La résection chirurgicale de la/les tumeur(s) mammaire(s) en fin d’étude sera réalisée sous anesthésie générale.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les produits candidats ont pour objectif d’activer le système immunitaire des animaux. Le principal risque associé, pourrait être une suractivation du système immunitaire, qui entrainerait un syndrome de libération de cytokines. Ce syndrome peut entraîner des symptômes d’intensité faible à sévère comme : de la fièvre, une déshydratation, de l’apathie, une perte d’appétit. Afin de pouvoir objectiver les effets secondaires à l’administration du traitement et adapter le suivi clinique de chaque chien, les chiens seront hébergés individuellement pendant 8 heures (avec contact visuel et olfactif) après l’administration du traitement. Afin d’évaluer l’efficacité et l’innocuité de ces nouveaux traitements, des prélèvements devront être réalisés (sang, urine, biopsies de la tumeur…) ainsi qu’une résection chirurgicale de la/des tumeur(s) en fin d’étude. Ils peuvent générer un stress et de l’inconfort : au moment du geste pour ceux réalisés vigile, ou en post-opératoire pour ceux réalisés sous anesthésie générale. Les contentions liées à ces gestes peuvent générer du stress chez les animaux. La réalisation de biopsies et/ou la résection chirurgicale de la/des tumeur(s) pourraient induire des saignements, des gonflements, une infection, des ulcérations, une altération voire une destruction des tissus traversés. L’anesthésie pourrait générer : un stress au moment de l’induction, de l’inconfort, de la nausée et du stress au moment du réveil. Dans le cas où l’efficacité du candidat ne serait pas suffisante, il est possible que la tumeur continue de se développer (augmentation de la taille et développement de métastases).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux pourront être mis à mort en fin de procédure pour autopsie, prélèvements d’organes ou de tissus pour évaluer l’innocuité et/ou l’efficacité des produits testés. Si au cours de la procédure ou à la fin de la procédure, l’animal présente un état de santé dégradé et qu’il atteint des points limites sévères l’animal sera euthanasié. À la fin de la procédure si l’animal recouvre un bon état physique/clinique, il pourra être (sur décision du vétérinaire désigné) mis à l’adoption ou être inclus dans une autre procédure.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Des études précliniques avec des candidats ont déjà été réalisées in vitro et in vivo sur rongeurs, chiens sains, chats, et sur l’Homme. Ces tests ont montré des résultats favorables. Après cette première étape, le recours aux animaux ayant développé une tumeur est requis, afin de pouvoir évaluer l’efficacité et l’innocuité du candidat médicament chez la population cible. En effet, l’efficacité d’un produit vétérinaire anti-tumoral doit être démontrée sur l’espèce cible. Car les études d’efficacité nécessitent de travailler sur un organisme entier, mettant en jeu des interactions entre différents tissus/organes impliqués dans le métabolisme et le/les effets physiologiques et thérapeutiques du futur candidat médicament.

2. Réduction

3R / Réduction :

Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés, seul le ou les composé(s) ayant les meilleurs profils pharmacocinétiques et pharmacodynamiques et la meilleure innocuité, seront testés sur les animaux présentant une tumeur. Le nombre d’animaux utilisés sera réduit au maximum lors des premières études exploratoires (jusqu’à 10 animaux par composé à tester soit 5 composés maximum). Ces études permettront de caractériser plus précisément les variabilités existantes inter-individus ainsi que les variabilités existantes entre les différents types de tumeurs incluses. Grace à ces informations, le nombre minimum d’individus le plus pertinent pourra être inclus dans les études suivantes. Pas d’étude biostatistique pour ce projet. Chaque chien sera son propre contrôle, c’est à dire que l’on comparera la tumeur avant/après ainsi que l’état clinique avant/après. Ceci permettra de réduire le nombre de chien inclus dans la procédure.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Des chiens présentant naturellement des tumeurs issues d’établissement éleveurs ou fournisseurs agréés seront inclus dans les études. Les animaux présentant des tumeurs (tumeurs mammaires dans un premier temps) seront alors transférés au sein de l’établissement utilisateur pour être traités. Afin de permettre un traitement le plus précocement possible, un chien seul peut être inclus dans la procédure. Dans ce cas, il sera mis en hébergement avec au moins un autre compagnon compatible durant cette période. Ce ou ces compagnons seront des chiens déjà présents au sein de l’établissement utilisateur et qui seront en période de repos entre deux études. Ils bénéficieront de zones de jeu avec interaction avec l’Homme. Les jouets présents dans les zones d’hébergement et dans les zones de jeu sont régulièrement changés pour favoriser la curiosité. Une période d’acclimatation systématique est mise en place. Si la durée n’est pas suffisante elle sera rallongée jusqu’à ce que les animaux soient aptes à entrer dans la procédure. Le personnel intervenant dans l’étude sera formé aux examens et prélèvements afin de travailler avec le plus d’expertise possible. Les animaux sont observés quotidiennement, ou plus si jugé nécessaire, ce qui permet de détecter tout signe comportemental anormal et/ou toute anomalie clinique non attendue. En cas de déviation de l’état normal d’un animal, le responsable de l’étude, le vétérinaire désigné ou le vétérinaire d’astreinte, décidera d’augmenter les fréquences d’observations, d’isoler l’animal et/ou d’envisager un traitement pour soulager l’animal. En cas de syndrome de libération de cytokines, un traitement avec des corticoïdes, une réhydratation et/ou un traitement symptomatique digestif seront prescrits pour diminuer les effets dus à ce syndrome. Un suivi clinique rapproché de l’animal sera également mis en place. Des points limites seront définis pour apporter des soins adaptés ou une exclusion de l’étude avec d’autres soins ou une euthanasie si nécessaire. Afin de limiter le stress lié aux actes (contention, traitements, prélèvements, …), ces actes seront travaillés sur les chiens en renforcement positif avec friandises et caresses lors de trainings pendant l’acclimatation puis pendant toute la durée de l’étude. La Structure du Bien Être Animal (SBEA) garantit l’amélioration des techniques de soins et des conditions de vie pour les animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Espèce cible de la pathologie investiguée. Les animaux utilisés seront des animaux ayant naturellement développés une tumeur. Une tumeur chez le chien peut se développer quel que soit l’âge de l’animal, bien que les animaux les plus âgés sont les plus souvent atteints (en particulier pour les tumeurs mammaires).