
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 19/09/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-033204)
15 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures classées en gravité sévère. Porteuses de mutations du gène TP53 qui prédisposent aux cancers, elles ne subissent pas d’intervention mais sont suivies puis tuées avant six mois pour analyse post-mortem de leurs organes, toute suspicion de tumeur entraînant une mise à mort anticipée. Le porteur étudie le syndrome de Li-Fraumeni et vise des biomarqueurs ou des cibles thérapeutiques transposables en clinique. Il affirme avoir d’abord travaillé sur des modèles cellulaires mais juge le modèle murin « irremplaçable » pour analyser plusieurs organes.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le syndrome de Li-Fraumeni (LFS) est une maladie autosomale dominante de prédisposition aux cancers multiples dès le plus jeune âge, portée par des mutations germinales du gène tumeur suppresseur TP53. La prévalence des mutations de TP53 dans la population générale est estimée à 1/5000. Nos recherches utilisant des lignées de fibroblastes (non cancéreuses) de patients atteint de LFS, ont déterminé que les mutations de TP53 engendrent des défauts transcriptionnels et métaboliques, qui pourraient être à l’origine de la prédisposition aux cancers. Nous souhaitons maintenant aller plus loin et transposer nos résultats dans des contextes physiologiques, afin de cartographier les dérégulations transcriptionnelles et métaboliques qui ont lieu dans de nombreux organes murins, dont ceux qui sont susceptibles au développement de cancers.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Notre projet permettra, grâce aux modèles murins, de mieux caractériser les perturbations moléculaires qui prédisposent à l’apparition de cancers dans le syndrome de Li-Fraumeni. Les perspectives de ce travail sont de transposer nos découvertes en clinique pour une utilisation de type biomarqueur ou cible thérapeutique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Nous ne prévoyons pas d’interventions sur nos animaux pour ce projet.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les lignées murines du LFS (R270H et R172H) présentent une médiane de survie de 16 mois, et peuvent développer différents cancers au cours de leur vie. L’âge auquel peuvent apparaître les cancers n’est pas bien documenté. Notre projet vise à étudier des souris de la colonie à un âge inférieur à 6 mois, afin de limiter au maximum l’apparition de cancers et des douleurs associées. Un suivi strict des souris sera mis en place (voir points limites) et toute suspicion de développement rapide de tumeurs entraînera l’euthanasie de l’animal. Une analyse rétrospective de ces 2 modèles murins sera menée afin de raffiner le modèle et d’étendre les connaissances concernant l’âge auquel les cancers se développent dans différents organes.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont sacrifiés à la fin de la procédure pour analyse post-mortem (récolte d’organe, histologie et analyses moléculaires).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
REMPLACEMENT : nous avons réalisé en amont les expériences sur des modèles cellulaires pour éviter d’utiliser l’animal, mais à ce stade de nos recherches nous ne pouvons pas nous en passer car aucun moyen ne nous permet de remplacer ce modèle murin pour analyser les différents organes et la physiologie des individus porteurs du LFS.
2. Réduction
REDUCTION : Nous avons réalisé un design d’élevage et d’expérimentation qui utilise juste le bon nombre de souris, et nous plafonnons le nombre d’animaux grâce à la multiplication des tests/analyses sur un seul animal.
3. Raffinement
RAFFINEMENT : Nous tenons compte des meilleures conditions d’hébergement pour nos modèles murins et nous veillerons au bien-être animal de nos souris. Pour se faire, nous utilisons des points limites spécifiques et des critères d’arrêt de souffrance.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un mammifère dont certaines caractéristiques biologiques peuvent être extrapolées à l’homme, notamment dans le cadre d’études visant à comprendre le développement de cancers, avant d’entreprendre des études cliniques chez l’humain. De plus, la majeure partie des études expérimentales sur l’étude du LFS utilisent les modèles murins, ce qui permettra une comparaison et confrontation des résultats obtenus avec la littérature. Les modèles d’études murins de LFS R270H et R172H sont admis par la communauté scientifique et sont disponibles chez Jax. Leur phénotype a été initialement décrit dans Mutant p53 Gain of Function in Two Mouse Models of Li-Fraumeni Syndrome (Olive et al, Cell, 2004). Ces modèles de souris ont une faible mortalité dans les 10 premiers mois de la vie, ainsi qu’une faible pénétrance de cancers. Le but de notre étude étant d’étudier les tissus sains, avant qu’ils ne développent de cancers, nous n’excéderons pas un âge de 6 mois pour l’étude de ces souris. Les animaux seront sacrifiés à 1 mois, 3 mois et 6 mois. En effet, nous souhaitons étudier différents organes sains, chez des animaux qui n’ont pas encore développés de tumeurs, afin de mesurer les effets délétères de la mutation germinale de TP53, qui pourraient prédisposer au développement de cancers au cours de la vie.