
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 19/09/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-852723)
50 porcs vont être utilisés dans des procédures menées sous anesthésie, les animaux étant tués avant tout réveil. Ils subissent une chirurgie puis un arrêt cardiaque provoqué et une réanimation, avec des prélèvements sanguins tout au long, pour comparer les effets de deux gaz, le monoxyde d’azote et l’argon, sur la circulation pulmonaire. Le porteur indique qu’en l’absence de reprise cardiaque au bout de 30 minutes l’animal est mis à mort, et que tous le sont au terme des deux heures de suivi. Il conclut qu’aucun remplacement n’est envisageable et retient le porc pour sa proximité anatomique avec l’humain.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La survenue brutale et imprévue d’un arrêt cardiaque est un enjeu majeur de santé publique à l’origine d’environ 40 000 décès chaque année en France. Malgré l’amélioration des procédures de réanimation cardio-pulmonaire, l’apparition d’une défaillance hémodynamique aiguë est fréquente après la reprise d’une activité cardiaque. Elle se traduit par une défaillance de la fonction du cœur gauche mais aussi par un dysfonctionnement du cœur droit et de la circulation pulmonaire. Cette défaillance peut ainsi se traduire par une hypertension artérielle pulmonaire, qui a été très peu étudiée, à la fois cliniquement et expérimentalement. Dans l’ensemble, toutes ces défaillances hémodynamiques contribuent à l’aggravation des séquelles neurologiques à cause du faible débit sanguin qu’elles produisent. Afin de limiter ces désordres, nous proposons d’étudier deux gaz, le Monoxyde d’Azote et l’Argon dont les mécanismes d’action ciblent la fonction vasculaire et cardiaque. L’effet bénéfique de l’argon a été observé récemment dans un contexte de défaillance multi-viscérale mais son effet immédiat au cours d’une réanimation cardiopulmonaire est moins connu. Celui du monoxyde d’azote serait lié à son action vasodilatatrice pulmonaire bien connue dans d’autres contextes. Notre objectif est donc de déterminer si ces gaz pourront exercer également des effets dans un modèle expérimental d’arrêt cardiaque Nous évaluerons plus précisément les effets de ces deux gaz sur la pression artérielle pulmonaire et les impacts sur la performance cardiaque gauche.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’originalité de notre étude sera de comparer les effets de l’argon et du NO, tous deux susceptibles d’exercer des effets sur la circulation pulmonaire. Nous évaluerons précisément leurs effets sur la pression artérielle pulmonaire et les impacts sur la performance ventriculaire gauche, la baisse du débit cardiaque et l’état de choc.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Dans ce projet, nous évaluerons les effets de l’Argon et du Monoxyde d’azote sur la pression artérielle pulmonaire et la performance cardiaque ventriculaire gauche au décours d’un carrêt cardiaque. Nous utiliserons 50 porcs au total. Pour cela , tous les animaux seront soumis à une procédure chirurgicale et à un arrêt cardio-respiratoire. Des prélèvements sanguins à l’état anesthésié seront réalisés tout le long de la procédure. Les animaux seront mis à mort au terme des 2 heures de suivi après la réanimation cardio-pulmonaire.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Dans ce projet, les échecs de réanimation sont possibles chez les animaux, compte tenu de la difficulté du modèle. En cas d’absence de reprise de la circulation spontanée au bout de 30 min, la réanimation cardiopulmonaire sera interrompue. La mise à mort sera réalisée dans ce contexte précis.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis à mort en fin de protocole.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Compte tenu de la complexité de l’affection considérée, cette étude ne peut pas être mimée in vitro. Par conséquent, pas de remplacement envisageable.
2. Réduction
Le critère de jugement principal sera le débit cardiaque. Afin de montrer une augmentation du débit cardiaque de 30% dans le groupe traité par rapport au groupe Témoin, il nous faudra un effectif de 10 animaux par groupe (avec α=0,05 et β =0,8). Ce calcul permet d’utiliser le nombre d’animaux le plus faible possible pour conduire le projet présenté.
3. Raffinement
Les animaux seront maintenus sous anesthésie générale, avec administration d’antalgiques puissants, tout au long de la procédure
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Notre choix s’est porté sur l’espèce porcine compte tenu de sa proximité avec l’homme au vu de sa masse corporelle, de son anatomie cardiaque et des valeurs usuelles des paramètres hémodynamiques. Les porcs pèsent 30kg pour des raisons de maniabilité.