
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 25/09/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-356406)
360 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Modèles du syndrome de Barth, elles présentent dès la naissance un déficit de poids et un défaut cardiaque, et reçoivent un gavage deux fois par jour pendant cinq mois ainsi que des prélèvements de sang rétro-orbitaux, pour tester le repositionnement de quatre médicaments déjà commercialisés. La moitié est tuée pour prélèvements d’organes, l’autre moitié transférée vers une autre animalerie pour des analyses cardiaques puis tuée également. Le porteur affirme que le modèle cellulaire reste incomplet pour un « organisme tout entier » et conclut à la « nécessité » du modèle animal avant le passage à l’Homme.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le syndrome de Barth est une maladie liée à des déficiences mitochondriales et pricipalement caractérisée par une cardiomyopathie. Il existe pour l’heure aucun traitement curatif. Différents criblages sur des modèles cellulaires levure et humain du syndrome de Barth ont permis l’identification de composés actifs. Les composés testés sont déjà utilisés sur le marché pour le traitement d’autres maladies. Notre objectif principal pour ce projet est de valider chez le modèle murin l’efficacité des composés identifiés comme actifs dans des modèles cellulaires du syndrome de Barth. Notre approche est donc celle d’un reposotionnement thérapeutique. Le test chez la souris est un requis obligatoire avant le passage à l’homme. Si l’objectif est atteint, des tests cliniques chez l’homme pourront rapidement être mis en place et à plus long terme des traitements curatifs pour les patients pourront voir le jour.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus sont l’identification de candidats médicaments efficaces pour le traitement du syndrome de Barth pour lequel il n’existe toujours pas de traitement à l’heure actuelle.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les seuls gestes invasifs qui se feront sur animaux vigiles sont le gavage (2 fois par jour pendant 5 mois maximum; quelques secondes pour chaque geste) et les prélèvements de sang rétro-orbitaux (5 minutes maximum pour chaque geste). Si la procédure de gavage pose problème, comme des irritations, il pourrait y avoir éventuellement la pose de mini pompes 1 fois par/mois pendant 4 mois (de l’âge de 2 mois à 6 mois) où chaque intervention n’exéderait pas 10 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les demandes d’autorisation de projet (DAPs) précédentes nous ont permis de décrire de façon détaillée les caractéristiques du phénotype dommageable du modèle souris du syndrome de Barth : A l’echelle de l’animal entier un déficit de poids d’environ 20 pourcents est observé dès la naissance et un défaut cardiaque (echocardiographie) et musculaire (course sur tapis (treadmill)) est observé à partir de l’âge de 5 mois. Par ailleurs, il est à noter que les souris mâles modèles du syndrome de Barth sont stériles, qu’elles naissent avec un ratio non mendélien (10-12 pourcents au lieu des 25 pourcents attendus) mais qu’elles vivent comme les souris contrôles jusqu’à 8 mois (pas testé plus longtemps). Les nuisances/effets indésirables causés par les expérimentations (manipulations/gestes expérimentaux sur l’animal) sont classées de sévérité modéré. Les prélèvements sanguins rétro-orbitaux sur souris vivantes nécessitent une anesthésie mais n’induisent pas de conséquence sur le bien être de l’animal. Le prélèvement se fera dans un oeil différent d’une fois sur l’autre. Le gavage 2 fois par jour pourra à terme induire des irritations au niveau de l’oesophage mais afin de les réduire au maximum, le geste sera effectué par des personnes très expérimentées et les sondes de gavage utilisées seront adaptées à l’âge et au poids de l’animal . Les mises au points de gavage 2 fois par jour durant 3 mois lors d’une précédente DAP n’ont pas révélé de nuisances particulières.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Euthanasie de 180 animaux (la moitié du nombre total d’animaux) pour prélèvements de sang et organes. Ces prélèvements permettront de faire différentes analyses afin de déterminer l’efficacité du médicament à supprimer certains déficits mis en évidences dans les demandes d’autorisation de projet (DAP) précédentes. L’autre moitié (180 animaux) sera transféréé dans une autre animalerie (autre DAP acceptée) pour analyse par echocardiographie et course sur tapis (treadmill) et sera également euthanasiée afin de récupérer les organes pour analyses.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous utilisons des modèles cellulaires pour répondre à certaines questions, cependant, ces méthodes alternatives restent incomplètes pour l’étude de phénomènes physiologiques aussi complexes que les mécanismes impliqués dans le syndrome de Barth, puisqu’elles ne tiennent pas compte de l’ensemble des interactions existantes au sein d’un organisme tout entier. L’utilisation du modèle animal est donc une nécessité pour compléter nos résultats in vitro mais également pour procéder aux essais cliniques chez l’homme.
2. Réduction
Seules les expériences indispensables seront réalisées. Il n’y aura pas de répétition inutile d’expérience. Le nombre d’animaux nécessaire a été réduit au minimum, tout en permettant de garantir l’analyse statistique des résultats. Les mêmes animaux seront utilisés pour tous les gestes. Des travaux antérieurs ont montré des écarts types importants pour les différents paramètres analysés (analyse cardiaque, analyses biochimiques mitochondriales, expression des gènes). Cette variabilité impose de travailler avec des effectifs minimum de 8-10 animaux par groupe. Une analyse statistique adaptée des résultats sera réalisée.
3. Raffinement
Les demandes d’autorisation de projet (DAPs) précédentes nous ont permis la mise en place des conditions optimales pour le bien-être des animaux. Nous raffinons nos conditions d’expérimentation et d’hébergement pour le bien-être de nos animaux. En concertation avec la Structure chargée du Bien Etre des Animaux (SBEA), les animaux sont hébergés dans des cages aux normes (au minimum par 2 et au maximum par 5) suivant l’âge et le poids des animaux. De plus les cages sont enrichies par des jouets (maisons, copeaux, papier…). Les animaux sont surveillés quotidiennement. Le poids sera suivi 3 fois par semaine. Si un animal montre un problème de comportement, de locomotion ou autre (hors point limite), des mesures conservatoires seront prises: nourriture mouillée dans la cage, biberon à longue tétine, isolement si nécessaire jusqu’à ce qu’une amélioration soit observée. Si au bout de 48 heures aucune amélioration n’est constatée alors l’animal sera mis à mort. Points limites attendus: – poids des animaux modèles de la maladie (KO TAZ) inférieur de 20 à 30 pourcents dès la naissance : si on dépasse les 25 pourcents d’écart l’animal sera euthanasié – défauts ventriculaires: si on observe une tachycardie, une bradycardie, une arythmie ou une fréquence respiratoire anormale, l’animal sera euthanasié par la dislocation cervicale pour ne pas attendre et laisser souffrir l’animal. – points limites spécifiques à chaque geste développés dans chaque procédure. Pour les animaux KO TAZ, plus petits, de la nourriture sera posée au sol et les animaux contrôles, non malades (WT) seront séparés des KO dans les cages.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons choisi la souris comme modèle pour plusieurs raisons : – animal de petite taille, facile à héberger et à contentionner – modèle idéal pour la création de lignée : temps de gestation court (19 à 21 jours), – 6 à 15 souriceaux par portée – modèle très utilisé pour mimer les maladies humaines de par les 99% d’homologies entre son génome et le génome humain – modèle très bien maitrisé en terme de manipulation génétique. – le modèle souris du syndrome de Barth récapitule parfaitement les défauts observés chez les patients atteints de la maladie Les animaux seront utilisés dès le sevrage. jusqu’à l’âge d’environ 6-8 mois. Le déficit de poids se voit dès la naissance, il est donc intéréssant de pouvoir commencer le gavage des candidats médicaments au plus tôt. Notre demande d’autorisation de projet précédente a montré qu’on pouvait gaver au plus tôt sans problème dès le sevrage.