
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 19/10/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-875075)
216 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, les souris traitées étant tuées et les non traitées et leurs petits réutilisés. Des souris saines reçoivent une à trois injections d’anticorps dirigés contre des peptides de la fertilité, puis sont accouplées en trios pour mesurer le nombre de portées et de nouveau-nés. Le porteur indique que les injections intraveineuses peuvent provoquer saignement, inflammation, voire une opacification avec cécité. Il affirme que seul un « organisme complexe » comme la souris permet de prouver l’effet de ces anticorps, produits pour explorer un lien supposé entre Covid-19 et troubles de la fertilité.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les agents infectieux jouent un rôle majeur dans la physiopathologie des maladies auto-immunes et ce par divers mécanismes dont le plus important est le mimétisme moléculaire consistant à déclencher une réactivité auto-immune lorsque l’agent pathogène et l’antigène tissulaire humain sont structurellement similaires(1). L’épidémie de COVID-19 a incité les immunologistes, à étudier l’impact de l’infection par le SARS-CoV-2 sur la population humaine mondiale. La préoccupation est de savoir si l’infection peut déclencher une auto-immunité par le biais d’une réactivité croisée. Les anticorps formés contre le SARS-CoV-2 se lieraient aux protéines des tissus humains partageant des séquences communes avec la protéine SPIKE, entraînant une réactivité auto-immune. Pour exemple, plusieurs études ont indiqué que les patients atteints de COVID-19 produisent des auto-anticorps et qu’une partie d’entre eux développent des troubles auto-immuns pouvant par exemple conduire à une altération de la spermatogenèse et notamment de l’étape de spermiogénèse nécessaire à la maturation des spermatozoïdes . Une première analyse in-silico a permis d’identifier 4 peptides liés à la spermatogénèse qui partageaient au moins 5 acides aminés communs avec la protéine Spike du SARS-CoV-2. Nous avons découvert que les patients infectés par la COVID-19 développaient des anticorps contre 2 peptides (peptide A et B dans l’étude) impliqués dans la spermiogénèse. Une analyse biochimique a prouvé que les anticorps anti-Spike S du virus Sars-COV2 peuvent reconnaitre les deux peptides A et B liés à la spermatogenèse chez les hommes mais également chez les femmes affectés par la COVID-19. Ce résultat indique l’apparition possible de nouveaux troubles de la fertilité et féconditité dans la population. Pour aller plus loin dans cette étude, nous avons produit des anticorps murins de sous-classe IgG réagissant avec les peptides A et B en immunisant des souris saines contre ces peptides. Le but de ce projet est d’évaluer la pathogénicité de ces anticorps en les administrant à des souris mâles et femelles saines et en déterminant leur effet sur la fertilité (nombre de portées) et la féconditité (nombre de nouveaux-nés)..
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les résultats de ce projet auront un impact à la fois sur la communauté scientifique et sur l’ensemble de la population. Cette étude permet de mieux comprendre les effets de l’infection par le SARS-Cov-2 sur les humains, en particulier la pathogénicité d’auto-anticorps sur le système reproducteur.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris mâles et femelles recevront 1 à 3 injections maximum d’une durée de 2 minutes chacune sur animal vigile ou anesthésié. L’accouplement est composé d’un trio : 1 mâle et 2 femelles. Temp d’accouplement 12 heures.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’administration dans la cavité abdominale peut induire une inflammation, une induration, un hématome ou une infection de la cavité péritonéale et l’administration Intra-veineuse peut induire un un saignement, une inflammation, une infection ou une opacification avec cécitéselon que l’animal recevra une injection ou au maximum 3. Ces injections pourront induire une douleur légère transitoire si réalisée une seule fois sur l’animal voire modérée transitoire si au maximum selon les résultats de l’étude pilote 3 injections devaient être réalisées.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les souris traitées seront mise à mort pour analyses ultérieures. Les souris non traitées et les souricaux seront réutilisés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le projet actuel représente la partie finale d’une étude plus étendue préalables visant l’identification des peptides partageant des identités de séquence avec la protéine Spike (S) du SARS-CoV-2 et les protéines liées à la spermatogenèse. Ensuite, elle a été suivie des studios dans les sérums des patients atteints de COVID-19 . Actuellement, le seul modèle disponible pour prouver le rôle des anticorps anti-peptides sur le système reproducteur est un organisme complexe comme le modèle murin. Aujourd’hui, notre objectif ne peut pas être atteint en utilisant des modèles cellulaires artificiels. Le modèle murin représente la meilleure stratégie pour générer des données qui peuvent avoir un impact translationnel futur pour l’homme.
2. Réduction
Le nombre d’animaux dans le projet est évalué selon les calculs de puissance visant à réduire l’utilisation d’animaux à un nombre minimum mais suffisant pour obtenir des résultats biologiquement valides et significatifs pour les objectifs de cette étude.
3. Raffinement
Nous avons établi des points-limites qui permettent de soustraire l’animal à la souffrance sur la bse d’une grille de score permettant d’évaluer l’état de santé des animaux ainsiq ue la douleur. L’injection intra-veineuse est réalisée sous anesthésie. Afin de réduire la douleur, une goutte d’anti-douleur sera ajoutée après l’injection. Les souris sont logées en groupe social et chaque cage sera équipée de matériaux de nidification pour que les mères puissent construire le nid et d’un bâton à ronger.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris ont un génome très proche de celui de l’homme et elles développent des pathologies similaires à celles observées chez l’homme. De plus, le modèle murin a un taux de reproduction élevé permettant d’obtenir rapidement des résultats. Les souris CD1 sont utilisées à l’âge de 6-8 semaines après avoir atteint leur maturité sexuelle.