
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 25/10/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-905446)
170 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, 50 opérées sous anesthésie et tuées avant tout réveil. Gavées une fois ou pendant sept jours avec un inhibiteur de JAK, elles subissent ensuite soit un prélèvement de sang terminal à l’aorte, soit la provocation d’une thrombose de la carotide sous anesthésie, pour confirmer que ce médicament de la polyarthrite favorise la formation de caillots. Le porteur signale que le gavage peut perforer l’œsophage ou provoquer une fausse route avec du sang dans la bouche, et que l’anesthésie peut perturber la respiration. Il affirme qu’il est « impossible » de remplacer la souris par des modèles in vitro pour étudier la thrombose.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La famille JAK (Janus Kinase) comprend 4 membres (JAK1, JAK2, JAK3 et TYK2) qui sont liés à des récepteurs appelés tyrosine kinases. Ce sont des enzymes qui sont responsables de la régulation de nombreuses fonctions cellulaires liées au système immunitaire. Les inhibiteurs de JAK ont un impact sur les maladies auto-immunes, comme la polyarthrite rhumatoïde. Cependant, l’utilisation d’inhibiteur universel de JAK, qui ciblent tous les membres de la famille, dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, pourrait présenter un risque de formation accrues de caillots sanguins. L’objectif de ce projet est de confirmer l’effet d’augmentation de formation des caillots sanguins d’un inhibiteur universel de JAK à l’aide de modèles expérimentaux in vitro, ex vivo et in vivo.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus du projet seront de mieux comprendre l’effet de l’inhibiteur universel de JAK afin de permettre une meilleure prise en charge des patients atteints d’arthrite rhumatoïde i) sur la fonction des plaquettes,ii) l’hémostase qui est un processus qui permet au corps de stopper un saignement. L’hémostase « colmate » une blessure par exemple en formant un caillot qui va arrêter le saignement et iii) la thrombose artérielle qui va correspondre à la formation d’un caillot dans un vaisseau sanguin. Ce caillot peut obstruer partiellement ou complétement le vaisseau et ainsi entrainer des problèmes de circulation sanguine et des complications médicales.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Ils seront soumis à un gavage en administration unique ou répété sur 7 jours sur animal vigile. Le gavage d’un animal prend environ 2 minutes, un prélèvement de sang terminal à l’aorte abdominale sous anesthésie qui dure environ 10 minutes ou à une thrombose à la carotide sous anesthésie qui dure environ 1 heure.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Une des complications attendues est un impact de l’anesthésie (nécessaire au prélèvement de sang à l’aorte abdominale et au modèle de thrombose) sur le rythme respiratoire (irrégulier ou apnée). Il existe également un risque de saignement au site d’incision lors du prélèvement de sang à l’aorte et du modèle de thrombose .L’insertion de la canule lors du gavage présente des effets indésirables tel qu’un risque de perforation. Un autre effet indésirable possible est le risque de fausse route lors de l’administration de l’inhibiteur universel par voie orale se manifestant par des difficultés respiratoires et/ou la présence de sang dans la bouche.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Le prélèvement à l’aorte est un prélèvement terminal car la quantité de sang prélevée est très importante donc il est nécessaire après prélèvement de mettre les animaux à mort. La formation d’une thrombose sur la carotide altère la circulation sanguine et donc la fin de la procédure nécessite la mise à mort de l’animal.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le but de ce projet est de confirmer l’effet pro-thrombotique du pan-inhibiteur de JAK en évaluant son impact sur la thrombose et les caillots sanguins à l’aide de modèles expérimentaux in vitro, ex vivo et in vivo. La formation de thrombose est un processus complexe car il implique différents types de cellules et des conditions spécifiques liées à la circulation du sang (vaisseaux, pression artérielle, flux sanguin). En raison de cette complexité, il est impossible de remplacer l’utilisation de souris par des modèles in vitro ne nécessitant pas de recours à la souris.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans cette étude est réduit au minimum, avec un nombre de 10 souris par groupe pour obtenir des résultats statistiquement significatifs.
3. Raffinement
Les conditions d’hébergement des animaux sont optimisées par l’enrichissement des cages avec des carrés de cellulose, bâtonnets de coton, frisure de papier, ce qui leur permet de compartimenter leur environnement selon leurs besoins. Les animaux sont plusieurs par cage afin d’éviter le stress causé par l’isolement. Les conditions de travail pour l’utilisation de modèles animaux ont été raffinées au maximum afin de limiter leur angoisse, stress et douleur lors des manipulations.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un animal facilement disponible et les modèles d’étude in vivo y sont largement répandus et maîtrisés. Des souris WT C57BL/6J seront utilisées dans ce projet. Les souris seront utilisées au stade adule entre 2 et 6 mois. Cet âge correspond à la période utilisant des souris pubères et ne présentant pas encore de vieillissement.