Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

24 poulets de chair vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils reçoivent par voie orale des oocystes du parasite Eimeria pour reproduire une coccidiose, une partie subissant aussi un prélèvement sanguin, avec pour signes attendus perte de poids, apathie et plumes ébouriffées. L’objet n’est pas de soigner ces animaux mais de produire du parasite pour des études in vitro, faute de pouvoir le cultiver au laboratoire. Le porteur met en avant l’ampleur économique de la coccidiose en filière avicole et conclut que l’usage d’animaux vivants comme réservoir est nécessaire.

NTS-FR-809870v2
Types de recherche
· Alimentation animale · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Coccidiose, Réservoir à oocystes, in vitro, Infestation, molécules anticoccidiennes
Poules : 24

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les coccidioses sont les affections parasitaires les plus dommageables en filière avicole, du point de vue économique et du bien-être et de la santé des animaux (coût mondial annuel estimé à plus de 12 millards d’euros selon ANSES, août 2022). Cette pathologie est causée par Eimeria, un parasite qui infecte l’intestin et y crée des lésions. Les conséquences de la coccidiose sont importantes : diminution de l’ingestion, inflammations, diarrhées hémorragiques, développement d’autres maladies intestinales, et dans le cas de certaines espèces du parasite, peut même causer une mortalité. Les Eimeria forment des oocystes selon un cycle de vie défini en « utilisant » les cellules épithéliales de l’intestin. Ces oocystes sont ensuite excrétés via les fientes qui sont le principal moyen de transmission entre les animaux. Il existe différentes formes de coccidiose, la forme chronique et la forme aigüe qui se caractérisent par des signes cliniques spécifiques des espèces Eimeria. Actuellement, les méthodes destinées à contrer la coccidiose reposent principalement sur l’utilisation de produits chimiques anticoccidiens et sur le développement d’une immunité contrôlée par addition d’antibiotiques ionophores dans l’aliments. Mais des résistances peuvent survenir très rapidement avec l’apparition de coccidioses subcliniques voire cliniques. Ces stratégies sont restées efficaces tant que de nouveaux médicaments étaient régulièrement introduits. Mais aucun nouveau produit n’ayant été proposé depuis l’an 2000, la sensibilité à tous les médicaments existants a diminué, favorisant l’apparition de souches plus virulentes du parasite. De plus, la demande de la société en faveur d’animaux élevés sans antimicrobiens, d’aliments exempts de résidus et l’utilisation prophylactique de produits chimiques anticoccidiens étant en croissance constante, il est nécessaire d’identifier de nouvelles molécules anticoccidiennes. Ce projet a pour but d’évaluer l’efficacité d’additifs alimentaires montrant des propriétés anticoccidiennes potentielles et agissant sur de nouvelles cibles moléculaires. Ces nouvelles approches de lutte contre la coccidiose devront être aussi efficace que les médicaments ou les combinaisons de médicaments actuellement utilisés et aboutir au développement d’un additif alimentaire anticoccidien. L’identification de nouvelles molécules anticoccidiennes repose sur des tests de criblage in vitro permettant de mesurer l’activité anticoccidienne avec différentes approches.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra d’identifier, à partir de test in vitro objectifs, des nouvelles molécules d’anticoccidien à destination des volailles pour faire face aux résistances des solutions actuellement disponibles, et répondre à une attente sociétale en développant une solution pouvant être classée en tant qu’additif alimentaire. L’impossibilité technique de cultiver in vitro Eimeria tenella nécessite d’utiliser des animaux comme réservoir naturel du parasite. Le nombre d’animaux est réduit à la stricte nécessité numérique du nombre de parasite nécessaire à la réalisation des tests in vitro et non à la recherche d’une production en masse du parasite, [[Modification du 15/11/2023: à la constitution d’ une banque de cellules d’animaux infestés par Eimeria sp. et à la détection de cytokines pro-inflammatoires dans les fèces pour valider une méthode d’analyse de la réponse immunitaire non invasive chez le poulet]]. Sur la base de résultats in vitro probants, un autre projet pourra être menée afin de valider in vivo l’efficacité des molécules candidates.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront élevés avec un aliment répondant à leur besoins nutritionels pendant 26 jours. A 21 jours d’age, une seule administration par voie orale à l’aide d’une seringue sans aiguille de 1 ml de substance sera réalisée sur chaque animal de la cage. Pour chaque administration, le temps de contrainte pour maintenir chaque animal ne dépassera pas 30 secondes et se fera progessivement en fonction de la déglutition de l’animal. [[Modification du 15/11/2023: Une partie des animaux (8 sur 24) sera soumise à un prélèvement sanguin, un volume de sang de 4 ml necessaire et suffisant à l’analyse des différents paramètres sanguins sera prélevé sur chaque animal. Pour chaque prise de sang, le temps de contention ne dépassera pas 1 min]].

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Signes cliniques pouvant apparaitre dès 4 jours après l’administration d’oocystes infectieux sporulés : baisse de consommation d’aliments, perte de poids, frilosité, apathie, plumes ébouriffées, position en boule. [[Modification du 15/11/2023: Inconfrot et stress dû aux prises de sang]].

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A la fin de la procédure, tous les animaux infestés seront mis à mort , ils ne peuvent pas être réutilisés.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’étude in vitro des parasites unicellulaires est un challenge scientifique et Eimeria n’y fait pas exception. Si des tests in vitro mimant le comportement infectieux existent comme l’invasion cellulaire avec des lignées de rein, il est n’est pas possible d’aboutir à un cycle complet du parasite et par conséquence à sa multiplication in vitro. La culture in vitro d’Eimeria tenella reste encore à l’heure actuelle impossible. Cette impossibilité technique de cultiver in vitro Eimeria tenella nécessite d’utiliser des animaux vivants comme réservoir naturel du parasite. Lorsqu’une méthode in vitro de multiplication du parasite sera disponible l’utilisation des animaux vivants ne sera plus nécessaire.

2. Réduction

3R / Réduction :

Dans ce projet, la procédure expérimentale mise en œuvre peut être considérée comme une étude exploratoire où l’on cherche uniquement à produire des oocystes. Seize animaux au total seront nécessaires lors des deux campagnes de production d’oocystes. Le nombre d’animaux est réduit à la stricte nécessité numérique du nombre de parasite nécessaire à la réalisation des tests in vitro dans un laps de temps évitant le développement de manifestations intestinales sévères chez l’animal (diarrhées sanglantes). Le but de ce projet n’est pas de rechercher une production en masse du parasite étant délétère pour l’animal. Le nombre de huit animaux par campagne de production d’oocystes permettra également d’améliorer les conditions d’élevage. En effet, le poulet de chair est une espèce qui a besoin d’un nombre minimum d’individu pour pouvoir mettre en place une hiérarchie sociale participant à son bien-être. Le nombre de huit animaux vivants par campagne de production d’oocystes ne semble pas pouvoir être encore réduit

3. Raffinement

3R / Raffinement :

L’inconfort, le stress de la contrainte lors du maintien des animaux dû au gavage, sont réduits par une manipulation empathique des animaux par les applicateurs de la procédure, une administration unitaire de la substance par voie orale à l’aide d’une seringue sans aiguille à un volume approprié à la taille de l’animal soit 1 mL et par une surveillance minutieuse quotidienne des animaux à l’aide de la grille d’observation. [[Modification du 15/11/2023: L’inconfort et le stress dus à la contention de courte durée et la douleur légère liée à l’introduction de l’aiguille lors des prises de sang sont réduits par une manipulation délicate des animaux maintenus en décubitus latérale, un prélèvement de faibles volumes de sang en fonction de la volémie, en piquant le plus haut possible dans la veine jugulaire (proche de la tête pour réduire la formation des hématomes) et par l’application d’un point de pression sur le site de prélèvement comme décrit dans le procédure interne « Geste technique sur animaux vivants : prises de sang » qui définit le volume limite de prélèvement sanguin et les périodes de récupération nécessaires Pas d’utilisation d’anesthésique local en vue du prélèvement de sang car cela nécessiterait de capturer deux fois les animaux (application du produit et réalisation du geste) entrainant un stress et un inconfort supplémentaire]]. Le raffinement des conditions d’hébergement consiste en la mise en place de papier filtre à l’intérieur de la cage pour éviter que les animaux ne se coincent pas les pattes dans les mailles de la grille tout au long de l’étude et en favorisant l’accès facile à l’eau et à la nourriture surtout en période de démarrage (J0-J8). L’accès à l’eau est facilité par la mise en place de coupelle d’eau en plus des pipettes et des godets récupérateurs d’eau. L’accès à la nourriture est affiné en mettant directement dans la cage sur le papier filtre un tas d’aliment. En plus, ajustement régulier de la hauteur des lignes d’eau ainsi que les ouvertures d’accès aux mangeoires en fonction de l’âge des animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les anticoccidiens recherchés constituent une solution contre la coccidiose aviaire des poulets de chairs (Gallus gallus domesticus) en élevage et sont destinés à être incorporés dans les aliments distribués aux volailles (poulet de chair). Notre modèle d’étude sera donc le poulet de chair (Gallus gallus domesticus) Les animaux livrés seront des poussins de 1 jour (poids moyen 40 g). Ils seront mis en stabulation en cages en batterie et seront élevés jusqu’à l’âge de 28 jours