Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

2 560 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles reçoivent des injections intrapéritonéales quotidiennes ou d’anticorps plusieurs fois par semaine, ainsi qu’une greffe de cellules de carcinome sous la peau, et développent des tumeurs cutanées pouvant gêner le déplacement et provoquer douleurs, vocalisations et agressivité. Le porteur teste des molécules ciblant l’immunité innée pour freiner la progression tumorale chez les patients atteints d’épidermolyse bulleuse dystrophique. Il indique avoir développé des modèles in vitro mais affirme qu’ils ne reproduisent pas la complexité de l’organe, d’où le recours aux souris.

NTS-FR-642080v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Cancer de la peau, Inflammation, Neutrophiles
Souris : 2560

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet a pour objectif d’évaluer l’impact de certaines drogues ciblant l’immunité innée dans la progression tumorale des patients atteints d’épidermolyse bulleuse dystrophique récessive qui est une maladie génétique rare de la peau caractérisée par la formation de cloques, de plaies chroniques, et un risque accru de développer des cancers de la peau. Nos résultats obtenus in vitro montrent que les molécules auxquelles nous nous intéressons et qui régulent l’immunité innée favorisent le développement tumoral. Nous voulons maintenant transposer nos résultats in vivo chez la souris pour tester différentes drogues inhibitrices de l’action de ces molécules d’intérêt en prenant pour hypothèse qu’elles diminueront de la progression tumorale.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Notre étude, si elle est concluante, ouvrira des perspectives thérapeutiques pour traiter l’épidermolyse bulleuse en particulier et également permettra d’acquérir de nouvelles connaissances fondamentales sur le rôle de certains molécules immunitaires dans le développement des tumeurs dans d’autre maladies.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

– Injections intrapéritonéale : 20 secondes x nombre d’injection (quotidien pour les inhibiteurs, 3 fois par semaine pour les anticorps) par animal. – Injection intradermique sous anesthésie : 30 secondes par animal – Manipulation pour prise de poids : 15 secondes par animal

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les signes cliniques attendus des animaux développant des tumeurs sont des problèmes de déplacements et des signes de douleurs (vocalisation, agressivité). Les effets indésirables définis comme toutes atteintes à une ou plusieurs des 5 libertés fondamentales définissant le bien-être des animaux placés sous la responsabilité de l’être humain, sont les suivantes : – Une altération du déplacement (faisant référence à une atteinte à la liberté fondamentale numéro 5 : liberté d’expression d’un comportement normal de son espèce). En effet, les animaux auront des tumeurs au niveau de la peau du dos, ce qui peux entrainer des problèmes de déplacements. – Des signes de douleurs (faisant référence à une atteinte à la liberté fondamentale numéro 4 : absence de douleur, de lésions et de maladie). En effet, l’apparition de tumeurs cutanées peut être à l’origine de douleurs, caractérisées par un comportement agressif de l’animal, des vocalisations, un manque de toilettage ou encore un dos vouté. – Des rougeurs peuvent apparaitre au niveau du site des IP (faisant référence à une atteinte à la liberté fondamentale numéro 4).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Une fois les animaux mis a mort, les tumeurs primaires seront prélevés pour analyse post mortem. Les critères d’analyses des échantillons utilisés seront l’évaluation i) de la taille des papillomes/carcinomes ; ii) de la présence de neutrophiles/NETs dans les papillomes/carcinomes ; iii) de la fibrose tumorale. De plus, nous ne considérons pas comme un échec qu’un traitement n’aboutissent pas à un changement du nombre/taille des papillomes/carcinomes puisque la compréhension de ce critère nécessite l’analyse histologique/biochimique des échantillons à la fin de l’expérience.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Nos recherches ont décrit les cultures in vitro comme une méthode de remplacement pour l’étude du développement tumoral métastatique. Nous avons déjà développé des modèles in vitro permettant de vérifier le rôle des Neutrophil Extracellular Traps sur les capacités tumorales de carcinomes squameux de patients atteints d’epidermolyse bulleuse dystrophique récessive. Ces cultures ne récapitulent pas la complexité de l’organe (notamment les relations entre les cellules tumorales et les neutrophiles et les fibroblastes), nous avons donc recours aux animaux.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux est choisi pour détecter toute différence significative sur le volume tumoral avec un nombre de souris minimum. Les tests statistiques nous permettant de calculer le nombre de sujets nécessaires pour comparer les valeurs moyennes des groupes expérimentaux ont été réalisés via des tests de prévision statistique. De plus, les résultats obtenus au laboratoire in vitro permettent de réduire le nombre d’animaux. De même, les résultats déjà publiés avec ce modèle nous permettent de connaitre la cinétique de développement de la maladie. Toutes ces données nous ont permis de générer une analyse statistique prévisionnelle permettant de réduire le nombre d’animaux utilisés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les souris Nude sont considérées comme une souche génétiquement altérée a phénotype potentiellement dommageable contenu de leur fragilité. Ainsi ces souris seront hébergées en condition SOPF (Specific Opportunist Pathogen Free) et cages individuelles ventilées. Les signes cliniques attendus des animaux développant des tumeurs sont des problèmes de déplacements et des signes de douleurs. L’implantation des cellules tumorales se fera sur un tapis chauffant, sans incision sous anesthésie générale. Afin d’évaluer le bien-être animal au mieux et de manière objective, nous avons établi des fiches d’évaluation du bien-être animal adaptées à cette procédure. L’état des animaux sera évalué 3 fois par semaine grâce à ces fiches d’évaluations et un score limite entrainera la mise à mort immédiate de l’animal. De plus, les résultats obtenus avec ce même modèle nous permettent de connaitre la cinétique de développement de la maladie et justifient les procédures proposées.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous souhaitons étudier le rôle des Neutrophil Extracellular Traps dans le développement de cellules de carcinomes squameux de patients atteints d’epidermolyse bulleuse dystrophique récessive. Le modèle murin est un excellent modèle pour élucider ces mécanismes car il présente de grandes similitudes génétiques et physiologiques avec l’espèce humaine. En outre, les modèles de tumeur primaire chez la souris sont couramment utilisés par la communauté scientifique, et nous ont déjà permis de dévoiler ; 1) le rôle des fibroblastes dans l’invasion tumorale 2) le rôle des Neutrophil Extracellular Traps dans le réveil des cellules tumorales ; 3) le rôle des Neutrophil Extracellular Traps dans la résistance aux chimiothérapies. De plus, le modèle d’implantation des cellules de carcinomes dans le derme de la souris a déjà été utilisé pour étudier le développement des carcinomes. Les injections de cellules de carcinomes squameux de patients atteints d’epidermolyse bulleuse dystrophique récessive seront réalisées sur des souris âgées d’au moins 8 semaines ce qui représentent l’âge adulte chez la souris. En effet, nous nous intéressons au développement des cancers de la peau chez l’adulte et non chez l’enfant. Les prélèvements des tumeurs sur les souris se feront au maximum 56 jours après injection des cellules tumorales (ou lorsque le point limite sera atteint).