
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/02/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-051393)
2 880 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Élevées pour reproduire la maladie de Huntington, elles portent une mutation qui provoque en vieillissant des symptômes neurologiques et moteurs que le porteur décrit comme visibles uniquement lors de tests comportementaux dédiés, sans les détailler. Maintenues sous forme hétérozygote, elles sont mises à mort à la fin de leur vie reproductive, vers huit mois, et leur cerveau est prélevé. Le porteur indique qu’aucune méthode alternative ne reproduit la complexité d’un organisme vivant et revendique la nécessité de générer ces animaux pour plusieurs projets.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Il s’agit d’un projet d’élevage et de maintien dans 2 établissements utilisateur de differents modèles de souris génétiquement altérés avec des mutations qui entrainent l’apparition de la maladie de Huntington comme dommage. Le but de ce projet est donc de générer les animaux nécessaires pour étudier cette maladie. L’utilisation de ces animaux est essentielle pour mener à bien plusieurs projets de recherche, qui vont nous permettre de répondre à des questions majeures sur les mécanismes de mise en place de la maladie de Huntington et aboutissant sur des innovations thérapeutiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’élevage et le maintien de ces lignées de souris ont pour but de générer le nombre d’animaux nécessaires à plusieurs projets de recherche tout en surveillant l’apparition de phénotypes dommageables et en assurant le bien être animal. Il n’existe pas de méthode alternative, autre que le recours aux modèles animaux, pour atteindre les objectifs des projets visant à mieux comprendre les mécanismes de mise en place de la maladie de Huntington et aboutir à des innovations thérapeutiques permettant de retarder la progression de la maladie, ou d’empêcher l’apparition des symptômes.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux de ce projet seront mis en reproduction et/ou maintenus en vie jusqu’à la fin de leur vie reproductive. Ces animaux vont développer en vieillissant la maladie de Huntington caractérisé par de symptômes neurologiques et moteurs légers qui ne sont observés que lors de certains tests comportementaux conçus à cet effet. Ces symptômes ne deviennent jamais handicapants pour l’animal et n’occasionnent pas de perte d’autonomie ni de perte de poids excessive.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux de ce projet ont un phénotype qui peut devenir dommageable avec l’âge. Pour la prise en charge de ce phénotype, les animaux seront toujours maintenus sous forme hétérozygote, qui se caractérise par l’expression de symptômes légers. Les symptômes neurologiques et moteurs associés aux modèles ne sont observés que lors de certains tests comportementaux conçus à cet effet. Ces symptômes ne deviennent jamais handicapants pour l’animal et n’occasionnent pas de perte d’autonomie ni de perte de poids excessive. Nous ne nous attendons donc pas à observer des altérations significatives de la qualité de vie des animaux, ni de morts prématurées dû au phénotype. Nous pouvons identifier 3 nuisances légères potentielles: 1) un stress léger pendant leur transport d’un établissement à l’autre; 2) un stress léger lors de la manipulation par l’expérimentateur pendant la mise en place des croisements; 3) un stress pour les mâles reproducteurs lors de leur isolement pour les mettre en croisement jusqu’à la fin de leur vie reproductive.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Étant donné qu’il s’agit d’élevage d’organismes génétiquement modifiés, l’ensemble des animaux sera mis à mort à la fin de leur vie reproductive.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous avons précédemment démontré que les modèles murins actuelles reproduisent plusieurs des principales caractéristiques pathologiques de la maladie de Huntington in vitro et in vivo, ce qui nous a permis de répondre à des questions majeures sur les mécanismes moléculaires de la maladie et d’aboutir à des innovations thérapeutiques dans les dernières années. Il n’existe pas de méthode alternative, autre que le recours aux modèles animaux, pour atteindre les objectifs de nos projets de recherche et reproduire la complexité d’un organisme vivant. De plus, nous avons développé de nouveaux modèles murins afin de pouvoir étudier le rôle de la protéine responsable de la maladie de Huntington en conditions physiologiques et pathologiques.
2. Réduction
Nous allons générer 2880 animaux pendant les 5 années du projet pour le maintien de 3 lignées différentes. Le nombre d’animaux a été determiné de manière à réduire au maximum le nombre d’animaux utilisé tout en gardant suffisamment d’individus pour ne pas compromettre la validité des expériences et nous permettre d’obtenir des conclusions scientifiquement solides pour l’ensemble des projets de recherche. L’ensemble du schéma d’élevage et de maintien des animaux proposé est en accord avec les recommandations des organismes compétents en matière d’élevage de souris. De plus, nous prélèverons le cerveau de tous les animaux générés à la fin de leur vie reproductive. Ainsi, nous pourrons les utiliser afin de mettre au point de futures expériences sans devoir générer d’autres animaux, dans un principe de réduction du nombre d’animaux utilisés pour nos projets.
3. Raffinement
Ce projet vise à concilier une interprétation fiable des résultats et le respect du bien-être animal. Comme expliqué plus haut, aucun effet indésirable majeur n’est attendu chez l’animal. Les animaux seront hébergés dans des cages équipées d’une litière stérile et d’un enrichissement prévu par l’animalerie permettant aux animaux de fabriquer leurs nids. Tous deux seront changés toutes les semaines. Les cages seront équipées d’un accès illimité à l’eau et à la nourriture standard, changés également toutes les semaines. Le transport des animaux sera effectué en cages occultées avec enrichissement et des croquettes mouillées dans la cage. Les groupes sociaux initialement formés dans les cages seront conservés lors du passage d’une animalerie à l’autre. Pour reduire au maximum leur stress lors de la manipulation pendant la mise en place des croisements, un seul manipulateur (zootechnicien ou utilisateur) réalisera ce geste. L’état de santé des animaux sera surveillé régulièrement par des mesures de leur poids jusqu’à leur mise à mort. En particulier pour les mâles reproducteurs isolés, nous surveillerons plus attentivement l’apparition de signes de stress (comme l’alopécie) et, si nécessaire, ils seront remplacés avant la fin de leur vie reproductive pour minimiser leur stress. L’état de santé des animaux sera surveillé pendant toute la durée de l’étude. Les animaux seront élevés dans des conditions répondant aux critères relatifs aux soins et à l’hébergement des animaux de l’Annexe II du 1er février 2013 de l’arrêté fixant les conditions d’agrément, limitant ainsi les angoisses qui pourraient être induites par l’environnement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Compte tenu de la similarité de son anatomie avec celle de l’Homme, la souris est un modèle de choix pour l’étude in vivo de la maladie de Huntington. Pour cela, nous utilisons des souris issues de la transgénèse classique. Les modèles murins permettent de comprendre le rôle de la huntingtine et de ses interactions au niveau d’un organisme entier. Les mâles et femelles reproducteurs hétérozygotes seront maintenus en vie jusqu’à l’âge de 8 mois, quand leur fertilité diminue de manière considérable. À ce stade, les symptômes neurologiques et moteurs associés aux modèles ne sont observés que lors de tests comportementaux conçus à cet effet mais ne deviennent pas handicapants pour l’animal et n’occasionnent pas de perte de poids excessive.