
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-03-22 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-678766)
Muscle masséter dissocié, crâne ouvert, artère cérébrale moyenne atteinte sous anesthésie pendant soixante-dix minutes, puis une IRM de trente-quatre minutes vingt-quatre heures plus tard : 250 souris vont être utilisées, dont dix opérées et tuées sans reprendre conscience, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Le porteur indique que les douleurs postopératoires, la perte de masse corporelle et des déficits fonctionnels sont attendus après l’induction de l’AVC. Il détaille en regard une couverture chauffante sous la moitié de la cage, de la nourriture humidifiée et un transport sans secousses. Les 250 souris sont tuées pour prélever les tissus destinés aux analyses immunohistochimiques.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Cette étude vise à comprendre le rôle de l’autophagie neuronale dans les processus de mort cellulaire et d’inflammation à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique. De plus, l’impact de la thrombolyse (injection de la forme recombinante de l’activateur tissulaire du plasminogène, rtPA) qui est l’actuel traitement pharmacologique en clinique lors d’un AVC ischémique, sur les processus d’autophagie neuronale sera également étudié dans ce projet. L’objectif de ce projet est d’observer la dynamique du processus autophagique neuronal et son impact sur la mort cellulaire et l’inflammation à la suite d’un AVC ischémique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet permettra d’apporter de nouvelles connaissances sur l’autophagie neuronale ainsi que l’impact du rtPA sur la mort cellulaire et l’inflammation cérébrale et ainsi nous permettra de proposer de nouvelles pistes pour de potentielles stratégies thérapeutiques en combinaison de la thrombolyse par rtPA.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à une chirurgie permettant une pose de cathéter caudal et l’accès à l’artère cérébrale moyenne par craniotomie sous anesthésie générale et couverture analgésique d’une durée de 70 minutes par animal. Les animaux seront également soumis à des acquisitions par imagerie par résonnance magnétique (IRM) à 24h après l’induction de l’AVC, sous anesthésie générale pour une durée totale de 34 minutes par animal.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances et effets indésirables étant susceptibles d’apparaître chez les animaux seraient des douleurs postopératoires après l’induction de l’AVC ischémique, notamment dû à la dissociation du muscle masséter pour procéder à la craniotomie. Les animaux sont susceptibles de perdent de la masse corporelle et de ressentir un stress après les anesthésies et l’induction du modèle d’AVC. Des déficits fonctionnels pourraient également survenir suite à l’AVC.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux utilisés au cours de ce projet (250 animaux) seront mis à mort. Les tissus récupérés seront necessaires pour les futures analyses immunohistochimiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les procédures expérimentales ne peuvent pas être remplacées par d’autres méthodes expérimentales n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants car des techniques de remplacement ne sont pas susceptibles d’apporter le même niveau d’information. Nous avons sélectionné le modèle présentant le meilleur compromis entre pertinence scientifique et sensibilité de l’espèce. La souris est avec le rat l’espèce animale la plus étudiée dans le domaine de l’inflammation et l’ischémie cérébrale. La physiopathologie est donc globalement établie, ce qui nous permettra d’interpréter nos résultats de manière fiable. L’ensemble des acquis et des connaissances dont nous disposons rend cette espèce particulièrement intéressante dans le cadre de notre étude.
2. Réduction
Nous utiliserons le nombre minimal d’animaux afin de souscrire au principe de réduction. Le nombre d’animaux utilisé est déterminé en fonction de la spécificité/sensibilité des méthodes utilisées, et selon nos travaux précédents publiés et la littérature. 250 souris seront nécessaires pour réaliser cette étude, et l’utilisation d’outils d’imagerie non invasive permettant de mesurer les lésions cérébrale et l’inflammation cérébrale permet de réduire significativement le nombre d’animaux utilisés. Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet (nombre d’animaux total :250) a été évalué par une analyse statistique.
3. Raffinement
Afin de souscrire au principe de raffinement, les animaux seront anesthésiés durant chaque procédure. Les expériences seront réalisées par du personnel qualifié en respectant les règles de bonnes pratiques de laboratoire pour le respect des animaux, tout en veillant à ne pas dépasser les points limites fixés au préalable. Le bien-être des animaux sera suivi bi-quotidiennement par du personnel qualifié 5j/7 et quotidiennement pendant les weekends et jours fériés et cela pendant toute la durée du projet. Les animaux seront hébergés dans des cages standards répondant aux normes européennes actuelles (Directive 2010/63/UE). Pour éviter de stresser les animaux, les cages seront isolées de tout bruit extérieur et l’accès à l’eau et à la nourriture sera ad libitum. Enfin, une importance particulière sera apportée au bien-être des animaux. Tout sera mis en oeuvre pour réduire l’angoisse, la souffrance et la douleur de chaque animal, pouvant être occasionnées pendant le projet. Les principes éthiques et les standards de raffinement seront utilisés jusqu’à la mise à mort de l’animal. Après le reveil des animaux à l’issu de la chirurgie, les animaux seront observés jusqu’à l’obtention d’un comportement animal normal. La moitié de la cage des animaux sera placée sur une couverture chauffante leur donnant le choix quant à la température de la cage. De la nourriture humidifiée sera déposée dans la cage pour un accès plus simple à l’alimentation après la chirurgie. Le transport des animaux en salle d’expérimentation sera réalisé en limitant les secousses et le bruit. La température en salle d’expérimentation est controlée et adaptée au bien être des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris (mus musculus) est l’espèce de référence pour l’étude de l’inflammation et l’ischémie cérébrale. L’anatomie et la physiologie de la circulation cérébrale sanguine de la souris sont également bien connues et sont semblables par leurs grands traits à celles de l’homme. L’ensemble des connaissances et des acquis dont nous disposons au laboratoire et dans la littérature rend cette espèce particulièrement intéressante pour étudier la thrombolyse, la neuroprotection et la réponse inflammatoire suite à un AVC ischémique. Les souris utilisées dans cette étude seront âgées de 8-20 semaines correspondant à un stade jeune adulte. Ce stade est classiquement utilisé dans la littérature dans l’étude de la neuroinflammation et des AVC.