
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 20/06/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-520752)
420 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue pour le prélèvement de leur rate, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Entre le septième et le dixième jour de vie, chaque souriceau a une phalange amputée aux ciseaux, en une dizaine de secondes, avec un point de compression en cas de saignement, à la fois pour l’identifier et pour le génotyper. Ces souris naissent dépourvues de lymphocytes T, et leur rate est prélevée pour fournir des cellules à des expériences menées in vitro. Le porteur écrit qu' »aucune nuisance n’est décrite ou attendue », l’amputation intervenant à un âge où les fibres nerveuses ne sont pas myélinisées, ce qui selon lui « minimise très fortement le risque potentiel de douleur ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les lymphocytes T participent activement dans la défense de notre organisme contre des pathogènes. le pathogène est présenté par des cellules spécifiques qui possèdent une dizaine de molécules co-stimulatrices, qui ne peuvent pas être récapitulées par des approches in vitro. L’objectif de notre projet est de récupérer les cellules présentatrices à partir de rate de souris ne possédant plus de lymphocytes T et les utiliser dans des expériences d’activation de lymphocytes T normaux ou mutés in vitro. Cela permettra de 1) d’avoir une source « pure » de cellules présentatrices d’antigène et 2) de fournir toutes les molécules co-stimulatrices nécessaires à une activation optimale de lymphocytes T.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus du projet sont de comprendre les mécanismes qui contrôlent l’activation et la polarisation des lymphocytes T, acteurs principaux dans le développement de pathologies autoimmunes et inflammatoires. Cela permettra d’établir de nouvelles pistes thérapeutiques pour le traitement de ces pathologies.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
La technique d’identification utilisée actuellement dans notre EU est la phalangectomie. Cette procédure est la seule technique permettant d’assurer l’identification des animaux et également de les caractériser génétiquement en une seule étape. Cette procédure sera réalisée entre les 7ème et 10ème jours postpartum, âge en dessous duquel les fibres nerveuses sont non myélinisées, conformément aux recommandations de la CNREEA. L’amputation s’effectue en une dizaine de secondes et sera réalisée par du personnel dument formé et habitué à ces gestes à l’aide d’une paire de ciseau aiguisé suivi d’un point de compression en cas de saignement.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
De par les conditions d’hébergement optimale, aucune nuisance n’est décrite ou attendue pour les souris en animalerie EOPS ou conventionnelle. Cependant, comme les animaux ne possèdent plus de cellules T, ils seraient susceptibles de développer des infections si les conditions d’hébergement ne sont pas adéquates, ce qui n’est pas le cas dans les conditions d’hébergement que nous leur offrons. Pour la phalangectomie, une douleur de courte durée pourrait survenir. Cependant, le prélèvement d’effectuant entre le 7ème et le 10ème jour, un stade où les gaines de myéline ne sont pas encore mises en place chez ces animaux, ce qui ne permet pas la transmission d’influx nerveux et minimise donc très fortement le risque potentiel de douleur.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort pour prélèvement d’organe
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
À l’état physiologique, l’activation optimale des lymphocytes T par les cellules présentatrices d’antigène met en jeu une dizaine de molécules de co-stimulation. In vitro, il n’est pas possible de mimer la stimulation de toutes ces molécules en même temps. C’est pourquoi il est nécessaire d’utiliser les cellules présentatrice d’antigène issues d’animaux. Il est donc impossible de remplacer l’utilisation d’animaux dans ce projet. Néanmoins, au cours de notre expérimentation, nous nous réservons la possibilité d’employer des méthodes alternatives et des modèles in vitro, dès que cela est possible afin de limiter au maximum l’utilisation d’animaux.
2. Réduction
Le but de ce projet est d’élever des animaux afin de purifier des cellules spécifiques de la rate pour des études d’activation de lymphocytes T in vitro. Le nombre d’animaux utilisés dans le projet est réduit à son minimum sans compromettre nos objectifs. Au total, 420 souris seront utilisées sur 5 ans.
3. Raffinement
Les animaux seront élevés dans une zone d’élevage spécifique seulement accessible par des zootechniciens. Cette zone protège les animaux de pathogènes spécifiques. Les animaux sont élevés dans des cages ventilées, avec de l’eau et de la nourriture à volonté. Des barrières physiques bloquent l’entrée de pathogènes et des contrôles sanitaires sont effectués régulièrement sur animaux sentinelles afin de s’assurer qu’aucune contamination par des pathogènes éventuels ne soit en cours. Aucun phénotype dommageable n’est décrit dans la littérature et attendu dans cette zone d’élevage spécifique. Afin de récupérer la rate, les animaux seront transférés dans une animalerie au statut sanitaire conventionnel. Les animaux seront élevés en groupe, dans des cages ventilées avec le matériel nécessaire pour qu’elles créent leur nid et leur permettre des conditions d’hébergement optimales. Un suivi règlementaire quotidien sera effectué. Dans ces conditions d’hébergement, nous n’attendons aucun phénotype dommageable.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le système immunitaire de la souris se rapproche de l’Homme, ce qui permet de travailler dans un modèle de référence pour l’étude des cellules T et de certaines pathologies comme les maladies auto-immunes associées à une dérégulation des cellules T. Pour ces raisons, les souris représentent un modèle de référence dans l’étude des mécanismes qui sous-tendent la pathogénicité des maladies auto-immunes, ce qui est l’objet de notre recherche. accouplement : Les animaux seront utilisés de 7 à 40 semaines maximum (âge maximum auquel nous avons observé qu’ils ne font plus de portées). élevage : Certaines fonctions des cellules présentatrices d’antigène peuvent être altérées pendant le vieillissement. Pour s’assurer que ces cellules, que nous utiliserons, ne subissent pas de modifications de leurs fonctions, nous utiliserons des animaux entre 4 et 15 semaines, ce qui correspond à un âge jeune à adulte.