Projet autorisé, résumé publié en juillet 2024 · Rédigé par le laboratoire au stade de la demande d'autorisation
Approche de thérapie génique dans un modèle murin de sclérose latérale amyotrophique
3 000 souris atteintes de sclérose latérale amyotrophique, suivies jusqu'à la perte de motricité, pour tester une thérapie génique, puis tuées.
3 000 animaux (souris) · dont 600 en souffrance modérée
Ce document a été rédigé avant l'expérience. Les souffrances qu'il décrit sont prévues et autorisées. Les bénéfices qu'il annonce sont espérés.
Les résumés non techniques ne rendent jamais compte des résultats obtenus, et aucune appréciation rétrospective n'est publiée en France. Rien ne permet donc de savoir si les bénéfices annoncés ont été atteints.
Les souris de ce projet portent une mutation qui leur fait développer une sclérose latérale amyotrophique, avec des difficultés motrices et des crises d’épilepsie que le porteur classe comme phénotype dommageable. 3 000 d’entre elles vont être utilisées, 600 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré et 2 400 un niveau léger. Chaque animal subit une biopsie de la queue vers sept jours, une injection intraveineuse de thérapie génique sous anesthésie, jusqu’à deux électromyogrammes de vingt minutes avec un risque d’automutilation, et jusqu’à treize tests de démarche répartis sur douze mois, les souris non traitées perdant leur motricité en fin d’étude. Les animaux injectés sont tués pour des analyses post-mortem, ceux de l’élevage dont le génotype ne convient pas également, les autres passant en « utilisation continue » dans les autres projets de l’équipe.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Ces résumés sont rédigés par les laboratoires à des fins de communication. Leurs affirmations scientifiques ne sont ni sourcées ni relues par les pairs. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent. → Comment lire un résumé non technique

Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-07-09 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-135155)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif du projet est d’évaluer l’effet thérapeutique d’une approche de thérapie génique pour la maladie de Charcot sur un modèle de souris de la pathologie. Ce projet sera divisé en 2 axes, le premier concernant l’élevage de la lignée de souris modèle de la pathologie et un second pour l’approche de thérapie génique et le suivi de l’efficacité.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le bénéfice du projet est d’établir la preuve de concept de l’efficacité d’une nouvelle thérapie pour la sclérose latérale amyotrophique chez un modèle de souris de la pathologie. Si l’efficacité est avérée pour l’une des thérapies testées cela pourrait permettre de proposer des essais cliniques chez l’Homme, et donc à long terme d’améliorer la prise en charge des patients atteints de maladie de Charcot, pathologie pour laquelle il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement curatif (8000 patients en France avec 1000 nouveaux cas par an en France).
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Un prélèvementde l’extrémité de la queue pour génotypage sera effectué une fois sur animal vigile de 7 à 10 jours et durera moins d’une minute par animal. – Les animaux ont une injection intraveineuse (durée 5 min) sous anesthésie générale – les animaux subiront maximum 2 électromyogrammes (durée 20min) sous anesthésie et analgésie adaptée – les animaux seront soumis à des tests comportementaux repartis sur 12 mois pour analyser leur démarche (2 min) donc 13 fois maximum durée 2 min , leur exploration spontanée (20 min) deux fois maximum Un prélèvement de sang sera réalisé sur les animaux (sous anesthésie) avant leur euthanasie (durée 2 min) Les animaux seront euthanasiés par une méthode règlementaire à la fin de la procédure. Les animaux pourront developper une atteinte motrice et presenter des crises d’épilepsie
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les effets indésirables possibles sont : – une légère et brève douleur au moment du prélèvement de l’extrémité distale de la queue pour le génotypage – un risque cardio-respiratoire et hypothermique durant l’anesthésie – un stress de l’animal lors des contentions et des manipulations, changements de pièces pour les tests comportementaux, la prise de sang – une perte de motricite en fin de vie pour les souris non traitées en fin d’etude – un leger picotement au niveau de la patte lors de l’electromyogramme et un risque d’automutilation – Un léger picotement lors des injections intrapéritonéales – un leger picotement lors de la prise de sang terminale – Les animaux utilisés dans ce projet ont un phenotype dommageable se traduisant par des difficultés motrices et des crises d’épilepsie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En fin de procédure tous les animaux injectés seront euthanasiés, car les prélèvements et analyses (histologique et biochimique) sont nécessaires en post-mortem pour recueillir nos données d’efficacité. Les animaux d’élevage seront maintenus au cours du projet jusqu’à l’âge de 6 mois maximum. Les animaux non porteurs des genotypes d’intérêt seront euthanasié. Les autres animaux de génotype souhaité seront en utilisation continue dans nos autres projets de recherche.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet vise à valider une thérapie génique pour la maladie de charcot incurable à l’heure actuelle chez l’Homme. Les modèles in vitro ont permis de mettre en évidence des effets au niveau moléculaire/cellulaires de cette approche ; elle nécessite à présent d’être validée dans un contexte physiologique de mammifère. Le tissu nerveux ne pouvant être accessible chez l’Homme et les essais thérapeutiques ne pouvant être testés directement chez l’Homme, il est essentiel de prouver l’efficacité de notre approche dans une étude pré-clinique chez la souris.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous limitons au maximum le nombre d’animaux par groupe de façon à obtenir des résultats fiables. Compte tenu de la littérature et des effets attendus, un test de puissance statistique a été utilisé pour déterminer le nombre minimum d’animaux nécessaires. De ce fait un nombre de 15 souris par groupe a été choisi, ce qui va nous permettre de limiter la variabilité inter-animale et inter-groupe, et de réaliser des tests statistiques fiables. Un nombre total maximal de 3000 souris sera nécessaire pour ce projet afin de générer les lots expérimentaux nécessaires ainsi que pour nos autres projets de recherche. Nous adapterons notre production à nos besoins expérimentaux et pourront donc générer moins de 3000 animaux.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans la réalisation de ce projet, La procédure a été mise en oeuvre afin de permettre une interprétation fiable des résultats dans le respect du bien-être animal en limitant au maximum la douleur et le stress. Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation. Les animaux disposent de nourriture adaptée à leur stade physiologique (gestation et allaitement ou animaux de stock) et d’eau ad libitum. En cours de procédure une attention particulière est donnée à nos animaux afin de garantir leur bien-être grâce à une surveillance quotidienne (points limites) et des soins adaptés. Le change (de la litière, abreuvement, nourriture) est réalisé 1 fois par semaine ou tous les 15 jours en fonction des besoins de la cage. Le milieu est enrichi à l’aide de carré de coton de bâtonnet de bois à ronger et si nécessaire supplémenté de lanières de kraft, et de maison de type celldom. Les animaux seront hébergés par 3 à 5 souris par cage ventilée au maximum, si nécessaire en cas d’agressivité de mâles les animaux seront séparés ou isolés. Un animal peut se retrouver seul lorsqu’il est le dernier animal de la cage et qu’aucun regroupement n’est possible (sexe, âge) avec des maisonnettes rajoutées dans ce cas en plus de l’enrichissement classique. Nous incluons dans notre étape d’injection uniquement des animaux en bonne santé, avec la mise en place de gel ophtalmique et la prévention de l’hypothermie en plaçant les souris sur un tapis chauffant. Un suivi rapproché est effectué au réveil. Le prélèvement pour le génotypage est limité à environ 1 mm à l’âge de 7-10 jours environ (moins de sensibilité à le douleur et cicatrisation rapide), c’est un geste rapide et maitrisé qui est réalisé dans un endroit calme par des personnes compétentes. Les prises de sang sont réalisées sous anesthésie et les electromyogrammes sous anesthésie et analgésie. Les tests de comportement sont réalisés en vigile par du personnel formé. Nous injectons un analgésique avant le produit euthanasiant
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif du projet est d’évaluer l’effet thérapeutique d’une approche de thérapie génique pour la maladie de Charcot sur un modèle de souris de la pathologie. Les souris ont entre 4 et 12 semaines pour l’évaluation de notre approche thérapeutique et seront suivies jusqu’à 12 mois maximum. Pour l’elevage les reproducteurs sont utilisés entre 6 semaines et 6 mois.