
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-07-18 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-649827)
Isolées cinq jours en cage individuelle puis privées de nourriture pendant vingt heures, 144 souris sont ensuite placées devant deux aliments au choix pendant vingt-quatre heures. Toutes seront tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Le but est de mesurer le rôle d’une hormone du foie, FGF21, dans la préférence alimentaire après un jeûne, chez des souris dont ce gène a été invalidé au niveau hépatique. Le porteur reconnaît que le jeûne peut provoquer une chute du glucose sanguin, une baisse de la température corporelle et une perte de poids importante, et que l’hébergement individuel stresse l’animal, tout en annonçant retirer de l’étude toute souris présentant un signe de souffrance.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le foie est un régulateur central du métabolisme et du dialogue avec les autres organes, notamment avec le cerveau pour assurer le contrôle du comportement alimentaire. Dans ce dialogue entre le foie et le cerveau, la protéine FGF21 (pour Fibroblast Growth Factor 21), une hormone produite de manière prédominante par le foie, exerce divers effets métaboliques parmi lesquels le contrôle de l’appétence pour le sucre et les protéines. FGF21 est aussi une hormone dont l’expression est fortement induite lors du jeûne. Dans ce projet, nous souhaitons approfondir les connaissances sur l’implication de FGF21 spécifiquement du foie dans le comportement alimentaire après une période de jeûne. Pour cela, nous utiliserons des souris mâles et femelles dont le gène FGF21 est invalidé au niveau hépatique spécifiquement. Ces souris, en comparaison d’animaux contrôles de type sauvage, seront soumises à un jeûne prolongé (20h) afin d’induire la production de FGF21 puis auront le choix entre 2 aliments différents afin d’évaluer le rôle de FGF21 hépatique dans la préférence alimentaire en réponse au jeûne.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les résultats obtenus permettront de définir le rôle de FGF21 d’origine hépatique dans la préférence alimentaire après une période de jeûne. En effet, si le rôle de FGF21 dans le comportement alimentaire est bien connu, il n’est pas décrit dans la littérature la préférence alimentaire dépendante de FGF21 hépatique induite par une période de jeûne.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront hébergés individuellement pendant 5 jours, dans des cages de permettant la mesure automatique de la prise alimentaire durant 3 jours pour l’habituation et mis à jeun pendant 20h puis seront renourris ad libitum avec 2 régimes au choix pendant 24 heures.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le jeûne peut induire une baisse du taux de glucose circulant et une baisse de la température corporelle, ainsi qu’une perte de poids importante. L’hébergement individuel entraîne un stress de l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Il n’y aura pas d’autres projets portant sur l’étude de la protéine d’intérêt, c’est pourquoi, tous les animaux seront mis à mort a la fin de la procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet nécessite l’utilisation d’animaux de laboratoire car les phénomènes biologiques étudiés (jeûne et comportement alimentaire) sont complexes et font intervenir différents tissus agissant en synergie (notamment foie et cerveau). Il est impossible de mimer ceci par l’utilisation de méthodes alternatives. L’utilisation de souris de laboratoire est appropriée car il est possible d’étudier la protéine d’intérêt (FGF21) grâce à l’utilisation de souris génétiquement modifiées.
2. Réduction
LLe nombre d’animaux pour ce projet est défini pour permettre d’une part de répondre aux questions scientifiques et d’autre part de respecter la réduction du nombre d’animaux au maximum. Ainsi, nous utiliserons le plus petit nombre d’animaux possible qui est requis pour répondre à nos questions scientifiques et conduire à des résultats statistiquement significatifs. Le nombre d’animaux a été déterminé par un calcul de puissance et est basé sur des données provenant d’expériences antérieures du laboratoire. Ce nombre d’animaux est le nombre minimum nécessaire mais suffisant afin d’obtenir des résultats exploitables.
3. Raffinement
A leur arrivée à l’animalerie, une période de deux semaines minimum dans la salle d’hébergement collectif sera laissée aux animaux afin qu’ils s’acclimatent à leur nouvel environnement. Le change est hebdomadaire, et l’état des animaux est contrôlé au quotidien par le personnel dédié aux soins des animaux. Tous les animaux seront hébergés dans un environnement contrôlé (température, hygrométrie), calme dans les pièces et le cycle lumineux (12h/12h) sera inversé, ce qui permet de laisser aux animaux leur temps de repos. Des enrichissements du milieu d’hébergement (dômes de nidification et carrés de coton) seront disposés dans la cage afin de pouvoir se distraire, se cacher et fabriquer des nids. Au moment des expérimentations (mise en cage individuelle), une phase d’acclimatation sera appliquée durant trois jours en conditions de régime standard afin de vérifier que les animaux se nourrissent et s’abreuvent correctement. Les mangeoires et les biberons du système de mesure sont similaires aux cages domestiques typiques des laboratoires, ce qui permet une transition moins stressante vers le système, ils sont de plus, disposés à l’extérieur de la cage et facilement accessibles à la fois à l’animal et à l’expérimentateur Nous surveillerons l’apparence physique externe (Echelle d’évaluation des expressions faciales, affichée dans la pièce), le poids (pesée quotidienne) et le comportement des animaux. Des points limites seront mis en place pour l’évaluation de différents paramètres. Si un animal présente un signe de souffrance (inactivité, somnolence, respiration lente) après évaluation de ces paramètres, le critère d’arrêt sera atteint. L’animal sera aussitôt retiré de l’étude et replacé dans des conditions d’hébergement standard (hébergement collectif, régime standard et aucune procédure réalisée) après examen par le vétérinaire référent.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les animaux seront utilisés à l’âge adulte (7 semaines d’âge minimum) car le développement du foie est terminé et nous nous intéressons au métabolisme chez l’individu adulte. La souris représente l’espèce la plus adaptée au type de recherche que nous menons. Cet animal nous permet d’obtenir des analyses fines du comportement alimentaire. Enfin, cette espèce a été bien étudiée par la communauté scientifique et nous disposons maintenant d’outils génétiques spécifiques à cette espèce et d’intérêt dans le projet. Nous utiliserons des souris mâles et femelles car le métabolisme énergétique est différent selon le sexe. Il serait incorrect d’extrapoler les données obtenues chez les mâles aux femelles.