
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-07-23 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-120092)
Greffées de cellules tumorales issues de patientes puis traitées directement dans le crâne, 330 souris femelles immunodéprimées développent des métastases des méninges. Les procédures sont classées sévères et toutes les souris sont tuées à l’issue pour prélever leur système nerveux central. Le porteur annonce des paralysies, des crises d’épilepsie, des maux de tête, des étourdissements, une perte de poids et des difficultés psychomotrices, auxquels s’ajoutent les effets des chimiothérapies injectées une fois toutes les deux semaines pendant six semaines. Il indique que des points limites sont définis et qu’un animal les atteignant sera tué, sans préciser lesquels ni à quel stade des atteintes neurologiques ils se déclenchent.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les métastases se développant dans les méninges issues de cancer du sein représentent chaque année plus de 1500 patients. Les perspectives actuelles de traitement ne permettent pas d’améliorer la survie des patients au-delà de quelques mois. Ce projet propose de développer pour la première fois des modèles robustes de métastases leptoméningées chez la souris, incluant les différents sous-types de cancer du sein. Partant de ce modèle, nous pourrions tester des traitements innovants et optimiser la voie d’administration de ceux-ci chez la souris, pour paver la voie à de futurs essais cliniques chez l’Homme.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le traitement actuel des métastases se développant dans les méninges est restreint et ne permet pas de prolonger la survie des patientes. Le frein majeur à l’amélioration des soins reste l’absence d’études robustes et de modèles. Grâce à ce projet, nous amènerons un modèle d’étude représentatif ainsi qu’une preuve de concept pour le test de nouveaux traitements et de nouvelles voies d’injections de ceux-ci.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
• Greffe cellulaire : 1 fois, 30 minutes • Injection intrapéritonéale : 3 fois, 2 minutes à chaque fois • Traitement intracrânien : 1 fois, 30 minutes • Traitement intraveineux : 1 fois/ 2 semaines, 5 minutes, 6 semaines
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux développeront des tumeurs intracrâniennes qui peuvent entraîner : – Des maux de tête – Des étourdissements – Des symptômes neurologiques (paralysie, crise d’épilepsie, etc.) – Une perte de poids liée au cancer – Des difficultés psychomotrices Les souris seront manipulées fréquemment, pour les mesures de poids (deux fois par semaine), pour les mesures de charge tumorale (une fois par semaine) pouvant générer du stress chez l’animal. Les injections de chimiothérapies peuvent s’accompagner d’effets indésirables tels que : – Nausées – Perte d’appétit – Fatigue Très rarement, les injections répétitives de traitements au même point d’injection peuvent engendrer des irritations ou infections locales.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort en fin de procédure pour collecter le système nerveux central, à des fins d’analyses histologiques et moléculaires.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Afin d’étudier le fonctionnement de cellules cancéreuses issues de patients et les cibles de traitements potentiels, nous développons des modèles in vitro et des modèles plus complexes de mini-organes en 3D. Cependant, ces modèles sont limités car ils ne représentent pas la complexité d’un être vivant (du fonctionnement des organes les uns par rapport aux autres et dans leur ensemble) et donc ne nous permettent pas de vraiment comprendre le fonctionnement de la maladie et des traitements, ils nous permettent seulement de faire des études préliminaires et d’orienter les recherches. Il est donc nécessaire d’utiliser des modèles animaux afin de pleinement valider leur application.
2. Réduction
On cherche à réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés par les expériences, en garantissant un nombre suffisant pour faire des conclusions qui s’affranchisse du hasard. Pour calculer ce nombre optimal, plusieurs paramètres doivent être pris en compte comme la prise de greffe ou la réponse aux traitements. Les groupes « contrôle » greffés mais non traités seront commun aux deux traitements tests afin de réduire de moitié leur nombre. Toutes les analyses seront faites avec des tests statistiques appropriés.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés en groupe dans un milieu enrichi pour limiter leur stress. En cas d’agressivité́ et afin de garantir le bien-être animal, les animaux pourraient être temporairement isolés (durée systématiquement inférieure à 24h, afin de limiter le stress chez les individus isolés). Les animaux seront surveillés quotidiennement par le personnel animalier lors du change et les personnes en charge de l’expérimentation afin de d’observer leur comportement, leur apparence et tous signes qui permettraient d’identifier des indications révélatrices de souffrance animale. Toutes les expériences et manipulations des animaux seront effectuées afin d’assurer le bien-être animal et de réduire au minimum le niveau de stress des animaux. Les animaux seront également suivis périodiquement avec des points limites définis. Si l’un des points limites définis est atteint, l’animal sera mis à mort. Avant toute intervention chirurgicale et pendant 48h post-greffe, des analgésiques seront injectés. Afin de mesurer la prise tumorale, les souris seront imagées par bioluminescence. La chirurgie et le suivi longitudinal par imagerie seront fait sur animal anesthésié. Pendant les anesthésies, les yeux des souris sont recouverts d’un gel protecteur pour éviter leur dessèchement. Afin d’améliorer les conditions d’anesthésie, l’animal est placé sur un tapis chauffant (30°C) dans le but de maintenir sa température corporelle.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons sélectionné la souris pour notre étude, car il a été démontré, par l’utilisation de cellules de cancer du sein, qu’elle était capable de développer la pathologie avec les mêmes manifestations que l’Homme. Les souris seront utilisées à partir de 6 semaines. A cet âge, les animaux présentent des caractéristiques adultes et sont réceptifs à la prise de greffes. Les individus sélectionnés sont exclusivement des femelles. Ce choix résulte du fait que la pathologie touche presque uniquement les femmes.