
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/08/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-960539)
40 000 souris vont être utilisées, à raison de vingt secondes chacune, le temps de percer un disque de 1,5 mm dans l’oreille d’un animal vigile. Les procédures impliquent un niveau de souffrance léger et aucune souris n’est tuée dans ce cadre, toutes étant gardées vivantes pour des études, des expéditions, une cryoconservation ou les prestations de services de l’établissement. Le prélèvement sert à revérifier le génotype d’animaux déjà génotypés une première fois, le porteur indiquant un taux d’erreur pouvant atteindre 15 %. Il présente ce contrôle qualité comme une façon de limiter la duplication des études et la production d’animaux, sans indiquer comment il arrive à 40 000 individus.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La recherche biomédicale utilise des lignées de souris génétiquement modifiées (GM). Ces souches de souris portent une ou plusieurs modifications génétiques dans leur génome, apportées par des technologies bien établies. Ces animaux GM visent soit à comprendre le(s) rôle(s) d’un gène, soit à reproduire une pathologie humaine pour en comprendre le développement et/ou tester des thérapies potentielles. Ces lignées sont donc des modèles d’étude pour la recherche biomédicale. Ces souches sont créées sur demande par les équipes de recherche, puis mises à disposition de la communauté scientifique via des banques qui archivent ces modèles sous forme de sperme ou d’embryons congelés. Pour mener à bien les études scientifiques, il faut que nous sachions si les souris GM produites par élevage sont porteuses de la bonne mutation ou non. Une procédure de biologie moléculaire, le génotypage, permet de détecter la présence ou l’absence de la modification génétique dans la souris (génotype). Ce génotype est déterminé chez l’animal à partir d’un prélèvement de tissu. Selon les études bibliographiques à ce sujet, l’application de cette procédure de génotypage n’est pas infaillible, avec un taux d’erreur pouvant aller jusqu’à 15% .Avant d’intégrer des souris dans une étude scientifique, de les archiver ou de les mettre à disposition des équipes de recherche, il est nécessaire de confirmer leur génotype. Ceci permet d’éviter toute incohérence dans les études et les résultats futurs, en tenant compte de ce taux d’erreur possible.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les techniques de génotypage ne sont pas infaillibles. Par ailleurs, en effectuant plusieurs centaines de biopsies par semaine, cela peut entraîner une contamination génétique d’une lignée, avec la détection d’une mutation différente de celle attendue. Les erreurs de génotypage peuvent avoir de multiples conséquences. Dans un groupe de souris dédié à une étude scientifique, la présence d’un mauvais génotype peut influencer les résultats de l’étude, rendant les conclusions plus ou moins convaincantes. Pour les lignées archivées, un génotypage erroné peut menacer la pérennité et la qualité des modèles congelés disponibles pour la recherche. En conséquence, la confirmation du génotype des animaux dédiés à une étude renforce la qualité, la robustesse et la reproductibilité de la recherche biomédicale. Elle améliore également la qualité des stocks de lignées archivées, bénéficiant ainsi aux chercheurs. Ce contrôle qualité, représenté par la confirmation du génotypage, permet de minimiser la duplication des études, la production d’animaux et la création d’une lignée génétiquement modifiée.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Nous prélevons une biopsie de 1.5mm de diamètre sur animaux vigiles à l’aide d’une pince spécialement dédiée et désinfectée. Cette procédure est réalisée une seule fois par animal et dure au maximum 20 secondes. L’animal est ensuite replacé dans sa cage d’origine.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le poinçon à l’oreille peut entrainer une douleur légère et de courte durée au site de prélèvement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de la procédure déclarée, les animaux sont gardés en vie pour être impliqués dans le cadre de nos prestations de services, dans une étude scientifique, une expédition ou une cryopréservation
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pas d’autre possibilité que le recours à l’animal vivant pour le projet de prélèvement de tissu.
2. Réduction
La réduction du nombre d’animaux utilisés et leur bien-être est une préoccupation permanente. Le raffinement de nos techniques de transgénèse, de procréation médicalement assistée et de cryoconservation permet de générer de moins en moins d’animaux pour l’ensemble de nos activités. Ceci permet de réduire de manière la quantité d’animaux générés et donc prélevés pour le génotypage.
3. Raffinement
La méthode de poinçon à l’oreille est éprouvée, précise, rapide et standardisée, ce qui limite les effets indésirables stress/douleurs sur les animaux. De plus, les animaux sont surveillés quotidiennement ce qui permet de faire un suivi de la cicatrisation dans le temps.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La majorité des projets menés dans notre institut utilise la souris comme espèce pour trois raisons principales: ses capacités de reproduction, ses caractéristiques génétiques proches de l’homme, et les techniques d’ingénierie génétique bien maitrisées. Il existe à ce jour, plusieurs dizaines de milliers de lignées génétiquement modifiées dans cette espèce. Les biopsies pour le re-génotypage se font après le sevrage des souris, soit à partir de 5 semaines d’âge. Les souris à regénotyper peuvent être plus âgées, en fonction du timing de la réalisation du projet.