Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Incapables de rejeter un greffon humain parce qu’elles sont immunodéficientes, 250 souris vont recevoir des fragments de tumeurs prélevées sur des patients opérés d’un cancer du rein. Toutes sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré et tuées à l’issue pour prélèvement de la tumeur. L’opération de greffe dure une dizaine de minutes sous anesthésie générale, puis une échographie est pratiquée tous les sept à dix jours pendant quatre mois au maximum. Ces greffes ne testent aucun traitement : elles amplifient des tumeurs pour constituer un stock de matériel destiné à des projets ultérieurs d’imagerie et d’évaluation thérapeutique, le porteur écrivant que de nouveaux modèles sont « nécessaires ».

NTS-FR-213397v1
Types de recherche
· Cancers · Recherche appliquée ·
Mots-clés
cancer du rein, greffes orthotopiques, imagerie ultrasonore
Souris : 250

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet a pour but d’amplifier plusieurs modèles tumoraux de cancer du rein à partir de prélèvements de patients. Les prélèvements sont obtenus à l’issue de la chirurgie des patients et des échantillons choisis avec un anatomopathologiste sont greffés sur des souris immunodéprimées afin de constituer des modèles tumoraux pertinents, permettant de conserver les caractéristiques de la tumeur primaire du patient. Plusieurs modèles de cancer du rein ont déjà été greffés et amplifiés avec succès et conservés. De nouveaux modèles sont nécessaires pour des études scientifiques d’imagerie et d’évaluation thérapeutique ultérieures.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La plupart des modèles précliniques de cancers du rein utilisent des lignées cellulaires et leur mise en culture pendant des années est probablement à l’origine de modifications génétiques expliquant leur manque de fiabilité. Les modèles in vivo de carcinome rénal ont longtemps été limités à des xénogreffes issues de ces lignées cellulaires, ne permettant pas de prédire des résultats oncologiques en recherche clinique humaine. Les greffes de tissu tumoral dérivées des patients et directement implantées chez la souris ont révélé une plus grande fiabilité pour prédire les réponses aux traitements systémiques. Cela est lié à la préservation des caractéristiques histopathologiques et moléculaires du cancer d’origine, qui permettent d’avoir un modèle plus réaliste des conditions observées chez les patients, mais également d’avoir un potentiel métastatique pour l’étude des carcinomes avancés, indication usuelle des nouveaux traitements systémiques. Les modèles déjà identifiés et conservés nécessitent d’être amplifiés afin de pouvoir être utilisés ultérieurement pour des projets en imagerie moléculaire afin d’identifier de nouveaux biomarqueurs, et pour l’évaluation de nouveaux inhibiteurs par rapport aux thérapies existantes.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les souris auront une seule procédure chirurgicale pour greffer la tumeur. L’intervention d’une dizaine de minutes sera réalisée sous anesthésie générale. Les souris seront ensuite suivies par imagerie échographique, technique non-invasive et indolore, à raison d’environ 1 échographie tous les 7 à 10 jours pendant un maximum de 4 mois. Pour l’ensemble des procédures, chaque animal est placé sur une table thermostatée, permettant de maintenir sa température corporelle.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Lors du suivi des animaux post-chirurgie, aucune perte de poids significative n’a été observée (jusqu’à 8% maximum). A ce jour les douleurs post-opératoires ne s’observent plus dès le lendemain et aucun comportement anormal n’a été observé entre les animaux opérés. Les nuisances se limitent donc à la gène modérée générée par la présence de tumeurs (qui sont surveillées par échographie).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A l’issue de la procédure expérimentale, tous les animaux seront euthanasiés pour prélèvement de la tumeur et utilisation future du matériel tumoral pour des recherches contre le cancer.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le recours aux animaux est indispensable pour reproduire, à partir des prélèvements de patients, un modèle oncologique proche de l’homme et de retrouver tout le microenvironnement tumoral permettant le développement des tumeurs et de se rapprocher au plus près des résultats qui pourront être observées par la suite en recherche clinique. Les modèles ainsi amplifiés, issus de tumeurs de patients, constituent une base de travail tout à fait pertinente à la fois pour des projets précliniques mais également pour des études in vitro pour l’identification de protéines et de biomarqueurs. Pour l’étude en cours, l’organisme entier étant indispensable pour récapituler les communications humorales et cellulaires du micro-environnement tumoral avec le reste des effecteurs de l’immunité, les organoïdes ou d’autres systèmes de culture cellulaire 2D ou 3D ne sont pas adéquats.

2. Réduction

3R / Réduction :

Au regard de la prise de greffe observée sur les 10 modèles sélectionnés (de l’ordre de 70%), de la croissance tumorale et donc du volume du matériel utilisable après prélèvement, nous avons déterminé statistiquement le nombre nécessaire d’animaux . En deçà de ce nombre, le volume de matériel tumoral de même passage serait insuffisant pour créer de nouvelles cohortes pour des études en cancérologie ultérieures. Les modèles seront uniquement amplifiés au fur et à mesure des besoins des études scientifiques pour réduire au minimum le nombre d’animaux utilisés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les étapes de ce projet ont déjà été validées au cours d’études préalables et les modèles de cancer du rein issus de patients ont été choisis à l’issue d’expérimentations in vitro et in vivo. Les différentes étapes sont optimisées et maîtrisées par un personnel qualifié pratiquant les gestes techniques couramment. La chirurgie est réalisée sous anesthésie générale avec un anesthésique local au niveau de la peau et dans des conditions stériles bien définies. L’animal est placé sur une table thermostatée permettant le maintien de la température corporelle de l’animal. Une surveillance quotidienne, permettant d’apprécier l’état général des animaux, est faite pendant toute la durée de l’expérimentation. Des points limites précoces ont été définis et seront appliqués pour le bien-être de l’animal. Un enrichissement de l’environnement est prévu tout au long du projet.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Toutes les études préalables réalisées sur souris ont confirmé la faisabilité technique du modèle de greffe sur souris avec un taux de greffe élevé, ainsi qu’une grande fiabilité du modèle avec une reproduction fidèle des caractéristiques macroscopiques, immunohistologiques, génétiques et du potentiel métastatique de la tumeur primitive d’origine. Pour ce faire, les souris nécessaires au développement de ces modèles réalistes issus de patients, sont des souris immunodéficientes, âgées de 6 à 9 semaines minimum au début du projet, mâles ou femelles.