
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-09-17 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-736169)
Injections intrapéritonéales, injections sous-cutanées, gavages à la canule métallique sans anesthésie et prélèvements sanguins submandibulaires répétés : 800 souris subissent ces actes sur animal vigile, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Le porteur reconnaît que le gavage peut provoquer une détresse respiratoire et un reflux, tout en affirmant que ses protocoles n’induisent « pas de phénotype » et pas d’autre stress que celui, « bref et modéré », de l’injection intrapéritonéale. L’enjeu déclaré est de comprendre comment deux kinases régulent la transformation des lymphocytes B en plasmocytes, étape que le porteur présente comme indispensable à la compréhension des lymphomes. Ni le nombre de prélèvements sanguins, décrits comme « itératifs à différents temps », ni le nombre d’immunisations, « soit unique ou répétée selon les expérimentations », ne sont précisés.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les lymphomes sont des cancers des cellules du sang qui se développent à partir des lymphocytes B, cellules sanguines du système immunitaire, qui sont anormalement bloquées dans leurs processus physiologiques de développement. Les lymphocytes B ont physiologiquement la capacité à devenir des plasmocytes, cellules essentielles de l’immunité dont le rôle est de protéger l’organisme contre les infections par des agents extérieurs. L’incidence de ces cancers est en constante augmentation et restent incurables en dépit de nouvelles thérapeutiques. Identifier les étapes critiques et les acteurs qui régulent physiologiquement la transformation des lymphocytes B en plasmocyte est essentielle car leur altérations ou perturbations est à l’origine du développement de ces maladies. Dans des études menées hors de l’organisme (in vitro), il a été montré le rôle de essentiel de certains facteurs dans ce processus. Cependant, ces modèles in vitro ne permettent pas de déterminer quand et comment ces facteurs agissent au sein des organes de l’immunité où se déroule la différenciation des lymphocytes B. A l’heure actuelle il n’existe pas d’étude menée chez l’animal démontrant le rôle de ces facteurs dans la différenciation des lymphocytes B en plasmocytes. Notre objectif est d’étudier leurs rôles dans différents modèles in vivo. Tout d’abord, nous évaluerons l’effet de l’inhibition (à l’aide d’une moélcules chimique) de ces facteurs sur la réponse immunitaire dans des souris sauvages (exemptes de modification génétique). Aussi, nous utiliserons un modèle de souris modifié génétiquement dans lequel l’invalidation génique de ces facteurs sera induite spécifiquement dans les lymphocytes B activés. Pour activer les lymphocytes B, nous immuniserons les souris selon différents protocoles. Cela consiste à introduire dans l’organisme un agent (petites molécules) dépourvues de pathogénicité (incapable de rendre malade) mais capable d’induire une réponse immunitaire en induisant la différenciation des lymphocytes B en plasmocytes. Cela nous permettra d’évaluer le rôle des facteurs clés dans la différenciation des lymphocytes B. Ce projet fera avancer les connaissances fondamentales sur la différenciation plasmocytaire normale, étape indispensable à la compréhension des mécanismes des lymphomes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Nos travaux devraient permettre une meilleure compréhension du rôle de certains facteurs dans la biologie du lymphocyte B normal au cours de la réponse immunitaire, étape indispensable à la compréhension des mécanismes à l’origine des lymphomes.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les immunisations seront appliquées sur l’ensemble des animaux (aucune anesthésie requise). L’ immunisation se fera par injection intra-péritonéale et sera soit unique ou répétée selon les expérimentations ; les injections se feront sur des animaux vigiles, et sont de très courte durée, de l’ordre de quelques secondes. L’injection d’une molécule spécifique pour l’étude de la prolifération sera réalisée dans certaines sexpérimentations. L’injection de cette molécule se fera sur des animaux vigiles en sous-cutanée ; elle est de très courte durée, de l’ordre de quelques secondes. Aussi, des prélèvements sanguins itératifs à différents temps après immunisation seront réalisés selon les procédures expérimentales décrites. Le prélèvement sanguin sera réalisé en submandibulaire et ne nécessite aucune anesthésie. Le prélèvement n’excèdera pas 1 minute. Enfin, des protocoles de gavage seront réalisés. Le gavage sera réalisé sans anesthésie à l’aide d’une canule métallique et l’introduction de la canule dans la bouche de l’animal sera de l’ordre que quelques secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Nos modèles de souris transgéniques ne devraient pas être à l’origine de phénotype dommageable. Dans notre modèle, l’invalidation génique des facteurs d’intérêt sera présente dans une population spécifique et minime de lymphocytes B activés et une population restreintes de plasmocytes, n’ayant donc pas de risque d’altérer la réponse immunitaire physiologique globale des animaux. Notre protocole d’induction de l’invalidation génique utilisé est un protocole standard largement décrit dans la littérature et n’induit pas de phenotype (nuisances ou effets indésirables) chez l’animal autre que les effets propres au geste du gavage (détresse respiratoire, reflux). Une molécule chimique (inhibiteur chimique de nos facteurs d’intérêt) sera utilisée à des doses décrites dans la littérature, sans risque d’induction de phénotypes (nuisances ou effets indésirables) chez les animaux. Notre protocole pour ce traitement chimique n’entrainera pas d’autres stress que ceux propres au geste du gavage (détresse respiratoire, reflux). Nos protocoles d’immunisations utilisés sont des protocoles standards largement décrits dans la littérature et n’induisent pas de phenotype (nuisances ou effets indésirables) chez l’animal, aussi bien à court terme (plusieurs jours) qu’à long terme (plusieurs mois). Ces procédures d’immunisation ne nécessitent ni anesthésie générale ni antalgie et n’entraineront pas d’autres stress que celui, bref et modéré lié à l’injection intrapéritonéale, sans forte douleur pour les souris.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de chaque procédure, les animaux seront euthanasiés afin de prélever les organes et fluides d’intérêts (sang et organes de l’immunité). L’exploration de ces organes est indispensable afin d’apporter des conclusions fiables sur lsur développement de la réponse immunitaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans des études menées hors de l’organisme (in vitro), il a été montré le rôle de essentiel de certains facteurs clés, des protéines à activité kinase, dans le processus de la différenciation des lymphocytes B. A l’heure actuelle il n’existe pas d’étude menée chez l’animal démontrant le rôle de ces facteurs dans la différenciation des lymphocytes B en plasmocytes. Cependant ces modèles in vitro ne miment que partiellement la réponse immunitaire et ne peuvent pas se substituer efficacement aux analyses menées dans un organisme vivant car elles ne prennent pas en compte la complexité des organes où se produit la réponse immunitaire. L’utilisation d’un modèle animal, et le cas échant de la souris, est donc indispensable pour confirmer nos observations.
2. Réduction
Dans l’intérêt de réduire le nombre d’animaux utilisé, les expérimentations ont été mises en place de manière à utiliser le moins possible de souris, en extrayant le plus d’informations, notamment en utilisant plusieurs organes et fluides d’intérêt (sang et organes de l’immnité) pour réaliser les différentes analyses sur un même animal. Enfin les protocoles d’immunisations seront réalisés successivement afin de définir les meilleures conditions expérimentales pour notre étude et uniquement si les résultats obtenus justifient de réaliser un autre type d’immunisation. Pour nos explorations sur les modèles d’invalidation, les expérimentations seront faites parallèlement sur tous les modèles (différents gènes invalidés) afin d’utiliser le même groupe contrôle et donc de miniser l’utilisation d’animaux contrôle. Pour chaque étude, nous réaliserons des groupes de 8 animaux par génotype ou traitement, ce qui nous permettra d’obtenir des statistiques fiables et publiables.
3. Raffinement
Les animaux sont élevés dans des conditions adaptées à savoir des locaux confinés, des portoirs ventilés, de l’eau et de la nourriture ad libitum, ainsi qu’un maximum de 5 animaux/cage. Aucun animal ne sera maintenu seul dans sa cage. Également, afin de raffiner les conditions de vie des souris, des soins adaptés sont mis en place afin de permettre une bonne récupération des animaux et un suivi optimal est instauré afin de soulager voire supprimer l’inconfort, mais aussi la détresse ou l’angoisse qu’ils pourraient éprouver. Le raffinement est aussi obtenu par la mise au point de procédures rigoureuses et la formation du personnel.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous souhaitons évaluer in vivo le rôle des certaines facteurs clés u cours de la différenciation des lymphocytes B suite à une immunisation. La souris est un modèle de choix pour l’étude in vivo des réponses immunitaires. Différents modèles murins seront utilisés. La maturité du système immunitaire chez la souris est optimale à l’âge adulte (environ 2 mois), ainsi nos études seront effectuées uniquement sur des animaux adultes à partir de 8 semaines d’âge.