
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 02/10/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-298185)
Les souris homozygotes de cette lignée sont conçues pour démyéliniser: dysfonction mitochondriale, dégénérescence du cervelet, convulsions et mort précoce vers l’âge de trois mois. 2 250 souris au maximum vont être produites sur cinq ans, dans un projet d’élevage classé en souffrance légère au titre de la seule procédure déclarée, un prélèvement de l’extrémité de la queue sur des souriceaux de sept à dix jours. Les porteuses des génotypes utiles partent vers d’autres projets à vingt-et-un jours, les reproductrices sont gardées jusqu’à huit mois, et les souris non porteuses sont tuées parce que leur modification génétique interdit tout replacement. Le RNT ne dit pas combien de souris homozygotes seront produites ni combien exprimeront le phénotype dommageable, alors que c’est là que se concentre la souffrance de la lignée.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La maladie de Pelizaeus-Merzbacher est une maladie génétique rare de la famille des leucodystrophies. Elle fait partie des leucodystrophies hypomyélinisantes caractérisées par un déficit permanent de myéline (une substance qui sert à isoler, à protéger les axones des neurones comme une gaine isolante autour de fils électriques et qui joue un rôle important dans la propagation rapide de message nerveux d’un neurone à l’autre) au niveau du cerveau. Cette maladie touche surtout les enfants avec des retards de développement important qui impactent à la fois les fonctions motrices et cognitives. La mise au point d’un traitement est un point crucial pour les patients atteints de cette maladie génétique rare, qui ne bénéficient actuellement d’aucune solution thérapeutique. L’objectif du projet est d’élever une lignée de souris génétiquement modifiées, modèle de la maladie de Pelizaeus Merzbacher afin de générer nos lots expérimentaux qui permettront d’évaluer l’effet thérapeutique de différentes approches thérapeutiques par la suite.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La maladie de Pelizaeus-Merzbacher (ou PMD) est une maladie génétique rare de la famille des leucodystrophies. Sa fréquence est de 1 pour 100 000 naissances. Il n’existe à ce jour aucun traitement curatif pour cette pathologie. Le bénéfice du projet sera de maintenir notre lignée modèle de cette pathologie afin de générer des lots expérimentaux pour différents projets de recherche pour l’évaluation de nouvelles stratégies thérapeutiques qui nous l’espérons, contribueront à améliorer la vie des patients. A plus long terme ce projet pourrait donc permettre d’améliorer les connaissances sur la PMD et contribuer à l’amélioration de la prise en charge des patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Un prélèvement de l’extrémité de la queue pour connaitre le patrimoine génétique des animaux sera effectué une fois sur animal vigile de 7 à 10 jours et durera moins d’une minute par animal.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables possibles sont : une légère et brève douleur au moment du prélèvement de l’extrémité distale de la queue pour le génotypage. La lignée présentera un phénotype dommageable chez les animaux homozygotes generé se traduisant par une démyélinisation des axones, une dysfonction mitochondriale aggravant la dégénérescence du cervelet, suivie d’une mort précoce des animaux à l’âge de 3 mois en lien avec des crises de convulsions, cependant les reproducteurs heterozygotes ne developpent pas de phenotype dommageable et les animaux générés seront transférés en procédure dans d’autres DAP à 21jours. Enfin, les animaux pourront ressentir un stress lors des manipulations.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
En fonction de leur patrimoine génétique, une partie des animaux sera dirigée vers d’autres projets de recherche, en utilisation continue. Les animaux d’élevage et les animaux non porteurs des génotypes d’intérêt seront euthanasiés par une methode réglementaire car ils ne pourront pas être réutilisés dans d’autres projets ou replacés du fait de leur modification génétique.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le projet vise à maintenir une lignée de souris génétiquement modifiées modèle de la maladie de Pelizaeus Merzbacher, afin de générer des lots expérimentaux pour l’étude d’approches thérapeutique de cette pathologie . Les modèles in vitro (lignées immortalisées/cultures de neurones primaires) nous permettront au préalable de mettre en évidence des effets au niveau moléculaire/cellulaire de nos approches thérapeutiques mais il restera toujours indispensable de valider les résultats obtenus dans un contexte physiologique de mammifère. Le tissu nerveux ne pouvant être accessible chez l’Homme et les essais thérapeutiques ne pouvant être testés directement chez l’Homme, il est essentiel de recourir à des études pré-clinique chez l’animal. La souris représente un modèle pertinent dans notre cas puisqu’un modèle de la maladie de Pelizaeus Merzbacher associé à la mutation génétique que nous voulons cibler a été créé chez cette espèce.
2. Réduction
Du fait de la nature du projet (élevage), il n’y aura pas de tests statistiques. Nous piloterons notre élevage afin de ne produire que le nombre d’animaux nécessaires pour correspondre à nos besoins stricts pour les projets de recherche et le maintien de notre lignée. Nous prévoyons donc de produire au cours du projet un nombre total maximal de 2250 souris afin de constituer nos cohortes d’étude. Nous contrôlerons les accouplements pour générer uniquement les animaux nécessaires, ainsi, en fonction de nos besoins expérimentaux au cours des 5 années du projet il est possible que nous produisions finalement moins que ce nombre maximal. Les animaux produits seront en utilisation continue dans des projets d’évaluation de thérapies dans lesquels les effectifs par groupe auront été définis à l’aide de tests de puissance statistique afin d’inclure uniquement le nombre d’animaux nécessaires pour obtenir des résultats statistiquement exploitables. De plus nous inclurons dans ces groupes les mâles et les femelles générées, en effet nous pouvons utiliser les 2 sexes dans ce modèle murin préclinique car la mutation d’intérêt n’est pas liée au sexe comme chez l’Homme, ce qui limitera le nombre d’animaux à produire.
3. Raffinement
Dans la réalisation de ce projet, la procédure a été mise en œuvre afin de permettre une interprétation fiable des résultats dans le respect du bien-être animal en limitant au maximum la douleur et le stress. Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation, les animaux seront hébergés en groupe avec un enrichissement, et un accès à l’eau et à la nourriture à volonté. En cours de procédure une attention particulière est portée à nos animaux afin de garantir leur bien-être grâce à une surveillance quotidienne par la zootechnie et la mise en place de points limites et de soins adaptés. Le prélèvement pour le génotypage est très petit et réalisé sur un jeune animal (moins de sensibilité à le douleur et cicatrisation rapide), c’est un geste rapide et maitrisé qui est réalisé dans un endroit calme par des personnes compétentes. Les reproducteurs seront conservés jusqu’à l’âge de 8 mois pour conserver des capacités de reproduction optimales. Dès que les animaux homozygotes exprimeront le phénotype dommageable, c’est-à-dire à 12 jours environ, nous les surveillerons et mettrons à leur disposition un soutien alimentaire directement dans la cage afin de favoriser leur alimentation. Nous choisirons un schéma d’accouplement entre hétérozygotes afin de limiter l’expression du phénotype dommageable aux animaux nécessaires pour les évaluations thérapeutiques uniquement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Pour notre projet, nous avons besoin d’un modèle de la pathologie afin d’étudier les effets de nos approches thérapeutique de la maladie de Pelizaeus Merzbacher. De nombreux modèles de souris génétiquement modifiés ont déjà été mis au point, et il existe chez la souris un modèle particulièrement pertinent pour cette pathologie que nous avons donc sélectionné pour notre projet. Les animaux reproducteurs seront utilisés de l’âge de 2 mois environ jusqu’à 8 mois. Les petits produits seront prélevés d’un fragment de queue à l’âge de 7 à 10 jours pour connaitre leur patrimoine génétique. Les animaux porteurs des patrimoines génétiques d’intérêt pour nos projets de recherche seront transférés dans ces projets (utilisation continue) à l’âge de 21 jours.