
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/10/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-591654)
160 souris vont être utilisées pour une seule injection dans l’orbite de l’œil, longue de moins d’une minute, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles peuvent développer des dysfonctionnements hépatiques et subir une gêne oculaire, puis toutes sont tuées pour que le foie et les autres organes cibles soient prélevés. L’objet déclaré est de vérifier si une protéine, la fascine, favorise le développement des cancers du foie pédiatriques. Le bénéfice annoncé se limite à « envisager le développement de nouvelles thérapeutiques », quand le porteur affirme que la culture cellulaire est « loin d’être un modèle représentatif » et qu’un « modèle physiologique complet » reste requis.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Notre travail au laboratoire s’intéresse particulièrement aux cancers du foie pédiatriques qui sont mutés pour une protéine qui favorise le développement des tumeurs. Une des cibles de cette protéine a un impact délétère sur la formation des canaux biliaires, structure importante dans la sécrétion de la bile dans le foie. Notre premier objectif est d’étudier ce phénomène chez l’animal pour voir les effets sur l’organisme en entier. Notre deuxième objectif est de vérifier l’implication de cette protéine dans le développement des tumeurs du foie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettrait de confirmer le potentiel oncogénique de notre protéine d’intérêt et ainsi envisager le développement de nouvelles thérapeutiques pour les cancers hépatiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront une injection retro-orbitale rapide (moins de 1 minute) ,160 animaux concernés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables attendus sur les animaux comprennent : 1/ un stress dû à la contention/préhension des animaux,2/ une gêne oculaire suite à l’injection en retro-orbitale, 3/ Les souris pourront développer des dysfonctionnements hépatiques.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin de chaque procédure, tous les animaux seront mis à mort par du personnel expérimenté afin de prélever les organes cibles et ainsi réaliser les analyses protéiques et histologisques nécessaires à la conclusion de l’étude La mort des animaux sera confirmée par l’absence de réflexes, de signes respiratoires et cardiaques
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Tous les tests cellulaires in vitro réalisés en amont de cette étude montrent les rôles importants de notre protéine d’intérêt dans les cancers du foie. Toutefois la culture de cellules in vitro est loin d’être un modèle représentatif, le microenvironnement tumoral permettant l’interaction des systèmes physiologiques avec la tumeur manque et nous éloigne de résultats pouvant directement être bénéfiques en clinique chez l’homme. Afin de confirmer nos premières observations in vitro nous devons donc avoir recours à un modèle physiologique complet et fonctionnel pour cette dernière étape : le modèle animal
2. Réduction
Nous combinerons nos lots témoins dans le but de restreindre le nombre d’animaux. Le nombre d’animaux nécessaires par lot ainsi que le nombre d’itérations expérimentales a été déterminé pour pouvoir réaliser des tests statistiques robustes.
3. Raffinement
Le bien-être de nos animaux sera pris en compte de leur naissance à leur mort, les animaux seront hébergés en groupe et l’enrichissement de leur milieu de vie sera systématique. Les animaux recevront une surveillance quotidienne et des soins adaptés (administration d’analgésiques et anesthésiques en pré et/ou postopératoire), mesure hebdomadaire du poids des souris, définition de points limites suffisamment précoces et mise en place de critères d’arrêt)
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utiliserons des souris immunocompétentes âgées de 8 à 12 semaines, modèle animal qui permet un développement reproductible des tumeurs avec un microenvironnement efficient, gage d’utilisation de moins d’animaux pour nos expériences