Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Produits sur place, dans une trentaine de lignées de souris et une lignée de rat, 20 000 souris et 1 000 rats âgés de 7 à 21 jours vont être identifiés et génotypés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque nouveau-né reçoit un tatouage digital ou une puce sous-cutanée, puis l’extrémité de sa queue est amputée, sans anesthésie ni analgésie locale, le porteur indiquant qu’un produit appliqué au bout de la queue serait léché par la mère. Hémorragie, rejet du nouveau-né par la mère et modification du comportement liée à la douleur figurent parmi les effets indésirables reconnus, présentés comme très rares. Les animaux au génotype recherché partent en expérimentation ou en reproduction, les autres sont réorientés vers d’autres projets ou vers la formation, et ceux qui ne trouvent aucun emploi sont tués.

NTS-FR-234278v2
Types de recherche
· Éthologie / comportement / biologie animale · Maintien des lignées génétiquement modifiées · Oncologie · Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
elevage, animaux génétiquement altérés, identification, genotypage
Souris : 20000
Rats : 1000

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif de cette demande est d’identifier et de génotyper l’ensemble des animaux génétiquement altérés produits dans notre Etablissement Utilisateur, le génotypage permettant d’identifier les animaux porteurs d’une modification génétique d’intérêt. Il s’agit d’un double geste technique invasif qui consiste en un tatouage digital ou en l’implantation d’une puce d’identification, suivi d’une biopsie de queue réalisé sur animal âgé de 7 à 21 jours. Cette demande d’identification et de génotypage se justifie par la nécessité de : – sélectionner les animaux d’intérêt pour l’expérimentation (inclus dans d’autres demandes d’autorisation de projet) – sélectionner les animaux d’entretien des colonies – sélectionner les animaux pour la formation, le maintien des compétences, les prélèvements d’organes ou de tissus pour des études ex vivo. Cette demande couvre environ une trentaine de lignées de souris et une lignée de rat.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les bénéfices attendus de la procédure d’identification et de génotypage sont de permettre une sélection des animaux d’intérêt, à la fois pour l’élevage, la formation, le maintien des compétences, les prélèvements d’organes ou de tissus pour études ex vivo. L’identification par tatouage/pucage permet : – d’identifier individuellement les animaux ; – d’identifier un grand nombre d’animaux ; – d’identifier les animaux de manière permanente ; – de ne pas mutiler les animaux ; – d’éviter le recours à l’anesthésie. Le génotypage par biopsie de l’extrémité de la queue permet : – l’obtention de résultats fiables; – de minimiser les risques de contaminations entre échantillons ; – d’éviter le recours à l’anesthésie.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux identifiés et génotypés sont soumis 1) à l’implantation en sous-cutané d’une puce ou en un tatouage digital ) 2) à une bisopsie du bout de la queue. L’implantattion d’une puce est réalisée une seule fois et le geste dure une dizaine de seconde. Le tatouage est réalisé une seule fois et la contention dure de 30sec à 1 min. La bisopsie de queue est réalisée une unique fois et dure 5sec.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

le tatouage ou l’implantation d’une puce d’identification et la biopsie de queue peuvent entraîner une légère douleur. La contention de l’animal durant ces gestes peut être source de stress. Dans de très rares cas, certains effets indésirables supplémentaires peuvent survenir : hémorragie, rejet du nouveau-né par la mère, modification du comportement liée à la douleur.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux ayant un génotype d’intérêt partirons en expérimentation ou seront utilisés pour perpétrer l’élevage. Les animaux dont le génotype n’a pas d’intérêt scientifique seront utilisés dès que possible dans d’autres projets ou pour formation. Les animaux ne pouvant être utilisés dans les projets, les formations ou l’élevage seront euthanasiés.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

A ce jour, les prélèvements non invasifs à base de salive ou de poils ne permettent pas de procéder à l’identification d’animaux génétiquement modifiés de façon fiable. Un doute sur les résultats conduirait à la nécessité de procéder à nouveau à des prélèvements. Une erreur se traduirait par la mise en accouplement d’animaux n’ayant pas les caractéristiques attendues. Cela impliquerait : une augmentation du nombre d’animaux produits inutilement ; la naissance d’animaux non viables ; l’utilisation d’animaux génétiquement sans intérêt dans des projets expérimentaux induisant des résultats erronés et non exploitables (si l’erreur n’est pas détectée précocement). Il est donc indispensable de recourir à une méthode fiable. Or il n’existe pas actuellement de méthodes non invasives aussi performantes que les tatouages/puçage et la biopsie de queue.

2. Réduction

3R / Réduction :

A ce jour, nous ne disposons pas d’autres moyens aussi efficaces nous permettant de sélectionner les animaux transgéniques. Le responsable de l’Etablissement et l’équipe de zootechnie établissent les plans d’élevage en amont, en concertation avec le porteur de projet, afin de réduire autant que possible le nombre d’animaux générés et donc d’animaux identifiés et génotypés. En outre, nous favorisons l’utilisation des animaux au génotype sans intérêt dans d’autres projets ou des formations afin de ne pas élever ces animaux à ces seules fins et de réduire le nombre d’animaux global produits dans l’Etablissement. De la même façon, certains animaux non utilisés dans les projets sont conservés avec d’autres animaux qui auraient été isolés sans cela.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les actes d’identification et de génotypage sont réalisés par un personnel expérimenté, formé par tutorat. La parfaite maîtrise du geste par les agents qualifiés permet de réduire l’inconfort et le stress ressentis par l’animal. Ces identifications et génotypages des animaux sont réalisés avec du matériel approprié permettant un geste rapide et précis dans le respect des conditions d’asepsie établies dans l’Etablissement. Par ailleurs, la procédure est réalisée dans une salle d’expérimentation calme. Enfin, dès que la procédure est terminée, les nouveau-nés sont remis en présence de leur mère. Sur nouveau-nés pas de médication envisagée car tout anesthésique local serait difficilement applicable au bout de la queue et serait ensuite léché par la mère, ce qui engendrerait des effets indésirables. Dans la balance bénéfice risque, ce sont les gestes maitrisés et les instruments appropriés qui sont garant du raffinement de la procédure pour limiter toute douleur, souffrance et stress. Des points d’attention précis (points limites gradés) et des mesures conservatoires adéquates sont établis en cas notamment de saignement, rejet de la mère ou perte d’appétit. Si les actions misent en place n’ont pas les résultats escomptés, l’équipe de zootechnie prends la décision sans délai de mise à mort d’un animal. Les animaux sont hébergés dans une animalerie agréée avec eau et nourriture ad libitum, dans des conditions de température et d’hygrométrie contrôlées, avec un cycle jour/nuit de 12h. Ils sont hébergés en groupe sociaux avec un enrichissement adapté pour reproduire les comportements naturels (tunnel/dômes pour se refugier, pelote de bois pour la nidification, bâtons à ronger) et leur bien-être est évalué quotidiennement par des personnels formés et compétents.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle utilisé dans ce projet est le modèle rongeur. La souris et le rat représentent une espèce de référence pour l’étude du système nerveux central chez les vertébrés supérieurs. L’organisation du système nerveux du rongeur permet une extrapolation raisonnable des résultats obtenus à l’espèce humaine. Par ailleurs, les rongeurs peuvent être manipulés génétiquement, fournissant des outils essentiels à la compréhension des mécanismes neurobiologiques et des mécanismes neuronaux impliqués dans de nombreuses maladies et déficits cognitifs. Grâce aux modèles transgéniques, il est aussi possible de relier les données de la génétique humaine des maladies à l’altération de molécules/récepteurs spécifiques dont la fonction peut être analysée avec des modèles précliniques de ces maladies. Les rongeurs sont donc des animaux sur lesquels les évaluations comportementales dans le domaine des neurosciences sont faciles à conduire et maitrisées au sein du laboratoire. Ce sont des animaux de petite taille dont l’élevage est facilement réalisable et peuvent donc être facilement hébergés au sein de l’animalerie de l’unité. Pour la plus grande majorité des lignées, les animaux sont identifiés et génotypés entre 7 et 21 jours, âge où les gestes sont réalisés plus facilement et plus rapidement car la contention est plus facile. La biopsie est également plus aisée à cet âge et moins douloureuse car le cartilage n’est pas encore complètement formé. A cet âge : – les animaux sont aisément manipulables ; – le cartilage est souple ; – les groupes sociaux constitués sont stables. Toutefois, certains animaux peuvent être identifiés et génotypés précocement si les projets expérimentaux auxquels ils sont destinés l’exigent. Nous éviterons autant que possible l’identification et le génotypage d’animaux adultes avec ces méthodes.