Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Une souris paralysée ou amaigrie jusqu’à un quart de son poids est mise à mort dès qu’un point limite est atteint. 2 500 souris vont être utilisées ainsi, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance légers à sévères. Les expérimentateurs déclenchent chez elles soit une maladie qui mime la sclérose en plaques, avec une paralysie remontant des pattes arrière vers l’avant, soit un lupus qui part d’une inflammation de l’oreille et se généralise sur huit semaines. S’y ajoutent des prélèvements sanguins jusqu’à quotidiens et jusqu’à trois ponctions de liquide céphalo-rachidien sous anesthésie. Les traitements plus efficaces annoncés sont renvoyés au moyen terme et au conditionnel, tandis que le porteur qualifie d' »indispensable » l’accès aux organes qui interdit de garder ces souris en vie.

NTS-FR-140250v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système immunitaire ·
Mots-clés
Interleukine 2, Lymphocytes B, Maladies auto-immunes
Souris : 2500

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet s’inscrit dans le cadre de nos recherches sur les maladies inflammatoires auto-immunes, qui constituent un enjeu majeur de santé publique. Il a pour objectif de faire progresser les connaissances en explorant les mécanismes inflammatoires communs à plusieurs de ces maladies. Dans la sclérose en plaques (SEP), l’organe inflammé est le système nerveux central, tandis que dans le lupus systémique, différents organes sont affectés. Ces deux maladies sont très invalidantes : la SEP est la deuxième cause de handicap acquis chez les jeunes adultes, après les traumatismes, et elles touchent majoritairement les jeunes femmes. Si les traitements ont connu des avancées, aucune thérapeutique ne permet encore de soigner ces maladies, les traitements actuels sont peu efficaces sur l’aggravation des symptômes avec le temps. Dans ce contexte, il est indispensable de poursuivre les efforts de recherche pour développer de nouveaux traitements. Pour cela, une meilleure compréhension du développement de la maladie, obtenue par l’étude de modèles pertinents chez la souris, constitue un prérequis essentiel. Nous proposons, dans ce projet, d’étudier le rôle d’une molécule, l’interleukine-2 (IL-2), dans la régulation des mécanismes inflammatoires impliqués dans la SEP et le lupus. La thérapie par l’IL-2 a montré un potentiel considérable lors d’essais cliniques chez l’homme en tant que traitement de ces deux maladies. Cependant, les cibles cellulaires de ce traitement ne sont pas encore toutes bien identifiées ce qui limite la compréhension des mécanismes biologiques sous-jacents freinant l’optimisation et l’élargissement de son usage thérapeutique. À l’aide de modèles souris mimant ces maladies, nous cherchons à mieux comprendre les mécanismes thérapeutiques de l’IL-2 au niveau cellulaire.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Nos travaux permettront de faire progresser les connaissances sur la physiopathologie de la SEP et du lupus, notamment en explorant les mécanismes inflammatoires impliqués. Le projet vise également à mieux comprendre les mécanismes thérapeutiques de l’IL-2. À moyen terme, ces travaux pourraient mener au développement de thérapies plus efficaces et mieux ciblées pour traiter les maladies inflammatoires auto-immunes, en optimisant l’utilisation de l’IL-2.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Après immobilisation, les animaux au sevrage seront prélevés au niveau de queue ou de l’oreille (geste réalisé en moins d’une minute). Pour l’induction de la SEP, les animaux endormis recevront une ou deux injections sous la peau (geste réalisé en moins d’une minute) et deux injections abdominales après l’induction (jour 0 et jour 2, geste réalisé en moins d’une minute). Le traitement sera injecté quotidiennement (immobilisation rapide de l’animal, moins de 30 secondes) pendant maximum 4 semaines. Pour l’injection de cellules immunitaires, les souris seront endormies avant l’injection (pas plus d’une minute par souris). Pour le déclenchement d’un lupus, une immobilisation sera réalisée le temps d’appliquer la crème sur l’oreille (environ 30 secondes 3 fois par semaine) ou de faire une injection abdominale (geste réalisé en moins d’une minute, 3 fois par semaine). Les prélèvements sanguins répétés seront réalisés sur animaux immobilisés (environ une minute), à raison d’un prélèvement hebdomadaire ou quotidien en fonction du volume prélevé. Le prélèvement de liquide céphalo-rachidien (liquide dans lequel baigne le cerveau) après endormissement de l’animal (20 minutes) maximum 3 fois au cours de l’expérimentation avec 7 jours d’intervalle minimum.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Toutes les lignées de souris utilisées dans ce projet ne présentent pas de phénotype dommageable. Le prélèvement au niveau de la queue ou de l’oreille peut entrainer de la douleur et du stress chez l’animal. L’induction de la maladie qui mime la SEP consiste à déclencher une réaction immunitaire au niveau du système nerveux central avec apparition d’une paralysie progressive mais transitoire (rémission partielle) allant des membres postérieurs vers les membres antérieurs. Cette procédure engendre un affaiblissement de l’animal avec une perte de poids transitoire dès le début de l’apparition des symptômes (J9-J10) pouvant atteindre jusqu’à 25%. L‘induction d’un lupus consiste à déclencher une inflammation, d’abord locale au niveau de la peau, puis généralisée entraînant l’affaiblissement de l’animal (perte de poids progressive à partir de 3 semaines de traitement qui peut atteindre 20% après 8 semaines de traitement). Pour les deux modèles (SEP et lupus), si l’un des points limites que nous avons définis est atteint, la souris sera mise à mort selon une méthode réglementaire.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’accès aux organes ainsi qu’aux fluides biologiques d’intérêts est indispensable. Il nous est donc impossible de garder en vie les animaux concernés par l’étude.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’évaluation de l’efficacité du traitement sur les réponses immunitaires au cours de maladies auto-immunes inflammatoires nécessite l’utilisation d’animaux et l’accès aux différents organes touchés par la maladie : organes du système immunitaire (rate, ganglions, moelle osseuse), organes du système nerveux central (SNC : moelle épinière et cerveau) et rein, peau, poumon, glandes salivaires… Cette évaluation n’est pas possible en dehors de l’animal car ces pathologies complexes touchent de multiples organes simultanément (SNC, reins, système immunitaire, système vasculaire…). Les atteintes des tissus ne peuvent pas être modélisées en dehors de l’animal.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les procédures expérimentales sont rigoureusement planifiées afin de n’utiliser que le nombre d’animaux strictement nécessaire pour obtenir des résultats statistiquement significatifs. Des projets précédant nous ont permis de déterminer précisément le nombre d’animaux nécessaires pour avoir des résultats significatifs. De plus, le laboratoire possède déjà une expertise dans l’induction de la SEP chez la souris ce qui nous permettra de réduire le nombre d’animaux utilisé lors de la mise en place de cette nouvelle étude. Pour le lupus, nous choisirons la méthode permettant d’induire efficacement une maladie chez tous les animaux. Les analyses sur les fluides biologiques (sang) à l’aide de micro-prélèvements (petits volumes) et des techniques de dosages combinées et ultrasensibles, permettront de réduire le nombre d’animaux nécessaires pour obtenir des résultats statistiquement significatifs tout en améliorant la qualité des données obtenues.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont élevés dans des conditions adéquates : locaux spécialisés, cages de dimension réglementaire, eau et nourriture à volonté. Les animaux sont maintenus maximum à 5 par cage. Un suivi quotidien des animaux comprenant une évaluation de leur bien-être, une mesure de leur poids et une évaluation de leur comportement, permettra de pouvoir contrôler correctement leur état de santé. Les procédures expérimentales du projet utilisent des méthodes éprouvées, précises, rapides et réalisées par du personnel formé, ce qui limite les effets de stress et douleurs chez les animaux. Les analyses biologiques réalisées dès les premiers stades de la maladie, serviront d’outils diagnostics ce qui permettra de réduire le temps d’expérimentation et donc la souffrance animale.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Dans ce projet, nous utiliserons des souris. Ce modèle animal nous permet de déclencher des pathologies auto-immunes inflammatoires (sclérose en plaques ou lupus) pour étudier les mécanismes biologiques de ces maladies et évaluer l’efficacité de traitements avant l’évaluation chez l’homme. Chez l’homme, les maladies auto-immunes peuvent se déclencher chez l’adulte jeune ou âgé. Nous induirons donc ces maladies sur des animaux de 8 à 12 semaines (âge correspondant à des souris adultes jeunes) ou de 14 mois (âge correspondant à de vieilles souris).