Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Isolés en cage individuelle et placés en cycle inversé, des rats sont conduits à boire de l’alcool au fil d’environ 80 sessions de trente minutes. Après une soixantaine de sessions d’habituation, six sessions associent la recherche d’alcool à des stimuli aversifs, pour séparer ceux qui continuent malgré le signal négatif de ceux qui s’arrêtent. Vient ensuite une chirurgie cérébrale d’au plus quarante minutes sous anesthésie et analgésie, puis trois semaines d’attente avant l’analyse. 376 rats sont engagés dans ces procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, 276 sont tués pour prélever leur cerveau, et les 100 autres, ceux qui n’ont pas assez d’appétence pour l’alcool, sont proposés pour servir à des formations à l’expérimentation animale.

NTS-FR-334055v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Addiction à l'alcool, Compulsivité, Mcanismes neuronaux, Rats
Rats : 376

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Démontrer qu’en modulant spécifiquement l’activité de certaines populations de neurones produisant de la dopamine (une substance active du cerveau) dans le cerveau – par des approches génétiques chez le rat – on peut moduler une prise compulsive d’alcool (une consommation irrépressible d’alcool en dépit des conséquences négatives que ces prises d’alcool peuvent avoir sur l’individu).

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Comprendre une partie des mécanismes liés à la prise compulsive d’alcool en lien avec le rôle de la dopamine dans le cerveau. La prise compulsive d’alcool est à la base de nombreux troubles psychiatriques et comprendre son fonctionnement est un préalable indispensable au développement de stratégies thérapeutiques ciblées et efficaces qui sont inéxistantes à ce jour.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

La recherche envisagée s’étale sur une durée d’environ 20 semaines. Des rats adultes seront conditionnés à consommer de l’alcool de façon compulsive au cours d’un total cumulé de près de 80 sessions de 30 minutes chacune. Après habituation à consommer de l’alcool (environ 60 sessions), 6 sessions seront associées à stimuli aversifs pour associer la recherche d’alcool à un signal négatif et ainsi distinguer les rats compulsifs ne pouvant pas stopper leur consommation d’alcool malgré ce signal, de ceux non compulsifs. Les animaux utilisés dans ce projet auront ensuite des injections dans le cerveau (chirurgie sous analgésie et anesthésie générale pour une durée d’opération n’excédant pas 40 minutes) qui permettront au bout de trois semaines d’étudier les mécanismes de régulation de la prise compulsive d’alcool.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’effet du modèle de consommation d’alcool que nous allons utiliser et l’hebergement individuel des animaux pour cette expérimentation ont un impact d’ordre modéré sur l’animal, augmentant son niveau d’anxiété mais n’induisant pas par exemple de symptômes physiques de manque. Des nuisances modérées sont attendues liées à la chirurgie d’injection et aux des stimuli négatifs lors der derniers jours de consommation d’alcool. Des nuisances légères sont attendues pour ce qui est des injections dans l’abdomen et/ou sous-cutanées des traitements antalgiques et anesthésiques.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux ayant suivi l’ensemble des expériences auxquels ils sont destinés seront tous mis à mort afin de prélever les cerveaux soit pour analyse des tissues, soit pour analyse de l’activité des neurones après la mort. Cependant, dans notre projet, nous estimons à vingt à cinquante pour cent au maximum les animaux ne satisfaisant pas au critère comportemental (appétence pour l’alcool) nécessaire à la poursuite des expériences. Ceux-ci seront proposés pour être réutilisés dans le cadre de formations à l’expérimentation animale ou autre formation d’enseignement. La décision sera prise en concertation avec le vétérinaire réfèrent et/ou un membre de la Structure chargée du Bien Être des Animaux.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe pas de méthodes alternatives n’impliquant pas d’animaux vivants qui permettront l’évaluation d’un comportement compulsif de prise d’alcool (comportement pour lequel on observe une continuation de la prise en dépit des conséquences négatives, un des critères diagnostic des addictions).

2. Réduction

3R / Réduction :

Chez les animaux dont nous étudierons le comportement compulsif à la prise d’alcool différents scores d’activité comportementale seront relevés et les analyses des cerveaux de ces mêmes animaux prélevés en fin d’expérimentation permettront de déterminer également les pourcentages de neurones préférentiellement activés en fonction de nos conditions expérimentales. Le nombre d’animaux sera limité au nombre minimum nécessaire par groupe estimé sur la base d’expériences similaires. Pour une question d’organisation et de gestion des expérimentations, l’ensemble des animaux dont nous étudierons le comportement compulsif à la prise d’alcool sera traité au cours de sessions distinctes et successives pour n’avoir à suivre simultanément qu’un nombre restreint d’animaux à la fois.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés en cycle inversé et seront isolé pour répondre aux besoins experimentaux du projet. Cependant, les grilles des cages ainsi que les portoirs seront ouverts, et les cages seront proches les unes des autres, permettant le maintien d’un certain nombre d’interactions sociales entre les animaux, ce qui limitera toute nuisance associée à un isolement plus strict. De plus ils recevront un enrichissement supplémentaire pour pallier cette individualisation. Ils seront hébergés pendant une semaine à leur arrivée pendant laquelle ils sont manipulés quotidiennement, avant le début des expérimentations (pendant une semaine) afin d’atténuer le stress pouvant être lié aux manipulations. Les chirurgies du cerveau seront réalisées sous anesthésie générale, après analgésie préalable des sites d’incision. Les yeux seront protégés de la dessication par application d’un gel ophtalmique. La température de l’animal sera maintenue constante par une couverture chauffante. En post-opératoire les animaux seront placés sous une lampe chauffante jusqu’à leur réveil avec contrôle de la température. Des injections d’eau glucosée seront réalisées pour faciliter le processus de récupération post-chirurgical. Les douleurs post-opératoires seront prévenues par un antalgique. L’intégrité du processus cicatriciel en post-opératoire sera renforcé par application d’une solution iodée après suture de la peau. A leur réveil les animaux seront retournés dans leur cage. En cas de signe d’alerte, l’alimentation sera supplémentée par une nourriture hypercalorique et hydratée fournie par l’animalerie. Le suivi quotidien et les pesées quotidiennes des animaux permettront de veiller à ce qu’ils ne souffrent pas et de mettre en place des stratégies de soins et des points limites adaptés.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le rat est l’espèce adéquate car il existe un degré de similitude important avec le cerveau humain, notamment au niveau des réseaux de neurones sur lesquels portent notre étude, tant du point de vue anatomique que physiologique. Les registres comportementaux explorés sont facilement appréhendables dans cette espèce. Au début de l’étude, les rats seront de jeunes adultes (de 8 à 10 semaines, de 200 à 240 g), ce qui permettra de travailler sur un système cérébral stable, mature, qui n’évoluera pas au cours des expériences.