Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

1 600 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque animal peut recevoir un composé pendant dix-sept semaines et subir jusqu’à 342 tests, dont 210 observations de l’écartement des doigts, des électromyogrammes sous anesthésie répétés plusieurs fois par semaine et jusqu’à un prélèvement sanguin par jour. Les molécules testées peuvent altérer la fonction neuromusculaire, ce que le porteur reconnaît comme une gêne dans les activités quotidiennes des rats. Il prévoit quarante études de présélection sur les cinq ans de l’autorisation, et revendique un « important besoin d’innovation » dans le champ des maladies neuromusculaires.

NTS-FR-526481v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles musculosquelettiques ·
Mots-clés
Fonction neuromusculaire
Rats : 1600

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La fonction neuromusculaire désigne l’interaction entre le système nerveux et les muscles, permettant le mouvement et le maintien de la posture. Les troubles de cette fonction sont à l’origine de nombreuses pathologies qui se manifestent par divers phénomènes : – des faiblesses musculaires comme dans les myopathies, les neuropathies périphériques ou la Sclérose latérale amyotrophique – des contractures ou des rigidités (spasticité) comme dans les paralysies cérébrales, certaines atteintes auto-immunes, les spasmes musculaires et les dystonies – ou d’autres type de dysfonctionnements sensori-moteurs comme dans la myasthénie, la Rhabdomyolyse, les Fibromyalgies et les syndromes de fatigue chronique. Le manque de médicaments disponibles pour traiter efficacement les pathologies neuromusculaires laisse de nombreux patients sans options thérapeutiques adaptées, il y a un important besoin d’innovation dans ce domaine. Ainsi le développement de nouveaux médicaments doit permettre de ralentir la progression des symptômes et améliorer la qualité de vie des patients. Il est également nécessaire de développer des thérapies pour traiter les causes sous-jacentes des maladies neuromusculaires. Et finalement, la recherche doit se concentrer sur des traitements symptomatiques efficaces pour réduire les contractures, la douleur et la fatigue musculaire. Dans ce projet nous proposons de tester l’efficacité de nouveaux composés sur la fonction neuromusculaire normale afin de présélectionner les projets qui pourront être poursuivi dans des modèles pathologiques de maladies neuromusculaires. Pour ce faire nous allons utiliser plusieurs méthodes complémentaires, largement décrites et utilisées : la quantification de l’écartement spontané des doigts, la répartition du poids de l’animal sur ses pattes lors de ses déplacements libres, l’activité locomotrice, la coordination motrice, la force musculaire et l’activité électrique neuro-musculaire selon une méthode proche de celle utilisée chez l’homme.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Avec ce projet nous espérons participer à la sélection de nouveaux traitements pour les troubles neuro-musculaires.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Dans ce projet, différents paramètres electromyographique et comportementaux sont évalués plusieurs fois au cours du temps. Pour tous les tests sauf l’observation de l’écartement des doigts, nous ferons au maximum 4 mesures le jour de l’induction, puis 4 mesures par semaine pendant 2 semaines et enfin nous passerons à un maximum de 2 mesures par semaine. L’observation de l’écartement des doigts pourra être fait au maximum 6 fois le jour de l’induction, puis 2 fois par jour pendant une semaine dont une fois en même temps que la prise du poids et enfin une fois par jour. En considérant un début de traitement des animaux en J0, les animaux subiront l’administration du composé à tester sur une durée maximale de 17 semaines selon ses caractéristiques pharmacologiques ainsi qu’un maximum de 342 tests dont 210 écartements des doigts. La réalisation d’électromyogramme prend environ 5-7 min en prenant en compte la partie anesthésie et la partie mesure, l’observation de l’écartement des doigts prend moins de 30 secondes et le test le plus long dure 20 min. En parallèle des tests des prélèvements de sang peuvent avoir lieu en cours d’expérience. Selon la voie de prélèvement choisie, les animaux pourront subir au maximum un prélèvement sanguin par jour en ne dépassant pas les recommandations éthiques en termes de volume prélevé et en garantissant le délai de récupération réglementaire.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Dans ce modèle, les molécules testées peuvent induire une modification de la fonction neuro-musculaire, ce qui pourrait gêner les animaux dans leurs activités quotidiennes. De plus, le test d’EMG (électromyogramme) nécessite une anesthésie générale qui peut créer un certain inconfort pour l’animal (désorientation lors de la phase de réveil). Les administrations répétées ainsi que les potentiels prélèvements sanguins peuvent induire des nuisances au niveau des sites d’administration et de prélèvement : comme une douleur passagère, une irritation, une inflammation, une induration, un risque de fausse route et/ou un phénomène de mâchonnement (pour la voie oral). Un stress lié aux différentes manipulations (administration, contention, …) et aux tests comportementaux peut également apparaitre.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des animaux seront mis à mort à la fin de l’expérience. Une partie des animaux est sacrifiée pour faire des prélèvements, l’autre partie ne peut pas être replacée ou ré-utilisée car les animaux sont traités avec des substances à long terme.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La fonction neuro-musculaire est complexe et met en jeu plusieurs acteurs (muscles, nerfs, …) et différents processus de contrôle. De plus même si les tests in vitro fournissent de nombreux renseignements sur l’activité des molécules sur les systèmes cellulaires, les effets sur l’activité musculaire, la diffusion à travers l’organisme et la durée d’action dans le temps à l’échelle de plusieurs semaines ne peuvent être appréhendés que chez l’animal par des mesures directes sur le muscle ou des mesures comportementales. Pour toutes ces raisons, actuellement aucune méthode de remplacement n’est disponible pour étudier la problématique du présent projet (électromyographie). Néanmoins, les molécules testées dans ce projet ont fait l’objet d’une sélection sur des tests in vitro afin de choisir celles qui ont le plus fort potentiel thérapeutique.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les expériences seront réalisées avec la volonté de réduire autant que possible le nombre d’animaux par condition expérimentale, mais toujours dans l’optique d’obtenir le maximum d’informations scientifiques par test. C’est pourquoi, très souvent, des prélèvements post-mortem seront associés aux études in vivo dans l’objectif de soutenir les données obtenues par des analyses histologiques. Si des informations préalables existent pour permettre de tester seulement 8 animaux par groupe, nous le ferons. Toujours dans l’idée de diminuer au maximum le nombre d’animaux utilisés les animaux subiront un enchaînement de gestes expérimentaux au sein d’une même procédure. Des analyses statistiques finales seront réalisées. Les animaux inclus dans ce projet vont nous permettre de mener 40 études réparties sur les 5 ans de l’autorisation.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Le bien-être des animaux est primordial pendant les expérimentations. Ainsi un certain nombre de mesures sont mises en oeuvre notamment une inclusion de phase d’acclimatation (minimum 1 semaine) avant toute expérimentation. Les animaux sont hébergés dans des conditions optimales afin de réduire au maximum le stress lié à la captivité et aux expérimentations : nourriture et eau ad libitum, température et hygrométrie strictement contrôlées. Les animaux seront hébergés en cohorte pour respecter leurs besoins sociaux. Nous portons une attention particulière à ce que les animaux puissent exprimer certains de leurs comportements propres par un enrichissement important du milieu. L’enrichissement du milieu comporte un tunnel en carton et des boules de bois pouvant servir de matériel de jeu et de matériel à grignoter. Les animaux sont observés tous les jours, ils sont habitués à la manipulation par l’Homme deux fois par semaine et leur comportement sera suivi afin de déceler tout signe d’inconfort ou de stress. Les animaux sont pesés au minimum une fois par semaine, mais dès les premières administrations, ils sont pesés les jours de traitement ainsi que tous les jours d’expérience. Les manipulations sont faites par du personnel compétent. Le nombre et la durée des tests sont réduits et espacés autant que possible. Les mesures électromyographiques sont réalisées sous anesthésie générale (isoflurane/oxygène) afin d’éviter que l’animal ne bouge, l’administration par voie intra-veineuse ainsi que certains prélèvements de sang. Le prélèvement de liquide céphalo rachidien est fait sous analgésie et anesthésie profonde sans réveil. Les observations d’écartement des doigt sont autant que possible couplées à la prise du poids afin de ne manipuler les animaux qu’une seule fois. Les animaux sont systématiquement habitués à la pièce de comportement au moins 1h avant la mise en œuvre des tests. De plus, quand c’est possible, d’une période de familiarisation/d’apprentissage de l’environnement. Des points limites sont mis en place pour l’ensemble des procédures expérimentales. Si de nouvelles approches moins stressantes ou douloureuses pour l’animal venaient à être mises au point après le début de ce projet, une concertation avec notre SBEA (structure du Bien Être Animal) pourra être réalisée afin d’intégrer ces nouvelles pratiques dans nos procédures.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Dans le cadre de ce projet, nous utilisons des rats non transgéniques. Le choix de l’espèce a une importance primordiale dans la recherche à visée médicale. Ce choix prend en compte plusieurs critères mais le critère majeur est la pertinence scientifique du modèle. Nous n’utilisons que des modèles fiables qui présentent une prédictivité reconnue, une bonne reproductibilité et dont l’extrapolation des conclusions à l’homme est largement admise. De plus, cette espèce dispose d’une énorme base d’informations physiopathologiques et d’outils de diagnostiques permettant ainsi de réduire considérablement les expérimentations pilotes. Etant donné que ces études nécessitent des systèmes neurobiologiques matures mais que nous n’étudions pas de pathologie liée à l’âge, des animaux adultes seront utilisés (début des traitements à 7-8 semaines).