Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Génétiquement modifiées pour ne plus répondre aux corticostéroïdes, 2 880 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacune subit une compression du nerf sciatique de vingt minutes sous anesthésie, pratiquée sur les deux pattes arrière, l’une comprimée et l’autre opérée à blanc, puis trois tests moteurs mesurant la force, la coordination et l’équilibre. Le porteur qualifie la douleur induite de légère et affirme que la patte témoin ne gêne pas l’animal, tout en prévoyant une quantification quotidienne de cette douleur et des points limites. Toutes seront tuées à deux ou six mois pour prélever leurs nerfs sciatiques.

NTS-FR-625222v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Récepteur Corticostéroïdes, Neuropraxie, Cellules de Schwann, Remyélinisation
Souris : 2880

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le but de cette étude est d’utiliser un modèle de compression du nerf sciatique chez la souris pour mieux comprendre l’effet d’hormones sur la régénération du nerfs périphérique en utilisant des animaux ayant une réponse modifiée à ces hormones dans le nerfs.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Bien que très efficaces, les traitements hormonaux peuvent être accompagnés d’effets secondaires sévères. Des hormones sont impliquées dans la réponse au stress, l’immunité, l’inflamation, les rythmes biologiques, la mémoire et le métabolisme. De façon étonnante, leur rôle dans la biologie des nerfs a été peu étudié à ce jour. Mieux comprendre les rôles des hormones dans leur régénération pourrait avoir des applications dans le traitement des maladies des nerfs liés au diabéte, ou dans les atteintes nerveuses auto-immunes comme le syndrôme de Guillain-Barré.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Pour étudier la réparation de la gaine de myéline les animaux subiront une compression du nerf sciatique pour induire une altération de la gaine de myéline et ensuite sa régénération. La procédure ne dure que 20 minutes et sera effectuée sous anesthésie générale après traitement analgésique pour limiter la douleur liée à l’opération. Après l’opération, nous suivrons au cours des semaines suivantes la récupération des fonctions du nerf sciatique en utilsant trois tests moteurs mesurant la force, la coordination et l’équilibre. Chacun des tests ne dure que quelques secondes par animal et sera répéter un autre jour, le premier test servant à habituer l’animal.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Chez la souris, la compression du nerf sciatique altère légèrement la locomotion et peut entraîner une douleur que nous avons caractérisée comme légère. Nous quantifierons les jours suivants cette douleur chez les souris en utilisant des critères spécifique d’évaluation de la douleur que nous avons mis en place afin de prendre en charge par un analgésique si nécessaire les nuisances induites par cette procédures. Les tests comportementaux peuvent aussi induire une légère douleur localisée. De base, l’état des animaux insensibles aux hormones n’est pas dommageable : on observe une baisse de performance sur des tests moteurs spécifiques mais sans gène au déplacement.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront euthanasiés après les tests moteurs permettant de mesurer la régénération du nerf, qui aura lieu à 2 mois (jeunes adultes) ou à 6 mois (adultes matures) afin de prélever les nerfs sciatiques pour étudier la cinétique moléculaire et cellulaire de la remyélination.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La remyélinisation est un processus complexe qui nécessite l’intervention de multiples acteurs cellulaires qui ne peuvent être modélisés in vitro. La qualité de la mise en place de la gaine de myéline et de son maintien a des conséquences fonctionnelles qui nécessitent l’analyse de composantes sensori-motrices propres aux animaux vivants.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous avons limité au minimum le nombre d’animaux nécessaire pour atteindre la puissance statistique suffisante pour l’analyse des altérations comportementales induites par la perturbation du système sensori-moteur. Nous soumettrons les données aux tests satistiques adaptés et comparerons les groupes de 10 animaux deux à deux (contrôles vs réponse aux corticostéroïdes inactivée / lésés vs non lésés). De plus, l’analyse de cohorte d’un autre projet du laboratoire et l’optimisation du protocole de compression du nerf sciatique nous permet de réduire par deux le nombre d’animaux opérés en s’affranchissant du groupe contrôle. Vue l’innocuité du geste chirurgical sur les tissus environnants le nerf et l’atteinte locomotrice très limitée, nous avons décidé d’opérer les animaux au niveau des deux pattes arrières (une subit la compression, l’autre seulement le geste chirurgical à blanc). Aucune gène n’a été constatée du côté de la patte contrôle et cela ne compromet pas la capacité de l’animal à se nourrir ou se déplacer, ni n’affecte significativement son bien-être.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les manipulations se font dans une pièce dédiée au comportement dans la zone expérimentale de l’animalerie. Les animaux issus d’une même portée sont hébergés dans les mêmes cages contenant du matériel de nidification. L’enrichissement est renforcé des dômes et des batonnets à ronger. Au minimum 4 heures s’écoulent entre chaque test de nature différente, et au maximum 2 tests seront effectués dans la même journée. La compression des nerfs s’effectue sous anesthésie et analgésie. Des analgésiques sont également administrés après l’opération. Si des animaux se déplacent avec difficulté, du gel alimentaire sera mis à disposition. La compression du nerfs ne provoque pas de dommage majeur pour l’animal et la récupération s’effectue rapidement, mais par précaution des points limites ont été définis pouvant aller jusqu’à l’arrêt de l’expérimentation.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les souris sont des mammifères suffisamment proche de l’Homme pour servir à l’évaluation de l’implication des voies de signalisation des corticostéroïdes sur le développement et le maintien de la gaine de myéline périphérique. Par ailleurs, la génération de modèles de souris transgéniques est une stratégie largement utilisée dans ce domaine de recherche. De plus, les techniques d’analyse à notre disposition pour évaluer l’implication de ces voies ont été principalement développés pour la souris. Les animaux seront utilisés au stade 2 mois, jeune adulte, et 6 mois, adulte mature pour voir si l’âge influe sur la capacité de régénération de la gaine de myéline lorsque la réponse aux glucocorticoïdes est inactivée.