
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/05/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-213106)
40 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacune subit trente-cinq gavages quotidiens sur cinq semaines et une prise de sang à la queue, avant d’être anesthésiée puis tuée par dislocation cervicale, son tube digestif étant prélevé pour un dosage d’ocytocine. Les composés testés appartiennent à un client du laboratoire, et le porteur reconnaît une « phase très précoce » de développement dont l’aboutissement commercial reste au conditionnel. Il indique avoir mené une première série d’essais sur cultures cellulaires, mais conclut qu’il est « nécessaire » de vérifier l’efficacité des composés dans un « organisme entier ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le microbiome intestinal a été montré comme ayant un impact sur un très grand nombre de fonctions physiologiques. En effet, un nombre croissant de données indique que de nombreuses pathologies s’accompagnent d’un déséquilibre du microbiote et que la restauration de ce microbiote s’accompagne souvent d’une amélioration, voire d’une disparition des symptômes. Ainsi, certaines bactéries réduisent l’inflammation intestinale, freinent la perte osseuse, ou encore favorisent la cicatrisation des plaies cutanées. Or il a été montré que l’intestin possède des cellules capables de secréter de l’ocytocine et que cette dernière joue un rôle majeur dans l’équilibre de certaines population bactériennes et en particulier dans les effets bénéfiques. Ainsi, d’intense recherche visent aujourd’hui au développement de thérapies induisant une augmentation de la sécrétion intestinale d’ocytocine. L’objectif du présent projet est de tester la capacité d’une série de composés en développement (Composés X, Y et Z), développé par notre client, a induire une augmentation de la sécrétion d’ocytocine chez la souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet s’inscrit dans le cadre du développement de composés visant à traiter certaines pathologies inflammatoires de l’intestin ainsi que l’ostéoporose via une production accrue d’ocytocine. Bien que le projet soit une phase très précoce du développement, si l’issue du projet s’avère favorable, le développement dans lequel s’engage notre client pourrait aboutir, à terme, à la mise sur le marché de nouveaux médicaments.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes: 1) Manipulations par les expérimentateurs pour des mesures de poids corporel (10 mesures au cours de l’étude; durée de la mesure : 1 minute); 2) Administration quotidienne de placébo ou d’un candidat médicament par voie orale (35 administrations; durée de l’administration : 1 minute); 3) à un prélèvements sanguins pratiqués à la veine de la queue (1 prélèvement; durée: 5 minute/prélèvement).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux seront soumis à des pesées régulières ainsi qu’à des administrations de traitements par gavage pendant 5 semaines (1 semaines d’habituation et 4 semaines de traitement). Deux prélèvements sanguins seront pratiqués : l’un via la veine de la queue a D0 et l’autre par ponction cardiaque après euthanasie à D28. Enfin, au dernier jour de l’étude, les animaux seront anesthésiés par un mélange kétamine/xylazine avant dislocation cervicale immédiatement suivie d’une ponction cardiaque et du prélèvement du tube digestif. En termes de nuisances, les animaux seront soumis à du stress du fait des manipulation lors des pesées régulières de poids corporel ou des administrations de substances (traitements et anesthésie). Par ailleurs les animaux seront soumis à des douleur légère et transitoire qui ne nécessite pas de médication lors des administrations par gavage, et des prélèvements sanguins à D0.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de la procédure, les animaux seront euthanasiés afin de prélever le tyube digestif et de réaliser un dosage d’Ocytocine tissulaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Une première série d’étude a été conduite in vitro afin de vérifier l’impact des composé testés sur un modèle de cultures cellulaires ensemencées à l’aide de la bactérie L. reuteri. Néanmoins, la complexité du microbiote intestinal ne peut pas encore être modélisée in vitro et l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques se justifie ici car il est nécessaire de vérifier l’efficacité des composés dans un organisme entier.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés a été calculé et rationalisé à partir de l’expérience acquise par notre laboratoire sur l’analyse des paramètres d’intérêt. Ainsi, le nombre d’animaux par groupe a été adapté en fonction des paramètres d’intérêt de façon à être en mesure de mettre en évidence une différence statistiquement significative sur les paramètres étudiés. Les données seront analysées par à l’aide de tests statistiques appropriés.
3. Raffinement
Le protocole a été planifié de façon à limiter au maximum tout stress et tout inconfort pour les animaux. Les traitements par voie orale seront administrés par des expérimentateurs rodés à ce type de pratique. Les animaux seront hébergés en cages collectives (3-4 animaux par cage) afin de satisfaire leurs besoins sociaux et auront accés à de l’eau et de la nourriture ad libitum. Un enrichissement des cages sera assuré par l’ajout d’igloos, de matériels de nidification et de briquettes en bois spécialement conçues pour le rongeur. Les prélèvements sanguins prévus seront limités au volume minimum nécessaire aux dosages ultérieurs et une crème à base de lidocaïne sera appliquée sur la queue 30 minutes avant les prélèvements. Enfin, un suivi journalier des animaux à l’aide d’une grille de score permettra une action rapide en cas d’atteinte des points limites établis. Ces actions incluent une surveillance renforcée et l’emploi d’analgésiques.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris, comme tout modèle animal, est un modèle qui présente des différences dans la composition exacte du microbiote comparativement à l’humain. Néanmoins, on observe une bonne conservation des grands types bactériens entre humain et souris. Par ailleurs, l’interaction microbiote/ocytocine est conservé chez les deux espèces. La souris reste donc un modèle d’intérêt sur le plan préclinique. Les animaux seront utilisés au stade adulte. Le choix de ce stade de développement est guidé par la population humaine ciblée par les composés testés, à savoir une population adulte.