Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Les cellules greffées proviennent de fœtus prélevés sur des femelles gestantes mises à mort trois à quatre jours avant la mise-bas. 1650 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Les receveuses, souvent des nouveau-nés de deux à quatre jours séparés de leur mère, sont irradiées éveillées pendant une à quatre minutes pour détruire leurs cellules immunitaires, puis reçoivent les cellules greffées et subissent jusqu’à vingt-quatre prises de sang dans la veine de la joue, sans anesthésie. Sur la réduction, le porteur se borne à écrire qu’il a utilisé « le minimum nécessaire et suffisant », sans avancer ni calcul ni effectif par groupe pour justifier ces 1650 souris.

NTS-FR-640775v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système immunitaire ·
Mots-clés
développement du système immunitaire, identification de nouveaux acteurs cellulaires
Souris : 1650

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le système immunitaire est un ensemble des mécanismes de défense qui permet de lutter contre des agents pathogènes (virus, bactéries cellules cancéreuses). Néanmoins dans le cas de cancers ces mécanismes n’arrivent plus à jouer leur rôle de défense et sont débordés par la multiplication rapide de ces cellules. Les mécanismes qui régulent la production des différentes cellules du système immunitaire restent mal connus, mais il a été montré que dans les cancers du sang (leucémies) les cellules du système immunitaire avaient de fréquentes modifications. Ces modifications semblent avoir un impact majeur sur l’activité des cellules immunitaires dans des conditions naturelles (sans pathologie) et dans des conditions de maladie (pathologie) Ces fréquentes modifications sont observées sur des éléments appelés « protéines ». Les protéines sont des molécules qui agissent dans le développement des cellules de l’organisme. Il existe de nombreuses protéines dans l’organisme et leur production est différente en fonction de la cellule. La protéine Ets-1 est l’une des protéines essentielles pour le développement normal de différentes populations de cellules du système immunitaire. Elle joue également un rôle dans le développement anormal des cellules sanguines dans le cadre de pathologies telles que les leucémies. Notre projet de recherche vise donc à comprendre plus précisément le rôle de cette protéine dans le développement normal mais également lors de la production des cellules tumorales. Il permettra de caractériser les processus qui contrôlent la mise en place du système immunitaire et de définir de nouvelles cibles thérapeutiques dans les maladies du système immunitaire et en particulier dans les leucémies.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra de caractériser les processus qui contrôlent la mise en place du système immunitaire en présence ou en absence de notre protéine d’intérêt et de mettre en évidence les acteurs moléculaires qui sont influencés par son activité au cours du développement des cellules immunitaires. Ces nouveaux acteurs moléculaires pourront ensuite être des candidats intéressants pour le développement de nouvelles thérapies dans les maladies du système immunitaire et en particulier dans les leucémies.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

La première partie du projet consiste à obtenir les cellules utilisées pour la mise en place du modèle d’étude. Pour cela, nous réalisons des croisements entre nos lignées de souris génétiquement modifiées (n’exprimant pas la molécule Ets-1). Afin d’éviter la mort quelques jours après la naissance des souris d’intérêt, nous euthanasions les femelles gestantes (3 à 4 jours avant la mise-bas) afin de pouvoir récupérer les fœtus et le foie. Les cellules souches hématopoïétiques (cellules qui vont se développer pour générer l’ensemble des cellules du système immunitaire) sont obtenues à partir de ces foies fœtaux et injectées à des souris receveuses afin de s’y multiplier. Avant l’étape d’injection, les souris receveuses subissent une étape d’irradiation qui consiste à détruire les cellules immunitaires déjà présentes dans la souris afin de faciliter la prolifération des cellules injectées (réalisée sur souris éveillées, durée entre 1min30 et 4 min). L’administration (10s) des cellules, faite moins de 24h après l’étape d’irradiation, est non douloureuse et est réalisée sur souris éveillées. Des prélèvements de sang (au maximum 24 sur la durée totale de l’expérience) sont réalisées au plus toutes les 2 semaines (au niveau de la veine de la joue, sans anesthésie; durée: 30 s). Le premier prélèvement a lieu 3 semaines post-injection pour les expériences faites sur les souris nouveau-nés et 4 semaines post-injection pour les expériences réalisées sur les adultes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les effets indésirables prévus sur les animaux sont un stress et un inconfort ressentis au cours de l’étape d’irradiation avec le changement d’environnement de l’animal (changement de cage et transport dans la pièce pour l’irradiation), pendant l’injection des cellules et les prélèvements sanguins. Un stress supplémentaire est ajouté aux animaux (mère et nouveau-nés) lors de leurs séparations pour l’étape de conditionnement et des injections. L’étape d’irradiation peut également entrainer des diarrhées et une déshydratation. En cas, d’absence de prise de greffe des cellules injectées, la mort de l’animal est possible.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les souris seront euthanasiées à la fin de la procédure, les organes du système immunitaire seront prélevés (moelle osseuse, thymus, rate, ganglions mésentériques) en vue de la réalisation analyse génétique.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Nous avons réalisé le maximum de tests in vitro. En effet, le développement de nouvelles techniques d’analyses génétiques ainsi que la bibliographie nous permettent aujourd’hui de faire une présélection des potentiels acteurs moléculaires qui pourraient influencer le développement des cellules immunitaire. Ils sont alors testés in vitro (sur des cellules que nous cultivons en dehors de l’animal) et seulement ceux qui auront prouvé une efficacité seront testés sur l’animal. Le modèle animal reste nécessaire afin d’analyser ces processus complexes de développement cellulaire dans un système naturel qui tient compte de l’environnement dans lequel ces cellules se développent.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous avons réduit le nombre d’animaux utilisés au minimum nécessaire et suffisant pour la validité scientifique de notre étude.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Afin de réduire au minimum la douleur et la souffrance qui pourraient être ressenties par les souris, un suivi quotidien des animaux est réalisé en s’attachant tout particulièrement au comportement des souris (apparence, posture, toilettage). Nous réaliserons une fois par semaine un suivi clinique à l’aide d’une grille de score, permettant la mise en place de points limites. Nous nous attacherons à faire une surveillance accrue au cours de la première semaine de la procédure afin de s’assurer que les mères acceptent bien le retour des nouveau-nés dans le nid après leur manipulation. Les injections et prélèvements sanguins réalisé par un personnel compétent, ne sont pas douloureux et ne nécessitent pas d’administration anesthésie/analgésie. Tout au long de la procédure, les souris seront hébergées dans des cages avec un enrichissement adapté (buchette en bois ainsi que du coton pour le nid). Elles auront accès à la nourriture et à l’eau de boisson en continu. En cas d’altération du comportement des animaux des croquettes humidifiées seront mises dans la cage afin que les souris puissent y accéder plus facilement. Si aucune amélioration n’est observée, les souris seront euthanasiées.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’espèce animale choisie dans ce projet est la souris. Cette espèce présente l’avantage d’être un petit mammifère dont la génétique et le comportement sont bien connus. L’évaluation du bien-être et de la possible douleur chez la souris peut être réalisée facilement (en observant certains critères) ce qui permet une prise en charge adaptée. Les cellules d’intérêt sont recueillies sur des embryons de souris à 17,5 jours de développement in utéro. Pour le reste du projet nous privilégierons l’utilisation de souris nouveau-nés âgées de 2 à 4 jours. Cette utilisation a pour principal avantage de pouvoir étudier les animaux plus précocement (à partir de 3 semaines post-greffe) et le développement du système immunitaire à partir des cellules injectées est de meilleure qualité ce qui permet de réduire le nombre d’animaux utilisés. Néanmoins, dans le cas où il serait difficile de faire coïncider l’obtention de foie fœtal, la modification de ces cellules in vitro et la disponibilité de souris receveuses âgées de 2 à 4 jours, nous utiliserons des souris adultes pour les expériences de greffe.