
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/06/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-717519)
Pour tester des implants abdominaux contre le diabète, 755 souris et 755 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue. 1 260 d’entre eux relèvent de procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, 210 d’un niveau modéré, 40 étant opérés sans réveil. Ils subissent une à deux chirurgies sous anesthésie gazeuse d’environ trente minutes, des soins post-opératoires de 48 à 72 heures, jusqu’à cinq prélèvements sanguins par 24 heures et des contentions répétées, avec le risque d’hypoglycémies et d’hyperglycémies provoquées. Le porteur affirme qu’aucune méthode in vitro ou in silico ne permet d’évaluer l’effet d’une molécule sur le diabète et décrit l’animal comme un « passage obligatoire » avant toute administration à l’être humain.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le diabète est une maladie chronique qui se caractérise par un excès de sucre dans le sang ou hyperglycémie. Il existe 2 principaux types de diabète, dus à des dysfonctionnements différents : le diabète de type 1 (Pas de production d’insuline par le pancréas) et le diabète de type 2 (Résistance à l’insuline). En France en 2015, plus de 3,5 millions de personnes étaient traitées pour un diabète. Ce chiffre est en constante augmentation. En 2022, le nombre de patients est passé à plus de 4,3 millions, soit 6,3 % de la population, 44,8 % de femmes et 55,2 % d’hommes. Au niveau mondial, le diabète de type 2, le plus fréquent (plus de 90 %), est en forte progression : 108 millions en 1980, 422 millions en 2014 et 537 millions en 2021. Ce projet consiste à évaluer de nouvelles thérapies sur un modèle de rongeur diabétique (rat et souris). Ces nouvelles thérapies consistent en des implants placés dans l’abdomen en comparaison avec une technique de référence.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A long terme, les bénéfices attendus sont la découverte de nouveaux médicaments ou dispostifs pour traiter le diabète, une pathologie humaine touchant plus de 5 millions de personnes en France et plus de 600 millions dans le monde. Du fait de la cible thérapeutique, ce composé pourrait avoir aussi une application en médecine vétérinaire. A court terme, les bénéfices attendus sont de démontrer que le composé testé est actif dans un modèle expérimental de la pathologie ciblée ou d’évaluer ses éventuels effets secondaires avant son passage en phases cliniques. Pour l’animal, les bénéfices attendus sont une acquisition de connaissances sur l’espèce utilisée (rongeurs) par le développement d’outils de raffinement de plus en plus adaptés et le choix de l’espèce la plus prédictive en fonction de l’objectif scientifique attendus.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris de ce projet pourront subir une anesthésie gazeuse (1 à 2 fois, environ 30 min/chirurgie), des soins post-opératoire pendant 48 à 72h, des administrations de produits d’analgésie (1 ou 2 avant la chirurgie puis 3 ou 5 sur les 48 à 72h de soins post opératoires, environ 1 min par administration) ou des prélèvements sanguins [(maximum 5 prélèvements /24h, durée: moins de 30 sec/prélèvement)], une contention lors de suivis cliniques (2 à 3 fois/semaine, environ 1 min).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux pourront subir un stress lié à la chirurgie et aux soins post-opératoires, un stress lié aux administrations des produits d’analgésie et/ou aux prélèvements sanguins, un stress lié à la contention lors de suivis cliniques et un stress lié aux effets d’une potentielle hypo- ou hyperglycémie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Euthanasie des animaux pour réaliser des prélèvements d’organe/ fluides corporels à un volume ne permettant pas la survie de l’animal ou euthanasie des animaux suite aux effets indésirables provoqués par le(s) produit(s) ou le modèle chez les animaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans le cadre du développement de nouveaux médicaments ou dispositifs, ce projet est réalisé chez la souris ou le rat car il n’existe pas de méthode de substitution (in vitro ou in silico) pour évaluer les effets d’une nouvelle molécule sur le diabète. Ou si elles existent, elles ne sont pas suffisantes pour répondre aux objectifs scientifiques du projet. Or, avant toute administration à l’homme, l’animal constitue un passage obligatoire pour l’évaluation de l’efficacité, la toxicité et la pharmacocinétique d’un candidat médicament ou dispositif. A ce jour, la souris et le rat sont les espèces qui sont les plus adaptées à ce type de modèle d’étude.
2. Réduction
Un nombre minimal et suffisant d’animaux par groupe est utilisé afin d’analyser de façon rigoureuse et efficace les résultats des expériences et d’effectuer des analyses statistiques adaptées au modèle. Pour obtenir un nombre suffisant de données scientifiques, le nombre d’utilisation d’animaux est notifié dans le paragraphe portant sur le nombre estimé d’animaux utilisés. Cependant, une réutilisation des animaux, après avis du vétérinaire, est envisagée et permettra de réduire le nombre réel d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Dans ce projet, le raffinement sera obtenu par : •La mise au point de procédures rigoureuses, •La formation du personnel, •Un suivi quotidien de l’état de santé des animaux, •Le recours à des procédures les moins invasives possibles, •Le suivi d’éventuel signes cliniques, •La détermination des points limites, •Le recours aux procédures d’euthanasie dès que nécessaire •Un protocole anesthésique adapté pour la chirurgie, •Un protocole analgésique adapté pour la chirurgie et la période post-opératoire et un suivi post-opératoire de l’état de santé des animaux avec des soins et un enrichissement adaptés afin de permettre une bonne récupération des animaux, •La réduction du volume sanguin prélevé grâce à l’amélioration de la sensibilité des méthodes d’analyse, •La familiarisation des animaux aux procédures expérimentales.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris et le rat sont des espèces animales pertinentes et les plus couramment utilisées notamment pour évaluer l’efficacité de traitements anti-diabétiques, de par leurs facilités d’entretien, de stabulation, de manipulation, et leurs similitudes physiologiques avec l’espèce humaine. Animaux adultes. Ce projet n’a pas pour objectif d’étudier les effets du produit sur l’animal à d’autres stades de développement. Les produits testés n’ont pas de visée pédiatrique.