Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Trois administrations sous anesthésie générale, puis une quatrième deux jours plus tard sur animal éveillé, suffisent à déclencher chez la souris une maladie qui reproduit en partie la sclérose en plaques. 100 souris vont être utilisées, 80 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère et 20 un niveau léger, toutes tuées pour le prélèvement de tissus. Elles développent des troubles de la marche et de la coordination, une faiblesse musculaire et une perte de poids, qui atteignent un pic de trois à cinq jours au bout de deux semaines environ, le porteur signalant aussi un risque de lésion cutanée au point d’injection. Le RNT ne nomme à aucun moment les produits injectés pour induire la maladie, ni la grille de score utilisée pour suivre les animaux non-humains.

NTS-FR-325796v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
vascularisation, reparation, myéline
Souris : 100

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La sclérose en plaque (SEP) est une pathologie du système nerveux central présentant une démyélinisation et une dégénérescence axonale. La forme la plus courante de la maladie est la forme récurrente-rémittente (RRMS), dans laquelle des poussées répétées de symptômes neurologiques sont suivies de périodes de récupération partielle ou complète. Les altérations de la structure et de la fonction du système vasculaire jouent un rôle essentiel dans les troubles neurodégénératifs chroniques telle que la sclérose en plaques. Des études récentes réalisées en imagerie cérébrale sur des cohortes de patients atteints de SEP ont décrit le remodelage vasculaire pendant la formation et l’évolution des lésions, mais aucune donnée n’existe à ce jour sur l’évolution de la vascularisation lors du processus de remyélinisation, un processus nécessitant un fort soutien métabolique dont les éléments (nutriments, oxygène, prises en charge des déchets..) sont apportés via les vaisseaux sanguins. Notre objectif sera de caractériser précisément les modulations de la vascularisation lors de la remyélinisation en utilisant un modèle murin de la SEP.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La sclérose en plaque (SEP) est la seconde cause de handicap chez l’adulte jeune en France, elle touche plus de 120 000 personnes en France, et plus de 2 millions dans le monde. Il n’existe présentement aucun traitement curatif pour cette pathologie. Ce projet permettra d’étudier le processus de réparation dans un modèle murin de Sclérose en plaques dans l’organisme entier et ainsi de compléter des mécanismes récemment observés par imagerie cérébrale chez les patients. Cela pourrait permettre notamment de mieux comprendre le rôle de la vascularisation et sa modulation dans la physiopathologie de la SEP. A plus long terme, la compréhension des modulations de la vascularisation dans cette pathologie pourrait permettre d’envisager des stratégies thérapeutiques visant à limiter la progression du handicap chez les patients et donc améliorer leur prise en charge.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux, sous anesthésie générale, recevront 3 administrations pour la mise en place du modèle (10 minutes maximum). Deux jours après, ils recevront une deuxième administration ( durée inférieure à 1 minute par animal, vigile). Tous les animaux seront euthanasiés par une méthode réglementaire afin de réaliser des prélèvements d’intérêt pour nos analyses post-mortem.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Après induction de notre modèle pathologique, les souris peuvent développer des troubles de la marche, de la coordination, une faiblesse musculaire et une perte de poids. Ces symptômes s’installent progressivement au bout de 2 semaines environ et atteignent un pic durant 3-5 jours, puis sont suivis d’une récupération partielle ou complète en quelques jours. L’anesthésie gazeuse mise en place pour minimiser le stress lié à la manipulation lors de l’induction de la pathologie sera très courte (inférieure à 10 minutes) et sera donc associée à un risque infime de détresse cardio-respiratoire et d’hypothermie. Les injections génèreront un stress et une brève et légère douleur au point d’injection. Lors des injections d’induction de la pathologie, il existe également un risque de lésion cutanée du point d’injection dû à la molécule injectée.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Des analyses seront réalisées post mortem, ce qui implique l’euthanasie de l’ensemble des animaux pour le prélèvement des tissus d’intérêt.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Dans un effort de remplacement, nous travaillons en première approche avec des modèles ex vivo. Les modèles murins in vivo sont ultimement nécessaires pour l’étude fondamentale de la sclérose en plaques, car ils permettent d’étudier la réparation tissulaire dans un contexte intégré, impliquant des interactions entre tissus nerveux et cellules immunitaires sanguines, ainsi que les apports métaboliques en lien avec le réseau sanguin, qui sont des composantes essentielles à étudier de cette pathologie, d’après les travaux en imagerie effectués chez le patient.

2. Réduction

3R / Réduction :

Des approches statistiques permettront d’optimiser le nombre d’animaux utilisés, estimés à 100 maximum, et de ne pas sur-dimensionner le nombre d’animaux étudiés lors de nos expériences : ce nombre sera calculé pour chaque groupe d’expériences à l’aide d’un calcul statistique après la première expérience. Les données obtenues seront analysées avec les tests statistiques appropriés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés dans des conditions conformes à la réglementation en vigueur pour l’espèce. Ils bénéficieront d’un environnement enrichi comprenant du matériel de nidification, une cachette (maisonnette, dôme) et un bâtonnet de bois à ronger. Nous respecterons une période d’acclimatation d’une semaine à l’arrivée des animaux dans l’animalerie avant toute inclusion dans la procédure. Les animaux sont manipulés uniquement par un personnel qualifié et sensibilisé au bien-être animal. Ils seront observés quotidiennement et surveillés de manière spécifique par l’équipe dès l’induction de la pathologie : afin de surveiller l’évolution des signes cliniques nous utiliserons une grille de score adaptée à notre modèle quotidiennement voir bi-quotidiennement lors de la phase aiguë de la pathologie. Nous mettrons en place une assistance nutritionnelle dès l’apparition de difficultés motrices (alimentation humide ou en gelée, facilement accessible dans la cage). L’induction de la pathologie sera réalisée sous anesthésie pour minimiser le stress et la douleur des animaux et faciliter la réalisation des injections. Des points limites seront définis et respectés pour éviter toute souffrance animale non nécessaire pour la procédure.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris (Mus musculus) est l’espèce de choix pour générer des modèles de maladies humaines. Son anatomie, son système nerveux, sa physiologie et sa génétique sont bien connues et sont relativement proches de l’Homme. Le modèle expérimentale développé chez la souris tel qu’utilisé ici, est un modèle classique de sclérose en plaques, permettant de reproduire en partie les symptômes et lésions observés chez les patients. Nous utiliserons des souris adultes, âgés de 10-12 semaines au moment de l’induction de la pathologie. L’usage de jeunes adultes permet de reproduire les conditions d’initiation de la sclérose en plaques chez l’humain et limite les risques d’artefacts liés au vieillissement de l’animal.