Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Quatre-vingt-huit souris seront réutilisées dans d’autres procédures, les 504 autres tuées après une greffe de cellules cancéreuses pour analyse de leurs organes. 592 souris au total vont être utilisées, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Chaque animal reçoit sept gavages en quatorze jours puis huit autres en vingt et un jours, six récoltes de selles, des prélèvements de sang répétés et jusqu’à cinq administrations de chimiothérapie, d’inhibiteurs de tyrosine kinase, d’immunothérapie anti-PD-1 ou du candidat médicament bactérien de la société. Parmi les trois objectifs annoncés figure un objectif économique, rendre le traitement plus accessible et « attirer les industriels » en simplifiant les critères de sélection des patients.

NTS-FR-733242v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système immunitaire ·
Mots-clés
Cancer, microbiote, Candidat médicament, immunothérapie
Souris : 592

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le microbiote intestinal, c’est-à-dire l’ensemble des micro-organismes vivant dans nos intestins, joue un rôle important dans la façon dont notre corps réagit au cancer et aux traitements, notamment en influençant la réponse immunitaire. La modulation de la réponse immunitaire antitumorale par le microbiote intestinal repose sur des interactions spécifiques entre certaines souches bactériennes et les cellules immunitaires au niveau de l’intestin. Des données précliniques ont mis en évidence le rôle immunomodulateur d’une souche bactérienne sélectionnée pour ses propriétés de restauration de la sensibilité à certaines thérapie anti-cancéreuse. Cette souche est utilisée actuellement en phase I d’un essai clinique (NCT05865730), administré à des patients atteints de cancer du rein avancé et traités exclusivement par immunothérapie. Avant de pouvoir proposer notre médicament à un plus grand nombre de patients, la recherche doit vérifier si la bactérie qu’il contient peut bien s’installer dans l’intestin, même chez les personnes qui ont déjà naturellement des bactéries similaires. Cette étape est importante pour s’assurer que le traitement fonctionne sans avoir besoin de vérifier à l’avance la composition du microbiote de chaque patient. Actuellement, notre médicament est testé uniquement chez des patients atteints d’un cancer du rein. Pour pouvoir en faire bénéficier d’autres personnes, nous envisageons de l’essayer aussi dans d’autres types de cancers. Le but secondaire de ces études est également de s’assurer que ce traitement fonctionne bien lorsqu’il est utilisé en même temps que les nouvelles combinaisons de médicaments déjà prescrites contre le cancer chez les patients. Il est donc nécessaire de faire ces études pour permettre d’élargir l’essai cliniques auprès de nouvelles personnes atteintes de cancers. Ces études doivent être menées sur un modèle pertinent et proche de l’humain ; bien que le microbiote de la souris diffère de celui de l’homme, ils partagent des fonctions biologiques essentielles et des réponses immunitaires similaires, ce qui en fait un modèle adapté pour étudier les effets thérapeutiques.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Comme ce nouveau « candidat médicament » développé par notre société ne peut pas encore être testé directement chez les humains, nous devons d’abord le tester dans des conditions sûres. Pour cela, nous utilisons des souris de laboratoire, car elles sont très couramment utilisées dans la recherche contre le cancer. Elles partagent beaucoup de points communs avec l’être humain, notamment au niveau génétique. De plus, il existe déjà de nombreux modèles de cancer bien connus chez la souris, ce qui permet de reproduire des situations proches de celles observées chez les patients. Cela nous aide à vérifier si le médicament fonctionne bien, et à comparer les résultats avec les traitements standards déjà utilisés. Utiliser un autre animal rendrait les résultats moins fiables et plus difficiles à interpréter. Elles partagent beaucoup de points communs avec nous sur le plan génétique, et permettent de tester les traitements dans des conditions fiables. Le projet comporte deux grandes étapes : La première vise à vérifier si le candidat médicament, une bactérie thérapeutique, peut s’installer dans l’intestin même si une autre bactérie appelée Akkermansia n’est pas déjà présente. Si c’est le cas, cela permettrait de simplifier l’accès au traitement pour les patients, sans avoir besoin de tests préalables. La deuxième étape cherche à montrer que le candidat médicament peut renforcer l’efficacité des traitements classiques contre différents types de cancers solides (foie, rein, poumon,peau,…). Cela pourrait en faire une option complémentaire pour les patients chez qui les traitements actuels ne fonctionnent pas bien. Ce projet a trois objectifs : Pharmacologique : s’assurer que le candidat médicament fonctionne bien et peut être utilisé chez tous les patients. Thérapeutique : tester le candidat médicament avec différents traitements (comme la chimiothérapie ou la radiothérapie) pour élargir ses usages. Économique : rendre le traitement plus accessible, réduire les coûts et attirer les industriels en simplifiant les critères de sélection des patients. En résumé, ce projet pourrait changer la façon dont on personnalise les traitements contre le cancer, en utilisant le microbiote (les bactéries intestinales) pour améliorer la réponse aux thérapies.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Chaque souris recevra 7 gavages pendant 14 jours puis 8 pendant 21 jours (durée 1 minute, vigile). Des récoltes de selles auront lieu à selles à 6 temps (J0, J6, J14, J21, J28, J34). Pour la procédure avec implantation de tumeur, les souris recevront une implantation tumorale sous anesthésie locale (durée 1 minute) suivie de traitements combinés : chimiothérapie, inhibiteurs de tyrosine kinase, immunothérapie anti-PD-1, et/ou d’Oncobax® (5 administrations par souris, durée 1 minute, anesthésie locale)). Des prélèvements de sang seront réalisés sur animaux vigiles à différents temps (J0,J7,J14, J21). Les animaux seront suivis cliniquement et euthanasiés si des critères éthiques sont atteints. Aucun autre geste invasif n’est prévu en dehors des prélèvements de selles/plasma et des injections nécessaires au protocole.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La contention peut induire un stress léger et transitoire, tandis que les injections sous-cutanées ou intrapéritonéales peuvent provoquer, en plus du stress, des douleurs passagères ainsi que des risques de lésions locales ou de péritonite en cas d’erreur. Le gavage oral peut induire une douleur tranistoire et légère. Les prélèvements de fèces, bien que brefs, peuvent générer un stress léger, avec des effets cumulatifs en cas de répétition, avec un impact poivant devenir modéré. La croissance tumorale peut altérer l’état général des souris : douleur modérée, réduction de la mobilité, perte d’appétit, hypothermie, complications locales (ulcérations, nécroses), et cachexie (amaigrissement sévère, fonte musculaire) dans les cas avancés.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Certaines des souris ayant eu une procédure légère, pourront être réutilisées. D’autres souris recevront des greffes de cellules cancéreuses, et seront euthanasiées pour analyses post-mortem sur tissus et organes.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Avant d’envisager l’utilisation de souris, plusieurs approches alternatives ont été explorées pour tenter de répondre aux objectifs scientifiques: des outils de modélisation informatique ont été utilisés pour prédire certaines interactions moléculaires. Bien qu’utiles, ces modèles ne permettent pas de reproduire la complexité d’un organisme vivant, en particulier les réactions du système immunitaire et la dynamique des bactéries de l’intestin. Des modèles cellulaires (in vitro) ont également été employés en amont. Ces systèmes permettent d’étudier certains mécanismes localisés, mais ils ne disposent ni d’un microbiote fonctionnel, ni d’un système immunitaire complet, ce qui limite leur capacité à simuler les effets globaux du traitement. Des approches basées sur l’étude de tissus ou d’organes isolés (ex vivo), ont aussi été envisagées. Elles permettent des analyses ponctuelles, mais ne reflètent pas les processus dynamiques comme la colonisation bactérienne ou la progression d’un cancer dans un organisme entier. Enfin, les bases de données et modèles statistiques ont été utiles pour concevoir les protocoles, mais ne peuvent pas prédire la réponse globale d’un organisme vivant à un traitement complexe. Ainsi, malgré l’utilisation maximale de méthodes alternatives, l’expérimentation animale reste indispensable pour valider les hypothèses du projet. Le modèle murin (la souris) a été choisi car il est bien connu, maîtrisé par les équipes, et déjà utilisé dans les phases précédentes du développement.

2. Réduction

3R / Réduction :

Dans ce projet, il est utilisé des modèles expérimentaux bien connus et déjà validés, ce qui permet de limiter les ajustements techniques et donc d’éviter des pertes animales inutiles. Le nombre de souris utilisées est calculé avec précision à l’aide d’outils statistiques, afin d’obtenir des résultats fiables sans utiliser plus d’animaux que nécessaire. Par exemple, pour mesurer l’effet du traitement sur la croissance tumorale ou la survie, les chercheurs ont défini à l’avance le nombre minimum d’animaux requis pour détecter une différence significative entre les groupes. Ces calculs sont basés sur des données issues d’études précédentes et sur des hypothèses réalistes. Les analyses statistiques prévues permettent d’exploiter au mieux les données recueillies, sans multiplier les expériences. De plus, les expérimentations sont regroupées autant que possible, notamment pour limiter le nombre de groupes témoins, souvent nécessaires pour comparer les effets d’un traitement. Chaque procédure ne sera répétée qu’une seule fois, uniquement si les résultats sont concluants, afin d’éviter toute répétition inutile. Si une expérience ne donne pas de résultats exploitables, elle sera interrompue pour ne pas utiliser d’animaux sans raison valable. Enfin, le personnel impliqué est hautement qualifié, ce qui garantit une bonne maîtrise des gestes techniques et limite les erreurs ou les pertes d’animaux liées à des manipulations inappropriées.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Toutes les manipulations (comme le gavage, les injections ou les prélèvements sanguins) seront réalisées en limitant leur fréquence et leur durée au strict nécessaire. Lorsque cela est possible, ces gestes seront effectués sous anesthésie locale, afin de garantir un confort optimal. Les animaux seront hébergés dans des conditions optimales : alimentation adaptée, eau stérile à volonté, enrichissement de l’environnement (abris, matériaux de nidification, etc.), et une période de quarantaine d’au moins une semaine avant le début des procédures pour favoriser leur acclimatation et réduire le stress. Dès le début de l’étude, les animaux feront l’objet d’un suivi clinique quotidien, basé sur des critères précis : poids, état du pelage, comportement, état des dents, taille et aspect des tumeurs. Ce suivi permet de détecter rapidement tout signe de souffrance ou de dégradation de l’état de santé. Des points limites précoces ont été définis et seront strictement appliqués.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Dans ce projet, des souris adultes âgées de 7 à 8 semaines seront utilisées, un stade correspondant à leur maturité sexuelle, garantissant un système immunitaire pleinement développé et une stabilité hormonale. Le choix de la souris repose sur des critères scientifiques, pratiques et éthiques : c’est un modèle largement utilisé en recherche biomédicale, notamment pour étudier les interactions entre le microbiote, le système immunitaire et les traitements anticancéreux. Sa génétique est bien connue et présente de nombreuses similarités avec celle de l’humain, ce qui en fait un modèle pertinent pour ce type d’étude. L’utilisation de ce modèle permet également de s’appuyer sur des protocoles déjà maîtrisés par les équipes, assurant des conditions expérimentales fiables et reproductibles, tout en limitant le nombre d’animaux nécessaires.