
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 14/11/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-704918)
Nées dans un élevage de lignées génétiquement modifiées destinées à créer des modèles de méningiomes et de cavernomes, 600 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. À sept à dix jours, chaque souriceau subit vigile l’ablation de l’extrémité de la queue pour établir son génotype, geste de quelques secondes qui provoque une douleur brève et peut saigner, parfois suivi d’un second prélèvement à l’oreille à l’âge adulte. Le porteur revendique un croisement entre homozygotes afin de limiter le nombre d’animaux qu’il ne pourrait pas utiliser. Une partie des souris part ensuite vers d’autres projets de l’équipe, une autre est cédée à d’autres équipes, le reste est tué.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de réaliser des prélèvements invasifs pour connaitre le patrimoine génétique des souris génétiquement modifiées produites qui seront ensuite utilisées pour nos projets scientifiques. Ces projets ont notamment pour objectif de créer des nouveaux modèles souris génétiquement modifiés de de méningiomes. L’un des projets, déjà accepté, a pour objectif de déterminer le rôle du micro-environnement tumoral dans les méningiomes de Grade 2 et 3, de l’OMS, caractérisés par un taux de récidive et de mortalités associés plus élevés, et le second, en cours d’évaluation, a pour objectif de déterminer la cellule d’origine des méningiomes en fonction de leur agressivité histologique. L’objectif de ce deux projets est in fine de mieux comprendre ces tumeurs, qui constituent les plus fréquentes du système nerveux de l’adulte, afin de développer de nouveaux traitements. Ces projets ont également pour objectif de développer de nouveaux modèles de cavernomes, une malformation vasculaire cérébrale touchant 0.5 pourcent de la population générale qui peut être à l’origine de crises d’épilepsie et handicaps neurologiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet nous permettra de connaitre les modifications génétiques des animaux produits afin de générer des souris génétiquement modifiées pour des lignées spécifiques d’intérêt qui seront ensuite utilisées soit pour l’obtention de modèles animaux de cavernomes ou méningiomes, soit en utilisation continue dans nos projets de recherche en cours ou à venir. Ces modèles permettront de mieux comprendre la tumorigenèse de ces deux lésions. De plus, le développement de ces modèles pourrait permettre d’avoir des modèles animaux plus représentatifs de la maladie dans de futures études pré-cliniques, ceci permettant de favoriser la translation des résultats obtenus chez l’humain. A plus long terme, ces connaissances pourraient permettre de contribuer à l’amélioration de la prise en charge des patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Afin d’identifier leur patrimoine génétique une partie des souriceaux produits dans le cadre de notre élevage de souris génétiquement modifiées aura un petit prélèvement de l’extrémité de la queue (une fois, vigile, durée quelques secondes). Rarement un re-prélèvement à l’oreille (1 seule fois, moins d’une minute) pourrait avoir lieu sur un animal adulte vigile si cela est jugé nécessaire après avis de la structure chargée du bien-être animal.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le prélèvement de l’extrémité de la queue (ou de l’oreille) sera associé à une légère et brève douleur. Il existe également un risque de saignement suite au prélèvement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Une partie des animaux seront transférés en utilisation continue dans nos projets en cours ou à venir pour être analysés afin de répondre à la question scientifique du projet, les autres seront proposés en dons à d’autres équipes ou euthanasiés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe actuellement pas de modèles in vitro ou in silico de cavernomes et de méningiomes permettant de répondre aux questions scientifiques posées par nos projets, ce qui justifie l’utilisation de modèles vivants. Par ailleurs nos projets actuels reposent sur l’étude des interactions entre le micro-environnement méningé et les méningiomes d’un côté et l’interface neuro-vasculaire cérébrale et les cavernomes de l’autre, rendant nécessaire l’étude de ces interactions chez un animal vivant puisqu’à ce jour aucun autre modèle ne permet de représenter la complexité de ces interactions.
2. Réduction
Ce projet nécessitera au maximum 600 animaux. Nous piloterons au plus près la production des animaux destinés à l’entretien des lignées afin d’en diminuer le nombre et d’assurer une production minimale d’animaux pour le maintien des lignées et nos lots expérimentaux. Nous privilégions un schéma d’accouplement entre homozygote afin d’obtenir un maximum d’animaux porteur des génotypes d’intérêt et limiter au maximum les animaux qui ne pourraient pas être utilisés dans nos projets de recherche. Les animaux destinés à entrer dans nos autres projets en cours ou à venir entreront dans des groupes pour lesquels nous auront définis les effectifs à partir de notre expérience et réduisant ce nombre au strict nécessaire pour obtenir des résultats statistiquement exploitables. Le présent projet étant dédié uniquement au prélèvement pour génotypage des animaux aucun test statistique ne sera réalisé.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés dans des conditions conformes à la réglementation en vigueur. Ils bénéficieront d’un enrichissement de leur environnement composé d’un carré de coton et d’un bâtonnet de bois à ronger en routine complétés d’une maisonnette pour les cages d’élevage. Ils sont observés quotidiennement. En cas d’anomalie, celle-ci est transmise à la structure chargée du bien-être animal (SBEA), au vétérinaire et à notre équipe afin d’assurer la meilleure prise en charge des animaux. Des points limites sont définis et seront respectés pour éviter toute souffrance animale. Le geste de biopsie est rapide (moins d’une minute), parfaitement maitrisé et sera de la plus petite taille possible. Il sera réalisé sur de jeunes animaux permettant de favoriser une cicatrisation rapide. Les petits sont replacés rapidement avec leur mère et le reste de la portée pour leur redonner un environnement réconfortant. Ils sont surveillés immédiatement puis environ 30 minutes après pour s’assurer de l’absence de saignement et de la bonne prise en charge par la mère. Cet acte est pratiqué au calme dans une pièce dédiée. Le matériel est propre et désinfecté entre chaque animal pour limiter le risque d’infection et de contamination croisée. Nous privilégierons un schéma de croisement limitant les besoins de prélèvement invasifs pour connaitre le patrimoine génétique de nos animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle bien connu, son génome est connu et de nombreux outils sont disponibles pour le modifier, permettant ainsi d’introduire des mutations génétiques spécifiques pour la modélisation de pathologies humaines. Différentes souches de souris génétiquement modifiées nécessaires à l’établissement des modèles désirés dans ce projet existent déjà et présentent donc un réel intérêt dans le cadre de notre projet. De plus des modèles de méningiomes et cavernomes existent déjà, mais ne reproduisent pas encore fidèlement et parfaitement les lésions retrouvées chez l’humain, ce qui justifie la réalisation de nouveaux modèles à visée de compréhension de la pathologie humaine et de prédiction de la possible efficacité de futurs traitements. Les anciens modèles nous permettront néanmoins de comparer les éventuels nouveaux phénotypes obtenus à partir de nos nouveaux modèles avec les phénotypes de référence déjà observés. Les animaux auront un prélèvement pour connaitre leur patrimoine génétique à l’âge de 7 à 10 jours afin de bénéficier de la cicatrisation rapide observée chez les jeunes animaux et connaitre leur modification génétique très tôt.