
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/01/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-473751)
Une prothèse posée sur le crâne, une canule enfoncée dans la citerne cérébrale, un cathéter artériel: jusqu’à quatre chirurgies par animal, toutes sous anesthésie générale. 190 souris Swiss sont utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance sévère, toutes tuées pour une étude histologique du cerveau. Il s’agit de mesurer l’effet de différents anesthésiques sur la circulation du liquide cérébro-spinal, avec des séances d’IRM sur animal éveillé après six jours d’habituation au bruit de l’appareil, bouchons d’oreilles compris, et jusqu’à dix jours d’isolement en cage individuelle pour protéger la prothèse. Le porteur indique que ces implants interdisent toute réutilisation comme toute adoption, et que 148 animaux suffiraient sans échec de procédure, les 42 autres couvrant un taux d’échec estimé à 10 %.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’hypothèse de travail de ce projet est que les agents anesthésiques ont une influence sur le fonctionnement du glymphatique et que cet effet est dépendant de l’agent hypnotique utilisé et/ou de ces conséquences pharmacodynamiques. Dans ce projet, nous avons pour objectif de déterminer et de quantifier l’effet sur la circulation intra-cérébrale du liquide cérébro-spinal (LCS) de différents agents anesthésiques ayant tous un pouvoir hypnotique mais dont le mode d’action et les cibles cérébrales sont différentes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les résultats attendus sont un effet non univoque de l’anesthésie générale sur la circulation intra-cérébrale du LCS dépendant de l’agent anesthésique utilisé et de ses conséquences physiologiques. Cet effet étant, selon nous, très dépendant de ces mêmes conséquences pharmacodynamiques. Les bénéfices attendus de ce projet sont: – sur le plan pré-clinique: une meilleure connaissance des mécanismes influençants la circulation intra-cérébrale du liquide cérébro-spinale. Cette approche fondamentale est essentielle au développement d’hypothèses physiopathologiques qui permettraient le développement d’éventuelles propositions de prévention ou de thérapeutiques. – sur le plan clinique: cette approche pharmacodynamique des agents anesthésiques est inedite et originale. In fine, nos conclusions pourraient jouer un rôle en pratiques cliniques avec la determination de protocoles d’anesthésies dont les agents anesthésiques choisis seraient les moins à risque d’aggraver le pronostic de patients dont le système dit glymphatique semble déjà compromis, comme dans l’hémorragie méningée ou la maladie d’Alzheimer.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Procédures chirurgicales: maximum 4 procédures par animal, toutes réalisées sous anesthésie générale, durée moyenne d’une procédure: 15min. Les procédures: mise en place d’une prothèse crânienne, mise en place d’une canule intra-cisternale, mise en place d’une voie veineuse périphérique, mise en place d’un catheter de pression artérielle invasive (groupe contrôle). Procédure vigile: imagerie vigile.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux sont exposés au risque de douleur en lien avec les procédures chirurgicales, au risque de stress lié aux manipulations et aux examens réalisés en vigile. Ce protocole considère ces risques et prévoit les prises en charge à réaliser en fonction des situations possibles.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux de ce projet seront euthanasiés à l’issu des procédures en raison d’une étude histologique cérébrale prévue. Tous les animaux de ce projet vont subir des procédures de classe sévère avec notamment la mise en place d’une prothèse crânienne et d’une canule intra-cisternale n’autorisant ni à les réutiliser ni à les replacer ni à les proposer à l’adoption.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet n’est à l’heure actuelle pas remplaçable par un autre modèle expériemental que l’animal. La complexité des mécanismes sous-tendant la physiologie cérébrale ne peuvent être reproduit par un modèle informatique ni par un modèle in vitro. Le caractère expérimental et invasif rend impossible ce projet sur volontaire humain. La souris est par ailleurs l’animal indiqué pour cette expérimentation. C’est chez cette espèce que l’existence du système glymphatique a été montrée et que son fonctionnement a été le plus étudié. La physiologie cérébrale est également parfaitement connue chez cette espèce et comparable à celle du cerveau humain dans ces grands principes. Enfin, la méthodologie expérimentale requise par ce projet est également parfaitement décrite dans la littérature pour le modèle murin.
2. Réduction
Ce projet nécessite 190 souris. Des tests statistiques entre les groupes groupes seront réalisés afin de déterminer si les différences observées sont significatives. Nous avons calculé ce nombre de sujet nécessaire qui permettrait l’obtention de résultats significatifs à partir de nos données locales, en y ajoutant des pertes estimées de 10% (échec de la procédure) et en tenant compte du principe de réduction du nombre d’animaux. Il s’agit donc du nombre maximum d’animaux prévus pour ce projet ; en l’absence d’échec le nombre minimum est de 148 animaux.
3. Raffinement
Ce protocole a été pensé et organisé afin d’optimiser l’expérimentation sans minimiser nos chances d’obtenir des résultats significatifs. Les principes éthiques et les standards de raffinement y sont respectés de la naissance à la mort de l’animal : le bien-être des animaux sera suivi quotidiennement par du personnel formé. Ils seront hébergés dans des locaux agréés où température (21°), hygrométrie (55%), luminosité (100 lux) et durée du cycle de lumière inversé (12h/12h) sont maitrisées. La réalisation des procédures sera réalisée durant la phase d’activité physiologique de l’animal. L’alimentation et l’eau seront fournies ad libidum. Le raffinement de nos procédure sera assuré par un souci constant du confort et de l’analgésie des animaux, notamment : l’hébergement de tous les animaux dans des cages standards aux normes européennes. L’habituation à la manipulation sera engagée précocement afin de réduire le stress lié au contact avec l’homme avant le début du protocole. Une anesthésie est réalisée lors de la pose de la prothèse. Une analgésie efficace sera garantie avec le recours à un antalgique morphinique de durée d’action longue associé à un antalgique non morphinique, le paracétamol, et à des mesures non pharmacologiques telles qu’un environnement enrichi avec de la ouate en post-opératoire. L’hébergement post-opératoire sera réalisé en cage individuelle après la pose de la prothèse crânienne afin de prévenir tout risque d’arrachement du matériel en lien avec une bagarre entre animaux. Cet hébergement isolé sera enrichi et d’une durée la plus réduite possible avant la procédure (10 jours maximum) afin de prévenir le stress chez un animal isolé. L’accès à l’eau et à la nourriture sera adapté au besoin (croquette dans une coupelle humide). Les souris, préalablement habituées à la manipulation, seront habituées à la contention et au bruit de l’IRM durant 6 jours avec des durées croissantes (de 10 minutes à 60 minutes) afin de diminuer leur stress lié à l’expérimentation. Des bouchons d’oreilles seront placés afin de limiter le bruit de l’appareil. Ajouté à ces précautionsont été défini des points limites adaptés à chaque étape de notre protocole avec une escalade des prises en charge aboutissant à la mise à mort de l’animal en cas de détresse ou souffrance ne pouvant être soulagée dans des délais brefs.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris Swiss est le meilleur compromis entre remplacement et pertinence. Sans reprendre les agruments avancés plus haut, ses caractéristiques physiologiques et anatomiques parfaitement connues, son poids et sa taille classiquement supérieurs à ceux d’autre souche, la facilité d’un abord vasculaire et trachéal et son hétérogénéité génétique en fond un candidat de choix pour ce projet. Les expériences seront réalisées chez des animaux de 8 semaines, ce qui correspond à un stade jeune adulte, âge auquel le système glymphatique est considéré mature et pleinement efficient. Ils seront commandés à 6 semaines pour anticiper les étapes d’habituation à la manipulation et à la contention.