
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/01/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-227241)
Anciens mâles reproducteurs de six à dix mois, 2 120 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 680 d’entre elles, modéré pour 360 et sévère pour 1 080, toutes tuées pour prélever sang et cerveau. Elles subissent un traumatisme crânien sous anesthésie, un conditionnement de peur avec stimulus aversif, et une défaite sociale consistant à les confronter dix minutes par jour pendant dix jours à une souris plus grande et agressive, parfois avec blessures légères. Le porteur écarte tout anti-inflammatoire et tout opiacé, au motif que ces molécules gêneraient l’observation du stress oxydant et de l’inflammation qu’il veut mesurer. Il annonce des tests d’anxiété de dix minutes, de mémoire de vingt minutes et de dépression de trois heures, sans préciser lesquels, et justifie l’effectif de 2 120 animaux par la seule mention d’une réduction au maximum.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les traumatismes crâniens légers, qui représentent plus de 90% des cas de traumatismes crâniens, et le trouble de stress post-traumatique sont des pathologies le plus souvent associées à des poly-traumatismes. Ces deux pathologies peuvent avoir des répercussions profondes à long terme sur le comportement des patients, et malheureusement, aucun traitement efficace ne permet de limiter ces déficits. Dans ce projet, nous proposons d’évaluer si un médicament antidépresseur (ayant obtenu une autorisation d’utilisation chronique en clinique humaine) pourrait également exercer des effets bénéfiques en traitement ponctuel dans des modèles de poly-traumatisme chez la souris. Ceci aboutirait in fine à une nouvelle indication en clinique pour ce médicament.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Étant donné que le médicament que nous évaluerons dans ce projet est d’ores et déjà autorisé en clinique humaine, s’il se révèle bénéfique dans notre modèle murin, son utilisation chez les patients victimes de poly-traumatismes pourra rapidement être proposé, ce qui constituera donc une nouvelle indication pour ce médicament.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris subiront : – Une anesthésie générale avec implantation d’une puce de mesure de température sous cutanée (anesthésie de 30 minutes). – 1, 2 ou 3 stress (chirurgie 30 minutes une fois, conditionnement de peur 4 jours une fois et défaite sociale 10 jours une fois. Stress cumulés ou seuls, avec 3 semaines de récupération entre chaque stress). – Une injection de médicament antidépresseur (ou du solvant, au maximum 3 fois dans une procédure avec 3 semaines d’écart entre les injections de traitement ou de solvant). – Des tests comportementaux évaluant l’anxiété (10 minutes), la mémoire (20 minutes) ou la dépression (3h) de l’animal seront effectués 1 fois à la fin des stress. – Un prélévement sanguin terminal de 3 minutes sous anesthésie générale sera effectué pour évaluer différents biomarqueurs.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances expliquées ici sont classées par ordre de gravité. Défaite sociale : Les souris subiront une confrontation avec une autre souris plus grande et agressive pendant 10 minutes, une fois par jour pendant 10 jours. Ce modèle de stress implique que les animaux soient stressés émotionnellement et parfois légèrement physiquement (légèrement blessés durant les confrontations). Trauma crânien léger : La chirurgie durera environ 15 minutes et provoquera un stress physique léger chez l’animal. Conditionnement de peur : Les animaux seront placés dans une boite de conditionnement, permettant le conditionnement à un son initialement neutre. Le conditionnement dure 15 minutes avec une alternance de stimulus aversifs/son et de temps de repos, puis les jours suivants (3 jours pour l’extinction et 1 jour pour le rappel de peur), le son est présenté seul sans aucun stimulus aversif. Le stimulus aversif étant de faible intensité, le léger stress chez nos animaux sera émotionnel et non physique. Test de préférence à une solution sucrée : Les animaux seront privés d’eau pendant 15 h pour stimuler la prise de liquide pendant le test. Cela n’engendrera qu’un stress physique modéré chez nos animaux. Mesures du cycle circadien. Des puces électronique seront implantés sous la peau en quelques secondes chez nos animaux, sous anesthésie. Lors de la mesure de l’activité locomotrice, les animaux seront isolés pendant 24h, avec un accès ad libitum à l’eau et à la nourriture, rendant le stress minime. Fin de vie : Les animaux recevront une injection d’anesthésiques, provoquant un léger stress physique et émotionnel de par la légère douleur de l’aiguille, et par la contention réalisée, durant quelques secondes. Le prélévement sanguin sera alors réalisé sans effet indésirable grâce aux étapes le précédant.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À l’issue de la procédure, les souris seront euthanasiées et leur sang ainsi que leur cerveau seront prélevés pour des analyses biochimiques permettant d’évaluer l’effet du traitement antidépresseur sur les altérations post-traumatiques. Des comparaisons seront réalisées entre les groupes traités et non traités, ainsi qu’entre les groupes exposés à un ou plusieurs stress, afin de mesurer l’impact sur la récupération après un ou plusieurs stress.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nos recherches portent sur les conséquences comportementales à long terme en contexte de (poly)traumatisme(s), et s’intéressent plus particulièrement à l’effet d’un antidépresseur. Nous étudierons donc le comportement des animaux et nous intéresserons également aux changements moléculaires et cellulaires qui les accompagnent. Bien que certains de ces mécanismes peuvent être étudiés à l’aide de modèles in vitro, le recours à des modèles animaux reste indispensable pour appréhender les effets comportementaux. Le modèle murin est donc essentiel à cette étude réalisée dans une perspective thérapeutique.
2. Réduction
Les études prévues nécessiteront l’utilisation de 2120 animaux au maximum. L’effectif nécessaire a été évalué de manière à réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés tout en s’assurant d’atteindre les objectifs spécifiques fixés.
3. Raffinement
Les procédures prévues ont été raffinées afin de réduire au maximum l’inconfort physique et physiologique des animaux en dehors des expérimentations de stress prévues, et toute forme de souffrance chez les animaux. Le TC sera réalisé sous anesthésie générale associé à l’utilisation d’anesthésique local. La prise en charge de la douleur par des anti- inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) ou des opiacés ne peut pas être appliquée puisque ces agents pharmacologiques entraveraient l’observation des phénomènes de stress oxydant et d’inflammation que nous souhaitons étudier. A la suite de la chirurgie, des aliments (croquettes) ainsi que de l’eau gélifiée seront déposés directement dans chaque cage afin de favoriser à la fois la consommation de nourriture et l’hydratation des animaux. Une fiche de suivi sanitaire comportant des points limites définis avant les expérimentations permettra de suivre l’état général des animaux pendant et après les différents stress (quotidiennement durant 3 jours suivant le stress). Dans le cas où les points limites seraient atteints, les animaux seront soit soignés et surveillés de manière renforcés soit mis à mort de manière précoce. L’ensemble du personnel en charge de la surveillance des animaux sera formé à l’utilisation de cette fiche de suivi sanitaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle murin est utilisé en raison de sa pertinence biologique, génétique et physiopathologique, permettant d’étudier de manière fiable les pathologies en neuropsychopharmacologie. Le modèle murin permet de reproduire de manière fiable les lésions cérébrales des traumatismes crâniens ainsi que les conséquences comportementales anxiodépressives et cognitives liées à des stress psychiques tels que le conditionnement de peur et la défaite sociale. Il constitue donc un modèle essentiel à la recherche de stratégies thérapeutiques innovantes en neuropsychopharmacologie. Les animaux auront 9-10 semaines au moment de la première manipulation, correspondant au stade de jeune adulte, pertinent car c’est un âge fréquent de traumatismes crâniens et de stress psychiques en clinique humaine. Les animaux seront des anciens mâles reproducteurs d’environ 6-10 mois.