
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 02/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-143940)
Gavées pour recevoir un microbiote puis la bactérie étudiée, nourries douze semaines avec un régime riche en graisses, placées trois ou quatre fois dans un pot en plastique pour la collecte des crottes, 148 souris dépourvues de flore intestinale vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Après six heures de jeûne vient le test de tolérance au glucose, avec un gavage et des prélèvements de sang répétés à la queue. Le porteur présente Prevotella comme un probiotique de nouvelle génération à fort potentiel de valorisation, tout en reconnaissant que son effet sur la santé humaine reste ambigu. Toutes sont tuées pour que l’intestin et le contenu du cæcum soient prélevés.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Il est maintenant bien admis que des milliards de micro-organismes vivent dans notre tractus digestif. Cette communauté bactérienne, fongique et virale forme le microbiote intestinal. Celui-ci joue un rôle très important pour notre santé et est modulé par l’alimentation. En effet, la consommation d’aliments riches en fibres (fruits, légumes, céréales complètes ou légumineuses) favorise le développement intestinal des bactéries bénéfiques pour la santé. Ces bactéries, qualifiées de probiotiques de nouvelle génération, représentent un réservoir encore trop peu connu d’espèces bactériennes à fort potentiel d’innovation et de valorisation pour l’amélioration de la santé ou le développement de nouveaux traitements. Prevotella est une bactérie intestinale qui persiste dans le tractus digestif d’individus consommant beaucoup de produits végétaux. De nos jours, l’impact de Prevotella sur la santé humaine reste ambigu. Certaines études mettent en évidence son impact bénéfique sur la régulation du sucre dans le sang, alors que d’autres travaux rapportent des effets délétères de cette bactérie. L’objectif du projet est de mieux comprendre comment Prevotella agit dans le corps humain et comment l’alimentation moderne pauvre en fibres influence sa présence et son rôle dans notre santé.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La bactérie intestinale Prevotella pourrait avoir un effet positif sur notre santé, en particulier sur la santé métabolique. Ainsi, elle pourrait améliorer la sensibilité à l’insuline et réguler la glycémie. Cependant, ses effets bénéfiques peuvent dépendre du type d’alimentation : Prevotella peut agir surtout lors d’une forte consommation de fibres, ce qui est souvent moins le cas dans le régime occidental (riche en produits transformés et pauvre en fibres). Au final, cette étude permettra d’évaluer le potentiel de Prevotella comme probiotique de nouvelle génération ciblant les dysfonctions métaboliques et d’en préciser les mécanismes d’action sur l’hôte. Elle soulignera également les bénéfices des fibres alimentaires, dont la consommation, insuffisante dans les régimes occidentaux, doit être encouragée et soutenue.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à des prélèvements de fèces 3 ou 4 fois sur une période de 14 semaines. Le prélèvement de fèces ne dépassera pas 10 minutes de séjour dans un pot en plastique transparent. Les souris seront soumises à un test oral de tolérance au glucose, après un jeûne de 6 heures en fin d’expérimentation. Ceci implique un gavage oral et des prélèvements de sang. La durée totale moyenne du gavage des souris est de 2 à 5 minutes par souris en incluant le temps de contention de l’animal, l’acte de gavage, ainsi que la vérification post-gavage. La collecte sanguine capillaire nécessite environ 2 à 5 minutes par animal, incluant la contention, le prélèvement et l’hémostase. Elles auront également des gavages pour l’implantation du consortium bactérien et pour administrer notre bacteéie d’intérêt. Il faut également ajouter 2 prélèvements de sang espacés de 6 semaines. Le prélèvement sanguin prend en moyenne 2 minutes, une fois l’animal correctement immobilisé. Une partie des souris seront nourries avec un régime riche en graisse ou avec un régime riche en graisse enrichi en fibres alimentaires et ceci sur 12 semaines.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux seront soumis à un stress sur de temps très courts, lors des gavages pour l’inoculation du microbiote et du glucose pour l’OGTT (test de tolérance oral au glucose), et pour les prélèvements sanguins à la veine submandibulaire et à la queue pour le suivi de la glycémie durant l’OGTT. Les souris seront soumises à un jeûne de 6h avant les tests de tolérance au glucose ce qui n’entraine qu’une diminution modérée de la glycémie mais aucune hypoglycémie. Les animaux subiront également un stress lors des prélèvements de fèces (10 minutes de séjour au plus dans un pot en plastique transparent), soit trois fois (procédure 1) ou quatre fois (procédure 2) sur la durée totale de l’expérimentation.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux sera euthanasié afin de prélever certains tissus comme intestin et contenu de caecum
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Actuellement, il n’existe pas de méthode alternative validée à l’expérimentation animale capable de reproduire la façon dont les différents organes du corps communiquent sur le plan métabolique. Il est donc nécessaire d’utiliser des animaux pour étudier l’ensemble du système, car cela permet d’observer comment les gènes, les bactéries intestinales, l’alimentation et les organes interagissent les uns avec les autres. On peut ainsi mesurer des paramètres importants comme le taux de sucre et d’insuline dans le sang.
2. Réduction
Nous prévoyons d’utiliser 16 souris par groupe testé. D’après notre expérience, ce nombre est nécessaire pour obtenir des résultats fiables et pouvoir affirmer avec certitude qu’une différence observée est significative. En effet, le taux de sucre dans le sang varie naturellement d’une souris à l’autre, il faut donc suffisamment d’animaux pour compenser ces variations. Nous utiliserons à la fois des mâles et des femelles, ce qui permet de mettre en évidence les variations éventuelles en fonction du sexe.
3. Raffinement
Les souris seront hébergées dans des cages, par petits groupes du même sexe (2 à 4 par cage). Pour leur bien-être, elles disposeront de papier à déchiqueter, de morceaux de bois à ronger et de cachettes en plastique. La litière et la nourriture seront stérilisées pour garantir leur santé. Elles auront accès en permanence à de l’eau et à de la nourriture (standard ou enrichie en graisses et fibres selon les groupes testés). Différentes procédures seront mises en place pour limiter l’inconfort : • Les gavages seront effectués uniquement par du personnel expérimenté, de manière rapide et délicate. Les quantités données seront faibles et nous utiliserons des sondes souples ou à olive non blessantes. • Pour collecter les crottes, les souris seront placées dans un petit récipient transparent et ouvert pendant 10 minutes maximum, ce qui leur permet de continuer à voir leurs congénères. • Lors du test de tolérance au glucose (qui dure environ 2 heures), les cages seront posées sur un tapis chauffant pour éviter que les souris n’aient froid. L’état de santé des animaux sera évalué régulièrement par des agents expérimentés santé afin de détecter rapidement tout problème physique ou comportemental (pesée, contrôle de l’alimentation). Des points limites seront définis et appliqués.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utilisons des souris car c’est l’animal de référence pour étudier les maladies liées au métabolisme (comme le diabète). Pour cette étude, nous avons besoin d’animaux sans bactéries intestinales (dits animaux axéniques), et la souris est l’un des rares animaux chez qui nous pouvons obtenir cette condition particulière. Nous commençerons les expériences sur des souris agées de 4 à 5 semaines, soit après sevrage, pour cibler des jeunes adultes au moment du changement alimentaire.