Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Infectées par un virus puis exposées quatre à sept jours durant aux piqûres de tiques posées sur elles, 3 708 souris subissent en plus un prélèvement sanguin quotidien pendant quinze jours. Elles sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, à l’âge de quatre semaines, choisi parce que les jeunes souris développent une infection lente et progressive qui laisse le temps aux tiques de se gorger au pic de virémie. Le porteur qualifie les piqûres de tiques d’indolores et reconnaît dans le même dossier qu’il lui est difficile d’anticiper les symptômes, l’approche étant exploratoire. Toutes sont tuées à la fin de la procédure, le porteur écartant toute réutilisation ou adoption au motif qu’elles auront été infectées.

NTS-FR-156610v1
Types de recherche
· Maladies infectieuses · Recherche appliquée ·
Mots-clés
virus Hazara, Virus Dugbe, Cinétique d’infection, Souris, Tiques
Souris : 3708

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le virus Hazara est un virus originaire du Pakistan de la région de Hazara et a pour réservoir une espèce locale de campagnol. Le virus est alors transmis par piqure de tique Ixodes redikorzevi. Le virus Dugbe quant à lui est un virus que l’on retrouve chez les bovins d’Afrique centrale et qui peut parfois toucher l’Homme de manière peu symptomatique. L’étude de ces deux virus et plus spécifiquement de leur transmission par les tiques de différents genres, présentes notamment en France, permettrait alors d’obtenir une première réponse quant à la transmission potentielle du virus objet du projet par ces mêmes tiques. Nous utiliserons des souris de différentes origines : des lignées standard, présentant une sensibilité accrue aux infections virales, ou dont la sensibilité à cette famille de virus a été précédemment montrée. Le but est d’identifier une lignée plus apte à s’infecter pour obtenir un modèle d’infection stable. Les souris montrées comme étant sensibles permettront d’étudier la transmission du virus via les piqûres de tiques infectées. Si au cours de ces expériences de transmission naturelle, les souris sensibles à l’infection par injection intradermique de virus venaient à ne pas s’infecter, alors nous pourrions supposer que le risque que le virus étudié se transmette par des tiques présentes en Europe est minime sinon nul.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

L’étude de ces deux virus et plus spécifiquement de leur transmission par les tiques de différents genres, présentes notamment en France, permettrait alors d’obtenir une première réponse quant à la transmission potentielle du virus étudié par ces mêmes tiques. Nous allons aussi étudier si ces virus sont capable de passer d’une génération à l’autre de la tique par transmission trans-ovarienne mais aussi sa résistance dans la tique lors des différents passages de stade.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Le virus sera injecté une fois en début de procédure. La durée de l’injection est de quelques secondes. Des prélèvements sanguins seront réalisés tous les jours pendant 15 jours consécutifs. Chaque prélèvement ne dure que quelques secondes. Un prélèvement sanguin final sera réalisé juste avant la mise à mort (30 secondes). Les souris seront exposées à des piqûres de tiques pendant 4-5 j pour les larves et les nymphes et environ 7 jours pour les adultes. Les piqûres de tiques sont indolores pour l’animal.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Il est difficile d’anticiper des symptômes spécifiques. Le début de projet est exploratoire et nous permettra de mieux évaluer l’état des animaux en fonction des doses de virus. Nous nous intéresserons donc aux signes génériques. Parmi les signes génériques, une perte de poids, une dégradation de la posture, de l’aspect général (poil hérissé, yeux fermés, grimaces).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure car ils ne peuvent être ni réutilisés, ni replacés, ni adoptés car ils auront été infectés par un virus. De plus, les organes seront prélevés pour analyse.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La transmission vectorielle est un phénomène complexe. Elle nécessite de bien comprendre les interactions entre le vecteur : la tique, le virus et l’hôte vertébré. La tique transmet l’agent pathogène lors d’un repas de sang au cours duquel le virus, une fois amplifié dans les glandes salivaires se transmet dans la salive de la tique. Or cette salive possède de nombreux rôles dont certains permettent de moduler la réponse immunitaire de l’hôte vertébré. L’agent pathogène est alors moins bien reconnu par le système immunitaire et peut donc mieux se développer. Il est donc très difficile voire impossible de mimer cette interaction in vitro sur des cellules. Le modèle animal est donc beaucoup plus pertinent. Les modèles d’infection in vitro sont imparfaits, les tiques ne se gorgent pas bien et peu parviennent aux stades suivants. D’autre part, l’utilisation de membranes de gorgement n’est pas satisfaisante car elle ne mime que très partiellement la transmission naturelle. Les études réalisées in vitro ne permettent pas actuellement de rendre compte de la complexité des interactions dans le cadre de la transmission d’une maladie par un vecteur à un hôte sensible. Il est donc nécessaire de se rapprocher des conditions naturelles de transmission en utilisant un modèle animal adapté. La souris est un modèle intéressant car il a déjà été montré qu’elle est sensible à l’infection par plusieurs virus de la famille du virus étudié.

2. Réduction

3R / Réduction :

Dans un premier temps, nous chercherons à déterminer la cinétique de virémie de l’infection des souris par les virus. Le travail séquentiel que nous proposons et qui vise dans un premier temps à n’utiliser que les doses de virus les plus faibles notamment dans la procédure devrait permettre de réduire le nombre d’animaux si les résultats obtenus sont suffisants avec les premières doses. Dans certaines expériences des variations assez fortes du succès d’infection seront mis en évidence (par exemple, une variation de 20% à 50% du succès d’infection. Dans d’autres, le manque possible de puissance lié à l’utilisation de variables binaires sur des effectifs assez faibles sera étayé par des quantifications tout à fait complémentaires. Les analyses de puissance sont menées avec un logiciel adapté.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront observés quotidiennement et bi-quotidiennement dès l’apparition d’une gêne quelconque. Nous utiliserons une grille d’évaluation de la douleur prenant en compte l’ensemble des symptômes susceptibles d’être déclarés lors de l’infection, notamment les symptômes neurologiques. Plusieurs points limites généraux ont été définis basés sur la littérature (perte de poids, fièvre, atteinte hépatique, signes neurologiques). Lorsque l‘un de ces points limites sera atteint, les animaux seront observés bi-quotidiennement. Du gel hydrique sera ajouté dans la cage si les animaux présentent un amaigrissement important ou bien si leur mobilité diminue. Les animaux seront mis à mort lorsque les points limites terminaux seront atteints. Les résultats obtenus en début de projet où plusieurs lignées de souris seront testées permettront de mieux définir les symptômes et de sélectionner la lignée de souris la mieux adaptée à l’infection des tiques par la suite. Nous établirons également des points limites pertinents pour la suite du projet. Les animaux seront surveillés quotidiennement pour l’apparition de signes cliniques jusqu’à 15 jours post-infection, notamment quand le modèle sera mis au point et les symptômes analysés. L’approche est exploratoire, en l’absence de connaissances précises dans le domaine, donc les animaux seront observés très précisément. De la nourriture semi-liquide sera mise à disposition des souris avant et après l’infection (les animaux contrôles suivront le même traitement). Si des symptômes apparaissent, les souris seront observées de façon biquotidienne. En l’absence de récupération, les souris seront mises à mort et leurs organes seront récupérés pour des analyses virologiques, histologiques et moléculaires. L’état de santé des souris sera surveillé de façon quotidienne ce qui permettra de détecter précocement tout signe de souffrance et l’atteinte éventuelle des points limites. De la nourriture semi-liquide sera mise à disposition des souris en cas de prostration ou dès lorsqu’une gêne même légère à la motricité sera observée.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous souhaitons posséder un modèle simple d’infection de tiques sur des souris. Il est nécessaire qu’il s’agisse d’un modèle proche de la réalité de la transmission vectorielle. Les souris sont potentiellement des réservoirs du virus Hazara. Les souris immunodéficientes s’infectent et meurent de l’infection lorsque des doses élevées sont utilisées. Les jeunes souris s’infectent avec le virus Dugbe, mais la sensibilité décroit avec l’âge. Il pourra s’avérer nécessaire d’utiliser d’autres souris présentant l’avantage d’avoir une grande variabilité génétique et certaines lignées ont déjà montré une plus grande sensibilité aux arbovirus. Les souris seront des mâles et femelles âgés de 4 semaines car il a été montré que les jeunes souris développaient une infection lente et progressive, permettant ainsi de pouvoir poser les tiques pour qu’elles soient en phase de gorgement idéalement au cours du pic de virémie.