
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2026-03-11 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-815365)
Une lignée est créée porteuse d’une mutation du collagène qui provoque une myopathie dégénérative, avec des difficultés à se déplacer ou à respirer. 1 800 poissons zèbres vont être utilisés, tous tués à l’issue, dont 900 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils subissent une biopsie de nageoire et un isolement de sept à dix jours le temps du génotypage, que le porteur reconnaît stressant, pour que les différences de structure du muscle soient observées de la naissance à un an. Aucun ne sortira vivant du laboratoire, le porteur indiquant que l’adoption d’animaux génétiquement modifiés est interdite par la loi.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les myopathies dégénératives sont des maladies incapacitantes dont les symptômes s’aggravent avec l’âge. Diverses pathologies ont été répertoriées chez l’homme. Ces myopathies sont généralement des maladies génétiques et nombre de ces pathologies sont liées à des mutations du collagène identifiées chez les humains. Une grande partie de ces pathologies sont des maladies dites ‘orphelines’ pour lesquelles il n’existe aucun traitement à l’heure actuelle. Les atteintes musculaires sont généralement multiples et couvrent un champ étendu de la physiologie musculaire qui mènent à la dégénérescence musculaire. Chez les malades, la progression de la maladie reste relativement imprédictible. Une même modification génétique peut aboutir à une évolution des symptômes très différents d’un individu à l’autre. Cette diversité est due au contexte génétique et physiologique propre à chaque individu et certainement à des causes environnementales ou comportementales, lié au parcours personnel des malades. L’étude de la mécanistique de progression de ces maladies chez les humains est impossible car elle nécessiterait de réaliser des analyses invasives et incapacitantes. Aussi, afin de mieux appréhender ces pathologies, les symptômes des myopathie nécessitent d’être étudiés à l’échelle physiologique. L’objet de cette étude implique de créer deux lignées de poissons-zèbres porteuses d’un marqueur fluorescent observable in vivo. L’une de ces lignées reproduit une myopathie dégénérative due à une mutation génétique et l’autre est normale. Le but du projet est d’observer les différences structurelles du muscle apparaissant chez la lignée mutante au cours du temps (entre la naissance et un an) par des techniques d’imageries in vivo chez la larve et sur des muscles fixés chez les adultes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet permettra de mieux comprendre le mécanisme de dépôt du collagène dans le muscle dans un contexte normal et pathologique et améliorera la compréhension des mécanismes en jeux dans les myopathies dégénératives, ouvrant éventuellement la voie à de nouvelles pistes pour le développement de traitement.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une partie des animaux seront soumis à une unique biopsie de nageoire caudale réalisée sous anesthésie d’une durée d’environ 5 minutes. Il n’y a pas d’autre intervention prévue sur les animaux vivants.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux porteurs de la mutation du collagène sont susceptibles de développer une myopathie dégénérative qui peut entraîner des difficultés de déplacement ou respiratoires. Certains animaux subiront une biopsie de nageoire qui peut entrainer une douleur temporaire. La recherche des modifications génétiques implique de conserver les animaux testés en isolement pendant 7 à 10 jours ce qui peut entrainer du stress.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
En fin de procédure, les animaux seront mis à mort. Les animaux utilisés dans toutes les procédures sont des animaux génétiquement modifiés dont l’adoption est interdite par la loi.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour comprendre la mise en place de la pathologie étudiée, il est nécessaire d’étudier sa mise en place dans l’organisme entier et par conséquent nécessite le recours à l’animal.
2. Réduction
Le nombre de poissons a été réduit au minimum nécessaire afin d’assurer la pérennité de chaque lignée. Le faible taux de succès attendu lors du protocole de création de lignées génétiquement modifiées impose d’utiliser un nombre important d’animaux pour générer la modification désirée. Les étapes de sélection des animaux sont réalisées sur les stades embryo-larvaires transparents ce qui permet de réduire le nombre d’animaux mis en élevage. Le nombre d’animaux mis en élevage est calculé à partir des constantes d’élevage de l’animalerie (taux de survie à l’issue de l’alevinage, ratio mâle/femelle, …). L’ensemble des analyses in vivo sont réalisées sur des formes embryo-larvaires afin de limiter le nombre d’animaux mis en élevage.
3. Raffinement
Les lignées sont maintenue en bac de 20 à 30 poissons ce qui permet de maintenir une sociabilisation adéquat. Des artémies vivantes sont utilisées de manière journalière comme nourriture afin de solliciter l’instinct de prédation des poissons. Les accouplements sont réalisés dans un environnement d’image de flore aquatique pour limiter au maximum le stress. Une minorité des poissons élevés sera génétiquement testée. Des points limites adaptés ont été définis pour permettre le suivi des animaux soumis à ces tests. Chez les animaux porteurs de la mutation, nous rechercherons avec attention l’apparition de signes annonciateurs de myopathie afin d’éviter toute souffrance inutile. Lorsqu’il sera nécessaire d’isoler des animaux, ceux-ci seront placés dans des bacs aux cloisons transparents qui permettent de maintenir un contact visuel et olfactif avec leurs congénères afin de permettre une poursuite des interactions sociales et limiter le stress. Des points limites prédictifs adaptés au modèle utilisé ont été établis et seront utilisés pour évaluer le bien-être des animaux en expérimentation.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’utilisation du poisson-zèbre facilite l’observation des stades les plus précoces de la pathologie en permettant un accès aux embryons sans avoir recours à des protocoles invasifs. De plus, si les muscles des poissons zèbres porteurs de mutation dans le gène collagène montrent des atteintes cellulaires similaires à celles observées chez les mammifères, les conséquences en terme de comportement sont réduites, la nage étant moins impactée que la marche par les atteintes musculaires. Ainsi lorsque l’on observe la nage spontanée, les poissons porteurs de la mutation sont capables de se déplacer de façon normale. Certains animaux seront soumis à un test génétique entre 3 et 6 mois, les animaux plus jeunes étant plus fragiles. Les animaux porteurs de mutations seront suivis tout au long de la vie pour surveiller l’éventuelle apparition de symptômes.