
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/05/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-983211)
Trois jours avant l’accouplement puis à sept jours de gestation, 120 femelles reçoivent des pompes osmotiques implantées sous la peau pour diffuser un antiépileptique, et leurs 304 descendants sont ensuite soumis à des tests de motricité et de sociabilité entre 45 et 60 jours, 112 subissant en plus une injection dans le cerveau. 484 souris au total vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. L’objectif déclaré est de relier l’exposition prénatale à ces médicaments et l’autisme par des mécanismes épigénétiques. Toutes sont tuées à l’issue pour analyse des tissus, y compris les petits qui peuvent naître avec une malformation de la queue.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les troubles du spectre autistique sont des troubles du développement qui touchent environ trois fois plus d’hommes que de femmes. Ces troubles se manifestent principalement par des difficultés dans les interactions sociales et des comportements répétitifs. Les facteurs environnementaux, comme l’exposition à certains médicaments pendant la grossesse, jouent un rôle important dans l’apparition de ces troubles. Par exemple, des médicaments utilisés pour traiter l’épilepsie, comme l’acide valproïque, ont été confirmés comme pouvant augmenter le risque d’autisme chez l’enfant à naître. D’autres médicaments, comme le topiramate ou la lamotrigine, sont également utilisés pour traiter l’épilepsie, mais leurs effets sur la descendance n’ont pas été clairement étudiés. Bien que ces médicaments n’affectent pas directement le code génétique, ils peuvent influencer l’expression des gènes à travers des mécanismes appelés épigénétiques. Cela signifie qu’une exposition à ces médicaments à des moments critiques du développement de l’embryon ou du fœtus pourrait changer la façon dont certains gènes fonctionnent, augmentant ainsi le risque d’autisme. Notre étude se concentre sur des modèles animaux pour comprendre le rôle de ces mécanismes épigénétiques et le lien entre la prise de ces médicaments par la mère pendant la grossesse et l’autisme chez l’enfant.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Notre étude vise à mieux comprendre les risques liés à l’utilisation de certains médicaments antiépileptiques chez les femmes enceintes, et leur impact sur les descendants. À court terme, nous espérons que cette recherche nous aidera à identifier les régions du génome affectées par ces médicaments chez les animaux, ce qui permettra à moyen terme de les étudier chez des personnes atteintes d’autisme qui ont été exposées à ces médicaments avant leur naissance. Cela pourrait conduire à des tests diagnostiques et à la découverte de nouveaux traitements pour l’autisme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
3 jours avant l’accouplement et à nouveau à 7 jours de gestation, des pompes osmotiques seront implantées sous anesthésie générale (10 min par implantation) en sous cutané chez les 120 femelles adultes. LES 304 DESCENDANTS seront soumis à des tests de motricité et d’évaluation de leur sociabilité, en condition vigile ; entre l’âge de 45 et de 60 jours, chaque souris subira 5 tests d’une durée maximale de 10 minutes pour les 4 premiers tests et de 35 minutes pour le cinquième test. Les tests seront réalisés sur 5 jours consécutifs avec 1 test par jour. 112 SOURIS AURONT UNE INJECTION CEREBRALE DE 1 HEURE.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Traitement prénatal : léger stress des mères lors de la manipulation – Chirurgie pour mise en place de la pompe et CHIRURGIE STEREOTAXIQUE : douleur post-opératoire minorée par des antalgiques traitement et inconfort transitoire au réveil – Pompe osmotique sous cutanée : gène légère pendant la durée de l’expérience -Avec le modèle d’injection unique d’acide valproïque, il a été constaté une taille des portées inférieure à ce qui était attendu. D’après notre expérience, pas de nuisances visibles sur la mère. -Pour les descendants exposés aux antiépileptiques : légère altération de la motricité et de la sociabilité. L’espérance de vie des petits n’est pas affectée après le sevrage. -Les tests comportementaux, Pour chaque souris du projet : L’ensemble des tests comportementaux évaluant le développement et la motricité générale pourront engendrer un stress léger et transitoire lié à la manipulation chez les souris et à la découverte d’un nouvel environnement. – Identification des petits : légère douleur transitoire due à la pose de bague dans le pavillon de l’oreille – Malformation de la queue (malformation congénitale) possible chez les petits issus de mères traitées avec les antiépileptiques.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort pour des analyses de tissus.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet inclut une étude du comportement, en particulier des aspects sociaux et moteurs, qui ne peut pas être reproduite en laboratoire sur des cellules ou via des modèles informatiques avec les connaissances actuelles. Il y a des éléments obtenus par des études cliniques, in silico et in vitro, sans animaux, qui indiquent une association entre anti-épileptiques et autisme. A ce stade de l’avancée des connaissances, seul une étude in vivo dans un organisme entier avec un réseau de neurones permet d’apporter la preuve du lien de cause à effet.
2. Réduction
Nous minimiserons le nombre d’animaux utilisés par des méthodes expérimentales validées et reproductibles, en ayant recours à des analyses statistiques pour l’interprétation des résultats obtenus. Le nombre d’animaux à utiliser par expérience a été calculé de façon à obtenir des résultats statistiquement significatifs malgré la variabilité interindividuelle. De plus nous mettrons en place une stratégie d’accouplement restreinte au juste nécessaire en réalisant les accouplements par étapes successives jusqu’à obtention du nombre d’animaux nécessaires à nos études.
3. Raffinement
Toutes les phases du projet seront réalisées par des personnels expérimentés. Le bien-être des animaux est pris en compte à chaque étape par une surveillance régulière des animaux selon une grille de suivi de bien-être animal qui aide dans le suivi des points limites stricts et précis et des critères d’intervention et d’arrêt suffisamment précoces. Un animal atteignant un des points limites définis nécessitant une intervention est pris en charge sans délai. Le bien-être des animaux est pris en compte à chaque étape, une pesée est réalisée 1 fois par semaine. Après leur naissance, les animaux resteront avec leur mère jusqu’au sevrage (J21-J28), hébergés en conditions normales (température et humidité contrôlées, cages ventilées) avec un enrichissement dans la cage fournie par l’animalerie avec accès à l’eau et à la nourriture ad libitum.. La prise de sang terminale pour l’analyse épigénétique sera réalisée sous anesthésie avec une couverture antalgique. Les animaux seront placés en habituation dans la pièce de comportement minimum 30 minutes avant le début des tests. Les cages d’hébergement présentent des capteurs et sont suivis par logiciel permettant d’améliorer le bien-être animal et de surveiller et vérifier les cages 24heures sur 24. Enfin afin de respecter le bien-être animal, nous avons choisi à la place d’injections quotidiennes, l’implantation de pompes sous-cutanées délivrant le traitement en continu.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les rongeurs sont à ce jour les espèces modèles ayant un système nerveux moteur proche de l’Homme. Les souris ont l’avantage d’être un modèle de choix pour les études comportementales. La souche de souris que nous utilisons est consanguine ainsi ces animaux présentent un fond génétique identique entre eux. De plus un environnement contrôlé au sein de notre animalerie nous permetta d’identifier des marques épigénétiques spécifiquement liées à l’exposition à l’agent étudié. Les mères et les pères effectueront les reproductions entre l’âge de 12 et 20 semaines (femelles) et 25 semaines (mâles), âge optimal pour la reproduction. Les souris de la descendance seront incluses dans le projet dès leur naissance et manipulées entre Jour 45 et Jour 60 pour les analyses comportementales, âge de référence pour la mise en évidence de troubles du spectre autistique sur le plan comportemental avec les outils utilisés.