Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Une partie des souris utilisées est immunodéficiente ou porteuse d’un système immunitaire ou d’un foie humanisés. 1 000 souris vont être utilisées, dont 900 dans des procédures d’un niveau de souffrance sévère. Elles subissent une microchirurgie sectionnant le ligament croisé pour provoquer une arthrose du genou, des injections, des prélèvements sanguins et de l’imagerie, avant d’être tuées pour analyse. Le porteur relie l’effectif à un « plan commercial » de croissance et prévoit jusqu’à 100 souris pour l’entraînement au geste chirurgical, une partie pouvant être réutilisée dans une formation interne.

NTS-FR-519819v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système immunitaire ·
Mots-clés
Arthrose post-traumatique, Inflammation, Chirurgie, Test médicamenteux préclinique, Souris humanisées
Souris : 1000

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif de ce projet est de pouvoir tester des candidats médicaments pour des maladies d’ostéoarthrite post-traumatique. Pour ce faire, nous induirons à l’aide d’une micro-chirurgie une ostéoarthrite sur des souris immunodéficientes, immunocompétentes ou avec un système immunitaire et/ou un foie humanisé. Le modèle nous permettra non seulement d’évaluer l’effet du candidat médicament sur la progression de l’inflammation mais également d’analyser l’implication du système immunitaire dans cet effet, dans le but de mieux prédire la réponse humaine aux traitements. Des souris sans maladies induites pourront également être utilisées comme contrôles négatifs dans des études pilotes, des études de biodistribution et toxicité de candidats thérapeutique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet vise à améliorer la compréhension des mécanismes physiopathologiques impliqués dans l’arthrose post-traumatique, en particulier les interactions entre instabilité articulaire, inflammation synoviale et dégradation tissulaire. Les résultats attendus pourraient permettre d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et de mieux caractériser les étapes précoces de la maladie, contribuant ainsi au développement de stratégies de prévention ou de traitements innovants. À plus long terme, ce projet pourrait avoir un bénéfice pour la santé humaine en participant à l’amélioration de la prise en charge des pathologies articulaires dégénératives.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

-Identification par puce électronique : 2 fois maximum si puce non fonctionnelle ou perdue. Durée de quelques secondes. -Injection(s) de solution saline isotonique contenant des plasmides/ADN (pour favoriser le développement de populations immunitaires humaines d’intérêt) : une ou deux fois selon la durée de l’étude. Ces injections, administrées uniquement aux souris de plus de 18 g, dureront entre 10 et 15 secondes et pourront être répétées selon le protocole. -Administration de composés de recherche destinés au traitement des pathologies : anesthésie gazeuse selon la voie choisie. Volumes proportionnels au poids de l’animal avec un maximum défini. Durée de 10-15 secondes. Nombre défini selon le protocole d’étude et dépendra de la fréquence d’administration des composés. Ceci sera évalué par le vétérinaire. -Prélèvements sanguins : anesthésie gazeuse selon la voie choisie. Volumes maximaux proportionnels au poids avec une limite fixée sur une période glissante de 14 jours. Réhydratation avec sérum physiologique si nécessaire. La répartition des prélèvements figurera dans le protocole de l’étude et sera contrôlée par un vétérinaire. Durée de quelques secondes. Pour les analyses nécessitant un volume plus important, un prélèvement terminal, sans réveil de l’animal, sous anesthésie gazeuse sera réalisé. -Prélèvements d’urines et de fèces : par contention et massage du ventre. – Actes chirurgicaux pour induire la maladie : sous anesthésie gazeuse avec une analgésie pré et post opératoire et un suivi post-opératoire rigoureux. La chirurgie durera environ 20 minutes. À l’issue des études, les animaux devant être euthanasiés le seront selon les méthodes réglementaires. Toutes les interventions seront réalisées sous un suivi clinique rigoureux afin de minimiser douleur et stress des animaux.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

-Identification par puce électronique classique ou thermopuce : stress, gêne, douleur dans les heures suivants l’injection. -Prise de température rectale : stress transitoire, inconfort ou légère douleur à l’insertion du thermomètre, risque minimal de blessure rectale. -Injection(s) hydrodynamique(s) intraveineuse(s) de plasmides : hématome, troubles cardio-respiratoires, altération marquée de l’état général, pendant les minutes suivants l’injection. -Administration de traitements ou de composés : effets potentiellement toxiques des composés à visées thérapeutiques, hématome, douleur, lésion au site d’administration (notamment si administrations répétées). -Imagerie : stress, effets potentiels des anesthésies prolongées ou répétées (hypothermie, déshydratation, récupération ralentie), effets secondaires liés à la luciférine (irritation locale, léthargie ou agitation), bien qu’ils soient très rares à doses standards, une perturbation du cycle veille/sommeil si les imageries sont réalisées à des moments non physiologiques. -Chirurgie : douleur, hémorragie, défaut du système d’anesthésie / analgésie (réveil en cours de procédure), un état clinique détérioré au réveil (hypothermie), mauvaise cicatrisation. L’instabilité articulaire provoquée peut entraîner une inflammation synoviale, un œdème du genou, une dégradation du cartilage, des remaniements osseux et la formation d’ostéophytes. Ces atteintes peuvent être associées à une douleur articulaire, une boiterie, une diminution de l’appui sur le membre opéré, une raideur et des difficultés locomotrices. -Prélèvements sanguins : hématome, anémie, douleur, lésion au site de prélèvement (notamment si prélèvement répétés). -Rasage et crème dépilatoire : microlésions, irritations cutanées, gêne (sensation de brûlure de la crème), inflammation transitoire. -Anesthésie : risque d’hypothermie et de sécheresse oculaire. -Prélèvement d’urine et de fèces : stress, gêne. Des nuisances peuvent également être induites par le stress dû aux contentions. La douleur peut se manifester, entres autres, par une perte de poids, une hypo- ou une hyperactivité, une prostration ou des difficultés à se déplacer.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux ayant atteints les point limites ou sur demande du vétérinaire seront euthanasiés. Ils ne recouvreront pas leur état de santé et de bien-être général. Des souris issues de cette procédure pourront être réutilisées dans le projet « Formation interne aux procédures et gestes techniques appliqués aux souris » sur décision vétérinaire. Ceci ne pourra être envisagé que dans les cas ou des animaux ont subi seulement une partie de la procédure (ex : animaux du groupe contrôle négatif), aucun acte chirurgical et ne présentant pas d’altérations résiduelles de leur état de santé.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le recours à un modèle animal est justifié par l’absence de méthodes alternatives permettant de reproduire de manière intégrée les mécanismes complexes impliqués dans l’arthrose post-traumatique. Des approches in vitro, telles que les cultures cellulaires ou les modèles tridimensionnels de cartilage, permettent d’étudier certains processus moléculaires ou cellulaires isolés. Cependant, elles ne permettent pas de reproduire l’ensemble des interactions dynamiques entre les différents tissus de l’articulation (cartilage, membrane synoviale, os sous-chondral) ni les effets de l’instabilité mécanique induite par la section du ligament croisé antérieur. De même, les approches in silico ou les modèles informatiques ne permettent pas à ce jour de simuler de manière fiable la réponse inflammatoire et la progression tissulaire observées in vivo. Ainsi, seul un modèle animal permet d’étudier de manière intégrée les interactions entre contraintes biomécaniques, inflammation et dégradation articulaire, indispensables pour répondre aux objectifs du projet. Le recours à l’animal est donc considéré comme nécessaire en l’état actuel des connaissances scientifiques.

2. Réduction

3R / Réduction :

Un total de 1000 souris seront utilisées, couvrant une période de 5 ans et permettant de réaliser 30 études précliniques de 30 souris. La mise en place de la microchirurgie nécessitera une formation spécifique afin d’acquérir, puis de maintenir la maîtrise du geste et de la technique. À ce titre, jusqu’à 100 souris sur une période de 5 ans pourront être utilisées à des fins d’entraînement. Aucune approche statistique n’a été réalisée pour le nombre total d’études ou pour le nombre total d’animaux dans le projet. L’estimation du nombre d’animaux est réalisée sur base du nombre d’études effectuées les années antérieures et anticipant une croissance chaque année, en accord avec le plan commercial. Le nombre d’animaux utilisés dans chaque étude sera réduit au maximum par des analyses rétrospectives systématiques afin d’assurer une puissance statistique suffisante tout en évitant l’utilisation excessive d’animaux. Une attention particulière sera portée à l’optimisation et la standardisation des procédures chirurgicales, afin de réduire la variabilité interindividuelle pour assurer la meilleure reproductibilité possible et ainsi limiter le nombre d’animaux requis. Lorsque cela est compatible avec les objectifs scientifiques, plusieurs paramètres seront analysés à partir d’un même animal (analyses histologiques, biologiques et moléculaires), afin de maximiser les données obtenues par individu. Ainsi, toutes les stratégies visant à réduire le nombre d’animaux, sans compromettre la qualité scientifique du projet, seront mises en œuvre conformément au principe de réduction.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

En début d’étude et tout en respectant la réglementation en vigueur, les souris seront hébergées par groupes sociaux, préférentiellement stables, de 2 à 5 individus. Des compléments alimentaires pourront être administrés suivant l’état de santé des animaux. La cage contiendra à minima une couche de litière permettant aux souris de creuser, de se cacher et de réaliser un nid, élément essentiel à leur bien-être. En outre, des enrichissements de qualité seront fournis dans chacune des cages : morceaux de bois, tunnel en carton, kraft et/ou boules de cotons. À leur entrée dans l’animalerie, les souris bénéficieront d’une période d’acclimatation de minimum 4 jours. Les souris pourront recevoir des puces électroniques permettant de mesure la température corporelle afin d’éviter une prise rectale plus impactante. Lors d’un changement de zone au sein de l’animalerie, les souris bénéficieront d’une période d’acclimatation d’une nuit au minimum. Pour limiter la douleur, la souffrance et l’angoisse, une échelle de scores cliniques (pelage, mobilité, état général, activité, comportement, etc…) sera appliquée dès le premier geste invasif ou dès qu’un signe d’altération sera observé lors de la surveillance quotidienne. Des traitements antalgiques préventifs et curatifs seront mis en œuvre dès que nécessaire, sous avis vétérinaire, administrée avant et après intervention chirurgicale ou toute procédure potentiellement douloureuse (par exemple : intervention chirurgicale, implantation de certains dispositifs ou cathéters, manipulations invasives des tissus, injection répétées). Un relais dans l’eau de boisson pourra ensuite être réalisé. Le vétérinaire aura pleine autorité pour euthanasier un animal ou mettre en œuvre un traitement anti-douleur. Concernant les prélèvements sanguins, un volume maximal est défini pour un prélèvement unique, au-delà il s’agira d’un prélèvement terminal sous anesthésie. Les fréquences sont limitées et une réhydratation est prévue. Les points limites déclenchant l’euthanasie incluent : atteinte sévère de l’état général, douleur non contrôlée ou tout score clinique dépassant les seuils définis, perte de poids dépassant les seuils définis.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

90 % des gènes humains ont un équivalent chez la souris, permettant d’élaborer des approches génétiques et fonctionnelles valides. Lorsque les gènes orthologues produisent des effets différents entre souris et humain, le remplacement dans le génome du gène de la souris par son équivalent humain ou de manière fonctionnelle par greffe de cellules humaines dans une lignée immunodéficiente permet la création de lignées humanisées. Pour les souris non humanisées et humanisées avec des cellules sanguines provenant du sang périphérique, les animaux seront inclus aux études à partir de l’âge minimum de 6 semaines. Pour les souris humanisées avec des cellules souches issues de cordons ombilicaux humains, les animaux seront inclus aux études à partir de l’âge minimum de 8 semaines, première apparition des cellules humaines dans le sang. Pour les souris humanisées au niveau du foie ou double-humanisées (foie + système immunitaire), les animaux seront inclus aux études à partir de l’âge minimum de 13 semaines, correspondant au délai nécessaire pour obtenir une prise de greffe hépatique suffisante dans la majorité des souris.